Le ministre français de l'Intérieur Laurent Nuñez a accueilli son homologue algérien Saïd Sayoud à Paris pour relancer la coopération. Au menu des discussions : la lutte contre le crime organisé, l’immigration, ou encore le sort du journaliste français Christophe Gleizes.
Après des mois de vives tensions, le réchauffement des relations se poursuit entre Paris et Alger. Ce lundi, le ministre français de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a reçu son homologue algérien Saïd Sayoud place Beauvau. M. Nuñez a accueilli M. Sayoud à l’aéroport du Bourget, avant de retourner à Paris pour entamer une session de travail au ministère de l’Intérieur.
Les dossiers officiellement au menu discussions ce lundi sont la sécurité, la lutte contre la criminalité organisée ainsi que les questions migratoires et de sécurité civile. Le ministre français de l’Intérieur a, à ce titre, assuré que la coopération reprenait efficacement sur l’immigration, après avoir annoncé courant mai que les expulsions d’Algériens en situation irrégulière avaient désormais recommencé vers leur pays.
Le ministre avait précisé que l’Algérie avait délivré quelque 140 laissez-passer consulaires, document qui autorise le retour sur son territoire de ses ressortissants. La place Beauvau souhaite désormais faire augmenter leur nombre.
Le sort du journaliste français Christophe Gleizes, détenu depuis juin 2025 en Algérie pour "apologie du terrorisme", fait aussi partie des sujets qui doivent être évoqué lors de cette visite.
Appaissement des relations
La visite de Saïd Sayoud à Paris avait été annoncée mi-mai par son homologue français et suit un déplacement de Laurent Nuñez à Alger en février. Après des mois de tensions, cette visite du ministre français avait amorcé une détente des relations entre la France et son ancienne colonie, indépendante depuis 1962.
La crise avait été déclenchée à l’été 2024 par le soutien apporté par Paris à un plan d’autonomie "sous souveraineté marocaine" pour le territoire disputé du Sahara occidental. L’Algérie avait alors immédiatement rappelé son ambassadeur en France. Les tensions avaient ensuite été aggravées avec l’arrestation en novembre 2024 de l’écrivain franco-algérien Boualem Sansal, gracié par le président Abdelmadjid Tebboune un an plus tard.
Autre étape du rapprochement franco-algérien, la visite du ministre français de la Justice, Gérald Darmanin, mi-mai à Alger pour tenter de "rétablir les relations judiciaires" entre les deux pays et évoquer le cas du journaliste incarcéré Christophe Gleizes.