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Rétrospective JR à la Saatchi Gallery : "Les artistes doivent être les optimistes de ce monde"

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De l'immigration au contrôle des armes en passant par le conflit israélo-palestinien. Rien n'arrête l'artiste français JR qui s'attaque à quelques-unes des grandes questions politiques et sociales de notre monde. Son travail est présenté en ce moment à la Saatchi Gallery de Londres.

"Mon but principal, c'est de connaître d'autres communautés dans différents pays," confie JR. "J'ai commencé ce parcours en essayant de déterminer les lieux dans le monde où les gens me diraient : 'Désolé, l'art, ce n'est pas pour ici' et en réalité, on ne m'a dit cela nulle part, à l'exception peut-être de la Corée du Nord où je suis allé et où ils ne voyaient pas mon travail d'un bon œil," raconte-t-il.

"Déconstruire les caricatures"

Tout a commencé pour JR quand il est tombé sur un appareil photo dans le métro parisien. Alors qu'il était graffeur à l'époque, il s'est mis à réaliser des portraits de ses amis street artists et à les afficher dans les rues. Il a fait de même avec des jeunes d'une banlieue parisienne qui a été par la suite, au cœur des émeutes de 2005. Son objectif : contester la manière dont les médias les représentent.

"Je me suis dit : je vais prendre mes amis en photo en leur demandant de caricaturer la manière dont on les voit et je vais coller les photos dans Paris," explique JR avant d'ajouter : "Cela a vraiment aidé à déconstruire ces caricatures : sur les photos, on peut lire leur nom, leur âge et l'immeuble où ils habitent, donc ce ne sont plus des anonymes qui apparaissent dans les médias et qui suscitent une peur, mais des personnes que vous pouvez rencontrer en allant frapper à leur porte," souligne-t-il.

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Collage de portraits de jeunes d'une banlieue parisienne réalisé par JReuronews

Au Proche-Orient, JR a appliqué le même principe : des deux côtés de la barrière de sécurité, il a collé côté à côte, des portraits d'Israéliens et de Palestiniens qui exercent le même métier.

"Les gens me disent toujours : "Nous, on est ouvert, vous pouvez le faire, vous pouvez même coller la photo de "nos" ennemis et on la laissera ; c'est de l'autre côté qu'ils nous détestent, ils ne vous laisseront jamais faire ça" ; mais de l'autre côté, quand je colle mes affiches, ils me disent exactement la même chose," fait remarquer l'artiste.

"On réalise comment un camp perçoit l'autre à travers les médias, le contexte, qu'il ne voit que le pire chez l'autre et qu'il oublie qu'en face, il y a aussi un gars qui est un simple chauffeur de taxi," dit-il.

"Changer de perception, c'est une manière de changer le monde"

À la Saatchi Gallery, on s'estime chanceux d'accueillir le travail de JR."C'est un immense privilège pour la Saatchi Gallery de rouvrir ses galeries," indique Laura Uccello, directrice des partenariats, "avec cette exposition où il est question d'unir les hommes grâce à l'art."

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Un enfant mexicain au-dessus de la frontière américaine, installation réalisée par JR en 2017euronews

L'exposition vient d'être présentée aux États-Unis, elle a été complétée à Londres, par des travaux récents de l'artiste. JR espère qu'elle donnera au public, un esprit plus positif.

"Quand on change la perception que l'on a d'un endroit et des gens, c'est une manière de changer le monde," assure-t-il. "Je me dis qu'en tant qu'artistes, nous devons être les optimistes de ce monde parce qu'il y a assez de pessimistes comme cela," estime-t-il.

L'exposition "JR: Chronicles", plus grande rétrospective consacrée à l’artiste à ce jour, est organisée par le Brooklyn Museum et bénéficie du soutien de la fondation Art Explora. Elle a ouvert ses portes à la Saatchi Gallery de Londres le 4 juin et se poursuit jusqu'en octobre prochain. Les tickets d'entrée sont disponibles à la vente ici.

Journaliste • Damon Embling