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Brexit : le coup de théâtre de trop ?

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Manifestants devant la Maison de l'Europe, à Londres, le 9 septembre 2020.
Manifestants devant la Maison de l'Europe, à Londres, le 9 septembre 2020.   -   Tous droits réservés  Matt Dunham/Copyright 2020 The Associated Press. All rights reserved
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Si le Brexit est synonyme d'innombrables rebondissements depuis le référendum de 2016, le dernier coup de théâtre de Boris Johnson vient pimenter un peu plus le divorce entre Bruxelles et Londres. Le Premier ministre britannique veut désormais revenir sur ses engagements, et les négociations sur un accord de libre-échange ne sont pas loin du point de rupture.

"Mon travail consiste à défendre l'intégrité du Royaume-Uni, mais aussi à protéger le processus de paix en Irlande du Nord et l'accord du Vendredi Saint", assure le Premier ministre britannique Boris Johnson. "Pour cela, nous avons besoin d'un filet de sécurité juridique pour protéger notre pays contre les interprétations extrêmes ou irrationnelles du protocole sur l'Irlande du Nord".

La tension est à son comble entre le Royaume-Uni et les représentants de l'Union, depuis la reprise des pourparlers, et un huitième round de négociations entamé ce mardi. La Commission européenne a envoyé un émissaire en renfort, à Londres, pour poursuivre le discussions.

"Notre présidente a réagi à la situation actuelle", affirme Maros Sefcovic, vice-président de la Commission européenne, "et elle a clairement fait savoir qu'elle était très préoccupée par les déclarations du gouvernement britannique, qui a annoncé son intention d'enfreindre l'accord de retrait, car cela constituerait une violation du droit international et minerait la confiance".

Le projet de loi du gouvernement britannique, qui aurait un impact sur la frontière irlandaise, est aussi perçu avec inquiétude de l'autre côté de l'Atlantique. Nancy Pelosi a adressé une mise en garde à Boris Johnson.

"Il n'y aura pas d'accord bilatéral entre les Etats-Unis et le Royaume-Uni si la frontière, ou les accords du Vendredi Saint qui concernent la frontière irlandaise sont modifiés", a déclaré Nancy Pelosi, présidente de la Chambre des représentants. "Et au fond, comment peuvent-ils se soustraire à un accord international ? Comment pourrait-on leur faire confiance ?".

Le locataire du 10 Downing Street s'est attiré les foudres de l'opposition et doit aussi faire face à une fronde, en interne : des députés conservateurs menacent de claquer la porte, et la chambre des Lords pourrait rejeter le texte.

"Le Royaume-Uni et l'Union Européenne sont censés regarder vers l'avenir, en négociant un nouvel accord de libre-échange", explique Tadgh Enright, reporter au sein d'Euronews. "Mais Boris Johnson a fait reculer les discussions à un stade antérieur, et ravivé les plaies de la frontière irlandaise. Il a donné satisfaction aux partisans d'un Brexit pur et dur, mais à eux seuls, en allant à la confrontation non seulement avec Bruxelles et Dublin, mais aussi avec les membres de son propre parti, qui conspirent pour l'empêcher d'enfreindre la loi".