DERNIERE MINUTE
This content is not available in your region

L'Europe veut repenser la mondialisation

euronews_icons_loading
Les appels se font plus fort dans l'UE pour repenser et renforcer les chaînes d'approvisionnement
Les appels se font plus fort dans l'UE pour repenser et renforcer les chaînes d'approvisionnement   -   Tous droits réservés  Mohamed Elshahed/AP
Taille du texte Aa Aa

Le Covid-19 et plus récemment le blocage du canal de Suez poussent les Etats et les institutions européennes à repenser leur participation au commerce mondial : plus d'équilibre, moins de dépendance et de distance. Une équation compliquée.

La pandémie mondiale déclarée l'an dernier a mis à mal les chaînes d'approvisionnement. Au printemps 2020, elle a renvoyé les citoyens européens face à une triste réalité : l'UE est plus dépendante qu'ils ne le pensaient, notamment en matériel médical ou en semi-conducteurs, principalement de la Chine, qui représente 22 % des importations de l'UE.

Nouveau rappel de la fragilité du système actuel d'échanges, on apprend qu'un accident de bateau dans le canal de Suez aura un impact négatif sur le commerce international pendant plusieurs mois.

Selon Ian Goldin, professeur de mondialisation et de développement à l'université d'Oxford et auteur de "From Global Crisis to a Better World", les problèmes sont multiformes :

"Avec l'allongement des chaînes d’approvisionnement, toute rupture dans la chaîne est amplifiée par effet de cascade. Mais il y aussi les pratiques de gestion et l'austérité, qui favorisent les approvisionnements en flux tendus, l'absence de stocks dans les usines, dans les magasins, dans les hôpitaux. Cela conduit à une vulnérabilité beaucoup plus grande, à une résilience beaucoup plus faible", déplore l'expert.

Des stocks et du local

Selon lui, la réponse n’est pas de réduire la mondialisation, ce qui augmenterait les coûts. Il encourage les gouvernements européens à changer leurs pratiques de gestion. L'une des solutions proposées par le Parlement européen est d'augmenter les stocks.

"Chacun réalise aujourd’hui le niveau élevé de notre dépendance vis-à-vis des chaînes d'approvisionnement mondiales", reconnaît Samira Rafaela, eurodéputée néerlandaise du parti Renouveau européen, selon qui il faut désormais "privilégier d'autres opportunités, comme la production locale".

Pour l'élue, l'Europe doit "repenser sa manière d’agir, car nous l’avons vu, nous dépendons trop des fabrications de dernière minute et nous avons vu ce que cela pouvait coûter si nous n'avons pas de stocks de marchandises dans la région ou en tout cas plus proche de chez nous".

L’UE réfléchit à la manière de garder les avantages économiques de la mondialisation, tout en sachant que les longues chaînes d'approvisionnement n'ont pas seulement un impact sur la production : elles peuvent aussi freiner l'ambition climatique de l'UE, qui souhaite la neutralité carbone d'ici 2050.

Pour Saskia Bricmont, eurodéputée écologiste belge, "i__l faut rendre le commerce mondial plus cohérent et réduire son impact sur le plan social. Nos accords commerciaux doivent être très clairs sur les engagements que les partenaires économiques doivent prendre sur le plan social, sur le respect des droits des travailleurs, mais aussi sur le plan environnemental".

Le plan d'action "de la ferme à la fourchette", qui vise à cultiver plus localement, ou les programmes d'économie circulaire font partie des propositions que la Commission européenne a lancé ces derniers mois.