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Brexit : Berlin met en garde Londres des conséquences d'un "no-deal"

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Brexit : Berlin met en garde Londres des conséquences d'un "no-deal"
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Le ministre allemand des Finances, Olaf Scholz, a mis en garde samedi le Royaume-Uni contre les conséquences d'un échec des négociations avec l'UE sur un accord commercial après le Brexit.

Une situation pas du tout réglementée aurait des "conséquences très significatives pour l'économie britannique", a-t-il estimé, lors d'un point presse à Berlin, à l'issue d'une réunion des ministres des Finances de l'UE.

En revanche, il s'attend à ce que l'Europe soit en mesure d'y faire face "après les préparatifs qui ont déjà été faits". Le ministre allemand a toutefois affirmé toujours espérer que les discussions avec Londres "parviennent à un bon résultat".

Quant au Commissaire européen aux Affaires économiques, Paolo Gentiloni, également présent à Berlin, il a déclaré que c'était à Londres de "rétablir la confiance", avec l'UE. "En tous les cas, nous sommes préparés à faire face à tout résultat négatif extraordinaire de cette discussion", a ajouté l'ex-Premier ministre italien.

Après la sortie formelle du Royaume-Uni de l'UE le 31 janvier dernier, les Britanniques et l'Union ont entamé des négociations sur leur future relation commerciale et sécuritaire.

Mais les pourparlers piétinent depuis des mois et l'accord commercial entre les deux parties, qui devrait permettre d'éviter la réintroduction de droits de douane, semble bien difficile à atteindre.

Alors que ces tractations pour éviter un "no deal" au 1er janvier restent dans l'impasse, Londres a imputé à Bruxelles l'origine de la dispute qui a envenimé la semaine dernière une nouvelle session de négociations.

Le projet de loi de la discorde

La discorde a éclaté lorsque le gouvernement britannique a présenté mercredi au Parlement un projet de loi qui contredit en partie l'accord déjà signé encadrant sa sortie de l'UE - une manœuvre violant le droit international, a reconnu Boris Johnson, mais auquel il dit avoir été contraint.

"Si nous n'acceptons pas les conditions de l'UE, l'UE utilisera une interprétation extrême du protocole de l'Irlande du Nord pour y imposer une frontière commerciale complète" entre la province et le reste du royaume, a justifié le Premier ministre dans un texte publié par le Daily Telegraph, vertement critiqué au sein de son propre camp.

Selon lui, Bruxelles pourrait non seulement imposer des droits de douane sur les produits arrivant dans la province britannique depuis le reste du pays, mais aussi instaurer "un blocus" et empêcher "le transport de denrées alimentaires vers l'Irlande du Nord".

"C'est ridicule. M. Johnson insiste pour avoir le beurre et l'argent du beurre", a jugé samedi sur la BBC le député européen espagnol Luis Garicano, soulignant que les dispositions concernant l'Irlande du Nord étaient présentes dans l'accord que le Premier ministre avait signé en janvier.

Selon un rapport publié samedi matin par le Financial Times, plusieurs fonctionnaires britanniques avaient en effet mis en garde Boris Johnson en janvier que l'accord du Brexit qu'il s'apprêtait à signer comportait ce type de risques.

La question de la province britannique d'Irlande du Nord a constitué longtemps un des points d'achoppement des négociations du Brexit, Londres craignant le retour à une frontière physique sur l'île d'Irlande, ensanglantée par trois décennies de "Troubles" jusqu'à la signature de l'accord de paix du Vendredi saint en 1998.

Le texte finalement signé prévoyait que la province britannique reste pendant quatre ans soumise à certaines dispositions européennes, notamment concernant le commerce. Mais avec le controversé projet de loi examiné lundi par les députés britanniques, Londres pourra y prendre unilatéralement des décisions commerciales, contrairement à ce qui avait été initialement convenu.

La situation s'est alors envenimée, l'UE affirmant qu'elle allait poursuivre le Royaume-Uni s'il ne retirait pas ses modifications d'ici fin septembre. Vendredi soir, les dirigeants du Parlement européen ont menacé d'opposer leur veto à tout pacte commercial si Londres ne tenait pas ses promesses.

Déterminé à aller vite, le gouvernement de Boris Johnson entend entamer dès lundi le processus d'examen de son projet de loi à la Chambre des communes, où il dispose d'une majorité de 80 sièges.