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L’UE soutient la Lituanie dans le conflit qui l’oppose à la Chine concernant Taïwan

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Par Christopher Pitchers  & Euronews
L’UE soutient la Lituanie dans le conflit qui l’oppose à la Chine concernant Taïwan
Tous droits réservés  Mark Schiefelbein/The Associated Press

L’UE apporte son soutien à la Lituanie face à la Chine. Les 27 défendent leur partenaire, membre du club européen, engagé dans une bataille politique et commerciale avec Pékin à propos de Taïwan. L’appui de Vilnius en direction de Taipei a provoqué la colère des autorités chinoises.

Cette annonce formelle est venue du chef de la diplomatie européenne à l'issue d'une réunion des 27 ministres des affaires étrangères à Brest. Josep Borrell assure qu'il existe une "solidarité évidente" avec la Lituanie dans ce conflit.

"Certaines choses (avec la Chine) se passent bien, d'autres moins bien", précise le responsable espagnol. "Lors de la réunion, nous avons parlé des activités chinoises en Lituanie et de l'impact de ces activités pour l'UE dans son ensemble. Les États membres ont clairement exprimé leur solidarité avec la Lituanie et nous avons discuté de la manière dont nous pouvons poursuivre activement la désescalade de cette crise", a poursuivi Josep Borrell.

Le bureau de la colère

La Lituanie a autorisé novembre l’ouverture à Vilnius d’un bureau de représentation taïwanaise, autrement dit une sorte d'ambassade. Il s'agit de la première délégation de ce genre en Europe. Pour la Chine c’est un geste inacceptable. Selon Pékin c’est une "violation claire" de la politique d'une Chine unie.

Thibault Camus/AP
Le chef de la diplomatie de l'UE et le ministre français des Affaires étrangèresThibault Camus/AP

Mais la dispute couve depuis un certain temps déjà. Tout a démarré après le départ en mai dernier de la Lituanie du groupe dit des : 17+1. C’est le format privilégié par la Chine pour négocier directement avec les pays de l'Est de l’UE.

En réponse et sans avertissement, Pékin a alors décidé de restreindre l'entrée des marchandises lituaniennes sur son territoire. Ces représailles expliquent le renforcement des relations entre le pays balte et Taïwan, entrainant des tensions commerciales avec l’empire du Milieu.

Marche arrière de la Lituanie ?

C’est dans cette atmosphère de tension que Vilnius a déclaré en décembre qu'elle n'enverrait aucun représentant diplomatique aux Jeux olympiques d'hiver en Chine. Toutefois le ministère lituanien des Affaires étrangères refuse d’employer le mot de boycott.

Le consensus politique semble d’ailleurs se fissurer en Lituanie. Le président, Gitanas Nauseda, estimait au début du mois qu’il s’agissait d’une "erreur" de laisser Taïwan ouvrir un bureau de représentation sous son propre nom. Les autorités taiwanaises auraient dû employer l’expression "Taipei chinois", le nom employé par Taïwan dans les instances internationales, afin de ne pas provoquer la colère de Pékin qui revendique ses droits l’île située en mer de Chine.

Ces récentes prises de position politique soulignent peut-être une forme de revirement de la part de Vilnius. La Chine use d’ailleurs de tout son poids économique pour faire pression sur les entreprises européennes pour qu'elles n'utilisent pas de composants fabriqués en Lituanie.

Un récent sondage réalisé par le ministère lituanien des Affaires étrangères révèle enfin que seulement 13 % de la population soutient la position actuelle du gouvernement sur la Chine.

Un test pour l'unité de l'UE

Si Vilnius tente aujourd'hui d'atténuer le choc, les propos tenus par Josep Borrell vendredi sont une bonne nouvelle pour la Lituanie. Le pays cherche à déplacer son conflit avec Pékin à l’échelle européenne estimant que l’impact touche l'ensemble du marché unique.

Le gouvernement devrait également se sentir encouragé par les récents propos du président français. Emmanuel Macron se dit inquiet par la façon dont la Chine agit avec la Lituanie.

Taïwan apporte aussi son soutien à Vilnius sous la forme d’un fonds d’un milliard de dollars destiné à aider les entreprises du pays dans cette confrontation avec la Chine. De plus, Taipei compte investir 200 millions de dollars en Lituanie, notamment dans le secteur des microprocesseurs, un domaine dans lequel l'UE veut justement devenir un acteur mondial.

Ce différend avec la Chine constitue un véritable test pour les États membres. La façon dont il évoluera pourrait définir le ton des relations futures entre l’UE et Pékin.