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Sommet européen : pluie d'hommages pour Angela Merkel

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Par Vincent Coste  avec AFP
Angela Merkel, lors de son probable dernier sommet européen, le 22 octobre 2021 à Bruxelles
Angela Merkel, lors de son probable dernier sommet européen, le 22 octobre 2021 à Bruxelles   -   Tous droits réservés  John Thys, Pool Photo via AP

C'est un véritable panégyrique. Avant de tirer sa révérence en Allemagne dans les prochaines semaines, sauf ultime revirement de situation, Angela Merkel a participé, à son plus que probable dernier sommet européen à Bruxelles. Et c'est un départ par la grande porte qu'ont réservé ce vendredi les dirigeants européens à la chancelière allemande qui a participé à 107 de ces grands rendez-vous jalonnant l'agenda de l'Union européenne.

JEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP
Angela Merkel, lors de son premier sommet européen, le 17 décembre 2005 à BruxellesJEAN-CHRISTOPHE VERHAEGEN / AFP

Réunis depuis dans la capitale belge, les 27 ont loué les qualités d'Angela Merkel, "monument" pour certains, "boussole pour le projet européen" pour d'autres ou encore "immense femme politique", alors que la chancelière s’apprête à quitter la scène politique après 16 ans à la tête de l'Allemagne.

En maître de cérémonie, le président du Conseil européen, Charles Michel, a fait un discours en forme d'éloge. "J'espère que vous ne serez pas fâchée par cette cérémonie pour votre dernier sommet". a-t-il déclaré en forme d'introduction. Et l'ancien Premier ministre belge a poursuivi en déclarant que les sommets européens "sans Angela, c'est comme Rome sans le Vatican ou Paris sans la Tour Eiffel".

"Vos adieux à la scène européenne nous touchent politiquement et nous remplissent d'émotion", a aussi déclaré Charles Michel, saluant "la sagesse" de la chancelière qui manquera aux Européens "en particulier dans les périodes délicates".

Ce discours a été accueilli par une ovation debout des chefs d'Etat et de gouvernement réunis pour depuis ce jeudi dans la capitale belge.

Sur son compte Twitter, le président du Conseil européen a également posté un montage vidéo présentant les grands moments de la "carrière européenne" d'Angela Merkel depuis son premier sommet en décembre 2005. Charles Michel a conclu son message d'un "Dankeschön Angela".

La chancelière allemande, ainsi que le Premier ministre suédois Stefan Löfven - lui aussi sur le départ -, ont tous deux reçu un cadeau, une oeuvre du jeune designer franco-néerlandais Maxim Duterre, évoquant le bâtiment du Conseil qui accueille les sommets.

"Un grand vide"

Pour ce dernier sommet, où la Pologne était sur la sellette pour ses violations de l'Etat de droit, Angela Merkel a été fidèle à sa ligne, celle du compromis, en plaidant pour le dialogue avec Varsovie.

Le départ de celle que les Allemands surnomment affectueusement "Mutti" "laissera un grand vide, car c'est quelqu'un qui a été en poste depuis si longtemps et qui a eu une si grande influence sur l'évolution de l'Union européenne", a déclaré le nouveau chancelier autrichien Alexander Schallenberg.

"C'est quelqu'un qui pendant seize ans a vraiment marqué l'Europe, et nous a aidés, tous les Vingt-Sept, à prendre les bonnes décisions avec beaucoup d'humanité à des moments qui étaient difficiles", a déclaré le Premier ministre belge Alexander de Croo. "C'était une artisane de paix au sein de l'UE. Elle était indubitablement une grande Européenne", a-t-il insisté.

AP Photo/Olivier Matthys
Angela Merkel entourée par les dirigeants européens, notamment Charles Michel (de dos à gauche) et Emmanuel Macron (à droite), le 21 octobre 2021 à Bruxelles.AP Photo/Olivier Matthys

La chancelière est "une immense femme politique, et a été un facteur de stabilisation crucial dans des situations très compliquées", a renchéri le président lituanien Gitanas Nauseda, disant "son énorme respect" pour elle.

"C'était une telle machine à compromis, que quand les choses n'avançaient pas, on avait quand même Angela (...) Elle trouvait habituellement toujours quelque chose pour nous unir et nous permettre d'aller plus loin", a observé le Premier ministre luxembourgeois Xavier Bettel, qui l'a côtoyée pendant huit années. "Elle me manquera. Elle manquera à l'Europe", a-t-il dit.

La présidente de la Commission, Ursula von der Leyen, ancienne ministre de la Défense d'Angela Merkel, avait récemment souligné à quel point l'esprit d'analyse de cette docteure en chimie avait été crucial pour débloquer les négociations européennes parfois interminables.

Ces derniers mois, les dirigeants de l'UE ont multiplié hommages et remerciements à celle qui a dirigé l'Allemagne depuis 2005, presque aussi longtemps que le chancelier de la Réunification, Helmut Kohl (1982-1998).

Enfin, outre les louanges de ses pairs européens, Angela Merkel a eu droit à celles de l'ancien président américain, Barack Obama, qui l'a remerciée "au nom du peuple américain" pour son "amitié et leadership".

"Votre peuple allemand bien-aimé et le monde entier ont une dette de reconnaissance pour votre hauteur de vue pendant tant d'années", a-t-il ajouté dans une vidéo partagée sur Twitter par Charles Michel.

Inquiétude pour l'avenir de l'Europe

A l'issue de ce sommet européen, la chancelière allemande s'est dite inquiète pour l'avenir de l'UE, jugeant que ses successeurs auraient "de grands chantiers" devant eux en matière d'Etat de droit, de migrations et d'économie.

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Angela Merkel, lors de sa conférence de presse après le sommet européen, le 22 octobre 2021.ARIS OIKONOMOU/Pool Photo via AP

"Je quitte maintenant cette Union européenne dans ma responsabilité de chancelière dans une situation qui m'inquiète. Nous avons surmonté de nombreuses crises (...) mais nous avons une série de problèmes non résolus", a-t-elle déclaré lors d'une conférence de presse organisé après ce qui devrait donc être son dernier sommet européen à Bruxelles.

Chez elle, Angela Merkel assurera, en théorie, la gestion des affaires courantes pour quelques semaines. L'Allemagne devrait avoir un nouveau chancelier avant Noël. Sociaux-démocrates, écologistes et libéraux ont en effet dévoilé ce jeudi le calendrier de leurs négociations visant à installer Olaf Scholz (SPD) aux commandes du pays début décembre.