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Biden consacré par les démocrates : pourquoi il a les reins assez solides pour dégager Trump

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Par Joël Chatreau
Joe Biden à Wilmington, dans son Etat du Delaware, le 12 août 2020
Joe Biden à Wilmington, dans son Etat du Delaware, le 12 août 2020   -   Tous droits réservés  Olivier DOULIERY / AFP
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Etre enfin la locomotive du train démocrate, et le faire arriver le premier au terminus de l'élection présidentielle aux Etats-Unis le 3 novembre prochain. A 77 ans, Joe Biden croit en son destin, à la troisième chance qui lui est offerte. En 1988, la course de la primaire fut pour lui un échec, en 2008, un nouvel échec... Qu'à cela ne tienne, le "fauve" maintes fois blessé de la politique américaine connaît depuis longtemps l'adversité, dans le domaine public comme dans le privé.

Se relever, toujours

Alors qu'il n'avait que 30 ans, en 1972, sa femme et leur petite fille sont mortes dans un accident de voiture. Il s'est retrouvé seul pour élever ses deux autres enfants, qui avaient été blessés lors de la collision. Mais, malgré ces malheurs, n'a-t-il pas su reconstruire sa vie et poursuivre sa longue carrière ?

Les trois premières primaires démocrates ont tourné au désastre pour Biden au printemps dernier. Cela paraissait cuit, mais peu après, n'a-t-il pas fait un retour gagnant parmi les plus réussis de l'histoire politique des Etats-Unis ?

Enfin, ces derniers mois, n'a-t-il pas effectué une vraie remontée dans les sondages, qui se maintient, face au volcanique président sortant, Donald Trump ?

Regagner les Noirs, les ouvriers, les femmes

Même si la convention démocrate s'est tenue officiellement dans la ville de Milwaukee, au bord du lac Michigan dans l'Etat du Wisconsin, elle n'aura été que virtuelle, Covid-19 oblige. Une première qui n'a pas empêché la consécration de son candidat à la Maison Blanche jeudi : Joe Biden se présente désormais comme le rassembleur de l'électorat et de la famille des démocrates, ce qui lui a plutôt bien réussi jusque-là.

Andrew Harnik/AP
Joe Biden et son épouse Jill à la clôture de la convention démocrate le 20 août 2020Andrew Harnik/AP

La candidate malheureuse au scrutin présidentiel de 2016, Hillary Clinton, n'avait pas eu ce talent. Biden, vice-président par deux fois, accompagnant Barack Obama au cours de ses mandats successifs, de janvier 2009 à janvier 2017, a su aller reprendre par la main les électeurs de la communauté noire qui boudaient, ainsi qu'une partie des membres de la classe ouvrière, et même des femmes, qui avaient fait faux bond au Parti démocrate il y a quatre ans, en tombant dans les bras de Trump.

D'autant qu'il a marqué un bon point auprès des féministes en hissant sur la deuxième marche du podium une femme, pour la première fois en politique, la sénatrice Kamala Harris, de père noir et de mère indienne, pour qu'elle parte à ses côtés à la conquête de la Maison Blanche, afin d'occuper le poste de vice-présidente.

"Joe l'endormi" contre Donald "l'excité"

La campagne électorale si particulière de 2020, largement handicapée par la pandémie de Covid-19, a pour le moment bénéficié au "vieux routier". Cela convient parfaitement à Joe Biden, au caractère tranquille, réfléchi, car il n'a eu à faire que quelques apparitions publiques. Et l'air de rien, cela satisfait également son équipe qui a surtout peur de ses fameuses gaffes et parfois d'un peu d'irritabilité quand on le remet en question.

Donald Trump le sait, bien sûr, et lui a trouvé un surnom comme il aime le faire contre ses adversaires : "Joe l'endormi". Le président sortant tente ainsi de l'accuser de "se cacher", sous-entendant même qu'il se montre lâche et qu'il frôle la sénilité.

Mais le candidat démocrate est solide, toujours digne, confiant et souriant. En 48 ans de carrière, dont 36 en tant que sénateur - il a été élu 7 fois de suite dans l'Etat du Delaware, de novembre 1972 à novembre 2008 - Joseph Robinette Biden Jr., de son nom complet, a eu le temps de connaître parfaitement le fonctionnement et tous les arcanes des institutions de Washington.

Durant les près de deux mois et demi d'affrontements qui restent pour essayer de devenir le 46ème président des Etats-Unis, Biden va donc devoir s'appuyer particulièrement sur sa réputation d'homme digne de confiance. Attention ! Trump est plus que rusé et, au contraire de son rival, adore le corps-à-corps.