Le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre portugais Luís Montenegro et le Premier ministre luxembourgeois Luc Frieden n’ont pas signé la lettre.
Les dirigeants de 22 pays de l’Union européenne ont demandé la convocation d’une réunion d’urgence afin de discuter de la réponse du bloc après l’arrivée de dizaines de milliers de migrants dans l’enclave espagnole de Ceuta, en Afrique du Nord, cette semaine.
Selon des sources d’Euronews, la lettre, initiée par l’Italie et le Danemark, appelle à la tenue d’une "visioconférence extraordinaire des ministres de l’Intérieur", qualifiée de "question urgente".
Alors que Madrid affirme que la quasi-totalité des quelque 50 000 personnes ayant franchi jeudi la frontière entre le Maroc et Ceuta ont depuis été renvoyées, les dirigeants européens signataires font part de "sérieuses" inquiétudes concernant la situation.
Le président français Emmanuel Macron, le Premier ministre portugais Luís Montenegro et le Premier ministre luxembourgeois Luc Frieden n’ont pas signé le courrier, adressé à la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, au président du Conseil européen António Costa et au Premier ministre irlandais Micheál Martin. L’Irlande assure depuis juillet la présidence tournante du Conseil de l’Union européenne.
Les 22 dirigeants estiment que cette réunion doit permettre de parvenir à "une évaluation commune de la situation" à Ceuta et à "un accord sur une réponse européenne coordonnée".
"Nous ne pouvons pas permettre que des passages massifs et incontrôlés, l’instrumentalisation des migrations ou d’autres menaces hybrides créent l’impression qu’une entrée illégale dans l’Union européenne est possible", écrivent-ils, ajoutant qu’ils envisagent "toute mesure nécessaire" pour répondre à ces risques, notamment "le renforcement ou la réintroduction de contrôles temporaires aux frontières intérieures".
Selon eux, une telle perception "encouragerait de nouvelles tentatives, affaiblirait la confiance dans notre politique migratoire commune et aurait des conséquences pour l’ensemble des États membres".
Le courrier critique également la décision du gouvernement espagnol d’accorder un statut légal à certains migrants en situation irrégulière, considérée par les signataires comme un "facteur d’attraction" ayant pu contribuer à la crise. Une analyse rejetée par Madrid.
Sánchez étrille l'UE
Ces déclarations interviennent alors que le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a accusé certains États membres de l’Union européenne d’avoir apporté une réponse "plutôt asymétrique" à la crise de Ceuta.
"La plupart nous ont témoigné leur soutien et leur solidarité, et proposé leur aide", a écrit samedi Sánchez dans une lettre adressée à Ursula von der Leyen.
"D’autres, en revanche, ont choisi d’attaquer l’Espagne et de réclamer son exclusion temporaire de l’espace Schengen", a-t-il ajouté.
Sans citer de pays, le dirigeant espagnol semble viser les appels lancés par le gouvernement de la Première ministre italienne Giorgia Meloni en faveur d’une suspension temporaire de l’Espagne de l’espace Schengen, qui garantit la libre circulation sans contrôle aux frontières intérieures.