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Pédophilie au sein de l'Église catholique en Irlande : comment vivre après le silence ?

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Par Dimitri Korczak
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L’Irlande est dévastée par des scandales de pédophilie au sein de l’Église catholique depuis les années 1990. Malgré les excuses du pape François, la réponse des autorités religieuses continue d'être critiquée tandis que les victimes restent marquées à vie.

En août 2018 à Dublin, pour la première fois, le pape François s’excuse publiquement des atrocités commises par des prêtres de l’Église catholique irlandaise. 500.000 fidèles étaient attendus, seulement 130.000 se sont déplacés. Ils étaient un million il y a quarante ans pour la venue de Jean-Paul II.

Le pape François reconnaît ce 25 août 2018 que "l’échec des autorités ecclésiastiques, supérieurs religieux des évêques, prêtres et autres, à traiter adéquatement ces crimes ignobles a suscité à juste titre, l’indignation et demeure une source de douleur et de honte pour la communauté catholique."

L’Irlande est le cinquième pays européen en termes de population catholique. L'Église est enracinée dans la culture du pays, mais aussi dans ses lieux de pouvoir. Historiquement, les Irlandais ont placé leur confiance et leurs choix politiques entre les mains de cette institution toute puissante.

Mais depuis 2002, différents rapports et enquêtes ont mis en exergue près de 15.000 cas d’abus sexuels commis entre les années 70 et 90. Les abus perpétrés par des membres du clergé ne sont pas récents ; pourtant, les excuses du pape François ne sont arrivées qu’en 2018. Trop tard pour certains. Encore aujourd'hui, sa visite reste controversée tant les Irlandais se sentent trahis.

"L'Église catholique l'a toujours su"

Alors que des centaines de suicides ont fait suite aux abus, ceux qui ont réussi à y faire face ont été nommés les "Survivants". Martin Gallagher est l’un d’entre eux. A l’âge de douze ans, il a été abusé sexuellement par Eugene Greene, un prêtre de la paroisse de Donegal, au nord-ouest de l’Irlande. Nous le rencontrons avec à ses côtés, Martin Ridge, ancien inspecteur de police, le premier à avoir écouté son histoire.

"Nos vies ne sont pas aussi normales que celles de ceux qui n’ont pas été abusés : ces abus ont changé notre rapport à la vie, aux autres," indique Martin Gallagher. "En tant que victime d’abus, je suis content que tout ait été révélé, le monde entier le sait, l’Église catholique le sait, ils l’ont toujours su," assure-t-il. "Aujourd’hui, ils ne peuvent plus nier comme ils l’ont fait auparavant : ils auraient pu agir quand ils savaient que les abus se produisaient, ils auraient pu sauver des centaines de vies et empêcher des familles et des enfants d’être traumatisés. Leur silence a détruit plus de vies que vous ne pouvez imaginer," souligne-t-il.

Martin Gallagher renchérit : "Quand on était plus jeunes et abusés, on n'avait personne à qui parler, à qui faire confiance, on ne pouvait pas s’approcher des prêtres, ils se seraient moqués de nous et nous auraient traités de menteurs. On ne pouvait rien dire à nos parents," poursuit-il, "car ils se seraient tournés vers le prêtre et il aurait fait pareil avec eux ; on ne pouvait pas en parler à la police car les policiers, les prêtres et les enseignants étaient tous copains et solidaires entre eux, on était seuls."

"Mais Martin [ndlr : Ridge] est arrivé et a commencé à enquêter sur Eugene Greene," ajoute Martin Gallagher. "Cela a marqué le début d’un nouveau chapitre dans nos vies car on s'est libéré de la pression, de l’anxiété et de la dépression, toutes ces mauvaises choses que l’on accumulait depuis des années : rien qu’en parlant à Martin le premier jour, ça a libéré un poids de mes épaules, de savoir que quelqu’un allait finalement m’aider," dit-il.

Dimitri Korczak
Martin Ridge, ancien officier de police, à Falcarragh, juillet 2018Dimitri Korczak

"Ils m'ont ouvert les yeux, à moi et à la société"

En 2008, Martin Ridge publie "Briser le silence" ("Breaking the silence"), un livre qui retrace l’enquête qu’il a menée sur le prêtre Eugene Greene pour des faits commis entre les années 60 et 90. Il y accuse l’Église catholique de n’avoir volontairement rien fait pour stopper ces décennies d’abus alors que des plaintes avaient déjà été déposées à l’encontre du prêtre.

"Je suis content d’avoir été là pour eux car ils m'ont ouvert les yeux, à moi et à la société," confie l'ancien inspecteur. "Ces gens sont des experts, ils savent de quoi ils parlent et Martin n’a pas besoin de ces banalités, mais je suis tellement reconnaissant, la société l’est aussi envers Martin et les autres victimes," estime-t-il.

"Grâce à Dieu, il a repris le dessus et ce n’est pas facile : on vit tous des moments difficiles et cela peut revenir nous hanter et nous envahir de peur et de mépris, mais on doit aussi faire attention parce que la colère peut être destructrice," avertit Martin Ridge. "Mais peut-être qu’il ne faut pas totalement éliminer cette colère pour rester conscient de ce qui se passe," fait-il remarquer avant de répéter : "Je voudrais te dire merci, Martin, encore, encore et encore."

14.500 enfants victimes sur plusieurs décennies

L’histoire de Martin n’est pas un cas isolé. Les allégations d’abus sexuels concernent en Irlande près de 14.500 enfants pour des crimes commis parfois pendant plusieurs décennies. En Europe, l’Irlande est l'un des pays les plus touchés : à titre de comparaison, la Belgique, l’Allemagne et la France ont enregistré chacune quelques centaines de plaintes depuis 2010.

Entre 1975 et 2004 à Dublin, 12 prêtres étaient responsables des deux tiers des plaintes déposées selon le Service de protection de l'enfance mis en place en 2002 aux côtés d’une agence dirigée par l'État par le diocèse pour lutter contre ces dérives.

Andrew Fagan en est le directeur et le coordinateur depuis 2010. "__Quand on a appris que des prêtres s’étaient comportés de manière abusive envers les enfants, ça a été perçu comme un problème pour le prêtre, pas comme un problème pour les enfants," fait-il remarquer. "Et pendant longtemps - ce n’est pas que le diocèse ou les autorités n’ont rien fait à ce propos, ils ont agi -, il s’agissait uniquement d’essayer de corriger le comportement des prêtres avant de les réintégrer, ils n’étaient pas focalisés sur les enfants, la priorité n’était pas d’assurer leur sécurité," indique-t-il.

"Même si beaucoup de choses ont changé, je ne suis pas sûr que la perception du problème ait changé : je crois que beaucoup de personnes pensent que c’est toujours risqué d’impliquer son enfant dans des activités proposées par l’Église, donc je dirais que beaucoup de parents ont pris la décision de prendre leurs distances vis-à-vis de l'Église," précise-t-il.

Dimitri Korczak
Dans une église de Dublin, juillet 2018Dimitri Korczak

"On ne laisse jamais un enfant seul avec un adulte dans notre paroisse"

Frank Reburn est un prêtre de la paroisse de Glasnevin au nord de la capitale. Il met en pratique les directives du diocèse sur la protection des enfants. Et comme tous les prêtres en Irlande, il a passé un test psychologique avant d’entrer en fonction.

"Si je rencontre des parents et qu’on prépare leurs enfants pour un sacrement - une confirmation ou une communion -, on leur expliquera qu’il y a un règlement pour la protection des enfants dans notre paroisse," explique Frank Reburn.

"On ne laisse jamais un enfant seul avec un adulte dans notre paroisse, notre sacristie ; aucun adulte ne doit être seul quand il y a des enfants présents, on s’assure qu’ils sont sous la protection de personnes approuvées par la police et de ceux qui ont été formés," souligne-t-il. "Si des prêtres viennent nous rendre visite, si une personne quelconquevient dans notre sacristie, ils doivent s’inscrire à l’entrée," dit-il. "On demande aussi aux parents ou aux responsables présents de ne pas laisser leurs enfants aller aux toilettes tout seuls et qu’ils restent dans la zone publique pour s’assurer de leur sécurité," poursuit-il.

Le prêtre ajoute : "Cela a été un chapitre horrible dans l’histoire de l’Église et dans nos vies, un chapitre vraiment horrible. Donc j’y tiens beaucoup : je ferai tout mon possible pour m’assurer qu’aucun enfant ne soit blessé au sein de cette église," promet-il.

"Un jeune garçon était attaché à une table basse, les mains liées aux chevilles..."

Si l’Église doit aujourd’hui se repentir, c’est aussi à la suite de grandes révélations comme celle de Darren McGavin, 48 ans, survivant d’abus sexuels. Son agresseur Tony Walsh est actuellement en prison pour le viol de plus de 200 enfants de la commune de Ballyfermot où Darren a grandi dans un contexte familial violent.

"À sept ans, quand j’ai été inscrit à cette école, il est devenu le prêtre de la paroisse, donc il venait de prendre l'habit, c’était aussi un imitateur d’Elvis Presley, il faisait partie d’un groupe appelé "The All Priest Show" et ils partaient en tournée dans tout le pays dans des salles, des boîtes de nuit, ils étaient payés," raconte Darren McGavin. "Les gens disaient : Qu’il est brillant, génial, merveilleux ! Et quand il parlait à sa chaire, de son Seigneur Jésus-Christ, il disait : Jésus est mon ami, je vais vous sauver," poursuit-il.

"Il est venu à la maison et a parlé à mes parents," explique-t-il, "il avait percé leur secret et leur a dit : 'Je sais que vous battez cet enfant et votre femme'. Mes parents, deux adultes, étaient maintenant vulnérables face au prêtre qui pouvait les faire chanter ; alors le prêtre a suggéré : 'Je pourrais emmener votre fils loin de cet environnement car vous l’avez traumatisé, il désobéit et vous le frappez encore, vous ne savez pas comment l’éduquer ; s’il vient avec moi, je pourrai lui apprendre à aimer, il pourra servir la messe du matin, on l’emmènera dans de très beaux endroits, enlevez un poids de vos épaules'," raconte l'ancienne victime du prêtre.

"Pour une mère de cinq enfants qui devenaient fous, avec un mari qui la battait les rares fois où il était à la maison, c’était évident, elle s’est dit : 'Mon enfant sera en sécurité'," dit Darren McGavin. "Et si je vous disais qu’un jeune garçon était attaché à une table basse, les mains liées aux chevilles, et qu’il remarquait une bougie fine en train de brûler, il pensait que c’était une bougie comme les autres," ajoute-t-il avant de dénoncer : "Et pendant que le prêtre disait que j’irai brûler en enfer pour l’éternité, j’étais violé avec la bougie brûlante."

"Mon témoignage les avait traumatisés"

À l’âge de 12 ans, le jeune Darren réalise en regardant un documentaire sur la pédophilie que ses échanges avec le prêtre de sa paroisse ne sont pas normaux. À partir de ce jour, il consultera un pédopsychiatre avec une peur en tête : que le juge ne croit pas son témoignage lors du procès.

"La pédopsychiatre m’a donné la poupée et m’a dit : 'Peux-tu me montrer ce qui s’est passé ?' J’ai répondu : 'Vous voulez que je mette mon pénis dans la poupée devant vous ?' Elle a dit : 'Quoi ?' J’ai dit : 'Vous m’avez demandé de vous montrer, vous voulez que je déchire la poupée et que je la pénètre ?' Elle a répondu : 'Non ! Montre-moi simplement'. J’ai dit : 'Je ne comprends pas, je dois le faire, mais vous m’avez dit que c’était mal, pourquoi voulez-vous que je fasse quelque chose de mal ?' Elle et les autres personnes qui étaient là ont dit : 'Il n’a pas tort, c’est une première pour nous.' Donc j’ai dit : 'Pourquoi ne pas simplement me demander de raconter ce qui s’est passé ?' Pendant qu’ils m’écoutaient, je leur demandais tout le long en leur tendant un mouchoir, moi qui avait 12 ans à l’époque : 'Est-ce que ça va ?' Car je les avais traumatisés," se souvient-il. "Pour moi, c’était normal, j’étais habitué," fait-il remarquer.

Dimitri Korczak
La croix de Bray, juin 2018Dimitri Korczak

2 à 6% de religieux pédophiles au sein de l’Église catholique

Aujourd’hui thérapeute auprès de ceux qui ont été abusés, Darren McGavin a survécu à cinq tentatives de suicide. Rares sont les victimes comme lui qui ont saisi les autorités : elles sont à peine 10%.

En 2014, dans une interview accordée à "La Repubblica", le pape François évaluait à 2% le nombre de prêtres pédophiles au sein de l’Église de par le monde, incluant évêques et cardinaux.

Pourtant, dans le cadre de l’enquête Spotlight à Boston, Richard Sipe, psychiatre et ancien prêtre, parlait de 6%. Selon lui, un pédophile dans l’Église commet des abus sur 250 victimes dans sa vie. Ce qui d'après ses estimations, représenterait pour l’Irlande, 280 prêtres pédophiles pour 70.000 victimes et pour toute l’Europe, environ 11.200 prêtres qui auraient abusé de plus 2,8 millions d'enfants. L’ampleur du phénomène aurait poussé l'Église à dissimuler ces abus.

Colm O’Gorman, survivant lui aussi et directeur d’Amnesty International Irlande, se bat quotidiennement pour obtenir réparation. "Il vous suffit de faire quelques recherches sur internet pour voir plein d’exemples de papes et d’évêques qui affirment : 'On ne savait pas ; comme le reste de la société, on ne savait pas que de telles choses étaient possibles,' or ils le savaient, ils ont menti," assure-t-il.

"La façon dont l’Église s’est comportée, entre hypocrisie et corruption en son cœur, a été révélée," renchérit Colm O'Gorman. "Cela a conduit les Irlandais à rejeter l’autorité morale de l’Église pour aboutir à la fin de son omniprésence politique en Irlande," estime-t-il.

"Pendant des décennies, le Vatican nous a traités de menteurs en disant qu’on était des fantaisistes, que cela avait un but anticatholique et qu’il n’y avait pas eu de dissimulations, donc maintenant que le Pape les a avouées, on est censé penser qu’il est génial puisqu'il a avoué la vérité ? C’est le minimum !" s'indigne-t-il.

"Il y avait tellement de résistance au changement au sein du Vatican"

Marie Collins est elle aussi une survivante. Très active dans le domaine de la prévention des abus et des dérives pédopornographiques sur internet, elle a été l'un des symboles de la Commission pontificale pour la protection des mineurs instituée en 2014 par le pape François pour lutter contre les abus sexuels. Elle a démissionné de cette commission en 2017, lasse de la résistance au sein du Vatican.

"La Commission était composée d’experts du monde entier spécialisés dans la protection de l’enfance, ils étaient rassemblés pour conseiller le Pape et apporter leur expertise à l’Église et j’ai suivi parce que si l’Église était vraiment sincère pour changer, je me suis dit qu’il fallait que j’aide moi aussi," raconte Marie Collins.

"Mais j’ai découvert après quelques années qu'il y avait tellement de résistance au changement au sein du Vatican : ils sapaient le travail de la Commission, ils s’opposaient au travail de la Commission et en réalité, nous faisions des recommandations, le Pape les approuvait et elles n’étaient pas appliquées, donc c’était une perte de temps," dénonce-t-elle. "À la Curie, au service civil du pape, ils nous voyaient, nous à la Commission, comme des gens de l’extérieur qui interféraient dans les affaires de l’Église : l’importance de la protection des enfants était ignorée, c’était plus de la politique," assure-t-elle.

"Le Pape a dit qu’il tenait les évêques pour responsables, qu’il en révoquait," poursuit Marie Collins. "Je lui ai dit qu’il en avait peut-être révoqué certains, mais il y en a eu aussi qui ont eu la possibilité de démissionner et de partir d’eux-mêmes : tant et si bien que personne ne sait qu’en réalité, ils sont coupables," déplore-t-elle.

Jules Rauch
Marie Collins, dans le parc de la Cathédrale St Patrick, Dublin, juillet 2018Jules Rauch

Une leçon pour d'autres pays ?

La décision récente du pape François de lever le secret pontifical sur les affaires de pédophilie montre néanmoins un désir de transparence au sein du Vatican. Désormais, les plaintes et témoignages concernant des abus sexuels dans les Archives du Saint-Siège pourront être transmis aux autorités civiles.

En 2015, les Irlandais ont approuvé le mariage homosexuel, puis en 2018, le droit à l’avortement. Alors que près de 80% d’Irlandais se disent catholiques, ce sont les mêmes qui ont voté pour ces deux réformes situées à l’opposé des directives de l'Église. Ces chiffres soulignent un paradoxe : la société irlandaise reste culturellement catholique, mais s’éloigne de l’Église en tant qu’institution. Une tendance qui se généralise en Europe, seul continent où la population catholique a diminué ces dernières années avant de commencer à stagner.

Après vingt ans, l’Irlande tente de panser ses blessures et d’améliorer la sécurité de ses enfants. Le pays a compris que l’Église seule ne réglerait rien. Une leçon importante alors que d’autres nations n’en sont qu’au stade des révélations comme en Australie, en France, en Pologne ou encore aux États-Unis où les victimes d’abus sexuels au sein de l’Église commencent enfin à se faire entendre.

Toutes ces voix témoignent de l’ampleur du phénomène, mais surtout de la réponse encore trop fréquente de l’Église : appliquer la loi du silence ou pire encore, être complice comme en attestent de récentes révélations dans l’affaire McCarrick, homme d’Église américain promu archevêque, puis cardinal par Jean-Paul II, pourtant au courant des accusations d’abus sexuels qui pesaient sur ce dernier. Il faudra attendre des années, jusqu'en 2019, pour que Theodore McCarrick soit finalement défroqué.

"Nous devons penser aux pays où cela se produit toujours et à ces enfants menacés"

Alors c’est plutôt vers les instances séculières que se tournent les victimes pour se faire entendre et espérer pouvoir un jour se reconstruire.

"J’ai gardé la foi tout comme mes croyances," confie Marie Collins. "Mais l’institution qu’est l’Église n’a plus de valeur pour moi aujourd’hui ; l’Église institutionnelle, j’ai perdu toute confiance en elle," souligne-t-elle.

Colm O’Gorman renchérit : "Je n’ai pas de croyance religieuse, j’ai une plus grande foi en l’humanité, la bonté, la vie, la guérison et encore une plus grande foi en quelque chose que je considère vrai, et ceci peu importe la souffrance causée, peu importe le crime commis, si on est préparé à l’avouer, à l’affronter avec courage, vérité, compassion et amour, avec l’engagement d’aller de l’avant, alors la guérison, le rétablissement et le progrès ne sont pas seulement possibles, mais inévitables."

Marie Collins conclut : "C’est de devoir vivre dans le silence qui est le plus dur et pour beaucoup de victimes, c’était trop dur, elles ont mis fin à leurs jours. Nous devons penser aux pays où cela se produit toujours et à ces enfants menacés," appelle-t-elle.