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"C'était le bon choix de demander à la Commission européenne de commander les vaccins au nom des 27"

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"C'était le bon choix de demander à la Commission européenne de commander les vaccins au nom des 27"
Tous droits réservés  Thanassis Stavrakis/AP
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Les nuages sanitaires s’amoncellent au-dessus du ciel européen. L'entreprise pharmaceutique Astra Zeneca a annoncé des problèmes dans la production de son vaccin contre le covid-19. Le groupe fait valoir que ses engagements contractuels concernent des objectifs et non pas un engagement ferme.

La réaction de la Commission européenne ne s'est pas faite attendre et s'est révélée cinglante. "_Ne pas être en mesure d'avoir les capacités de production est contraire à la lettre et à l'esprit de notre accord. Nous rejetons la logique du premier arrivé, premier servi _", avertit la Commissaire européenne en charge de la Santé Stella Kyriakides.

Le retard annoncé d'AstraZeneca tombe au plus mal pour l'Union européenne car un autre fabricant, Pfizer, a fait part d’un problème similaire quelques jours plus tôt. Ces difficultés pourraient entrainer des confinements plus longs, une crise économique plus profonde et épuiser plus encore une société à fleur de peau à cause des restrictions. Euronews a interrogé l'ancien président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker sur les difficultés actuelles rencontrées par l’UE.

Euronews :

Que pensez-vous de la stratégie vaccinale de l’UE ?

Jean-Claude Juncker :

Je dois dire qu'il y a un an, en janvier, en février 2020 personne ne pensait que nous aurions ce vaccin. Et c'est un succès et un progrès immense pour la recherche scientifique européenne et internationale. Je pense que la Commission a agi comme il fallait, sans savoir dans le détail ce qui se passait. Je pense que c'était le bon choix de demander à la Commission européenne de commander les vaccins au nom des 27, mais maintenant nous voyons les premiers problèmes de production et de distribution.

Euronews :

Est-ce que vous craignez de voir des tensions nationalistes ou une course avec d'autre pays comme les Etats-Unis et le Royaume-Uni ?

Jean-Claude Juncker :

Concernant l'Union européenne je ne vois pas ce risque de monopole de vaccination nationale évoqué par différents Etats membres. Je ne pense pas que cela sera le cas. Je vois que la production et la distribution des vaccins s'organisent différemment entre l'Union européenne et le Royaume-Uni. Mais plus précisément je pense que tout cela rentrera dans l'ordre dans les prochaines semaines. Je ne suis pas pessimiste là-dessus.

Euronews :

Etes-vous inquiet de voir une nouvelle crise économique ?

Jean-Claude Juncker :

Pas vraiment car je pense que les différentes économies nationales, ce qui est une description absurde après ce qui se passe en Europe, ces économies sont résilientes, l'économie européenne est résiliente. Je suis un peu inquiet par cette négligence bénigne de certains gouvernements concernant la dette publique. La dette publique est un poison, à moyen et long terme c'est un poison. J'aimerais que les Etats membres renforcent les possibilités qu'ont les économies de résister aux conséquences de la crise. Je n'aime pas cette idée de ne pas considérer la dette publique comme un problème majeur.