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Sergueï Lavrov empêché de se rendre en Serbie : Moscou est scandalisé

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Par euronews  avec AFP
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Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et le président serbe Aleksandar Vučić
Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov et le président serbe Aleksandar Vučić   -   Tous droits réservés  Darko Vojinovic/Copyright 2021 The Associated Press

Sergueï Lavrov empêché de se rendre en Serbie. La Bulgarie, la Macédoine du Nord et le Monténégro ont fermé leur espace aérien au vol du chef de la diplomatie russe. Fureur immédiate de Moscou qui juge cette mesure "scandaleuse" et "hostile". Ces trois pays européens membres de l'OTAN appliquent les sanctions imposées à la Russie après le déclenchement de l'offensive en Ukraine. 

"L'inconcevable s'est produit", a déclaré M. Lavrov, lors d'une conférence de presse en ligne convoquée en urgence. 

On a privé un Etat souverain de son droit d'exercer sa politique extérieure
Sergueï Lavrov
ministre russe des Affaires étrangères

"La ligne de Bruxelles dans les Balkans et en Ukraine est essentiellement la même. Mais dans les Balkans, l'Union européenne favorise seulement ceux qui portent atteinte aux intérêts des Serbes, et en Ukraine, l'OTAN et l'UE soutiennent un régime qui a depuis longtemps déclaré la guerre à tout ce qui est russe" a-t-il ajouté.

"De tels actes hostiles à l'égard de notre pays sont capables de causer certains problèmes (...), mais ils ne peuvent pas empêcher notre diplomatie de poursuivre son travail", a réagi pour sa part le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.

Le chef de la diplomatie russe, qui était censé rencontrer à Belgrade le président serbe Aleksandar Vucic, son homologue Nikola Selakovic et le patriarche de l'Eglise orthodoxe serbe Porfirije, a donc été contraint d'annuler sa visite.

Puisque Sergueï Lavrov ne peut pas aller en Serbie, c'est le président serbe qui ira à Moscou.

"Personne ne pourra détruire nos relations avec la Serbie", a souligné M. Lavrov.

Le vice-président du Conseil de la Fédération, chambre haute du Parlement russe, Konstantin Kossatchev, a dénoncé lundi une "démarche de l'Otan" dirigée "contre la Russie en tant qu'Etat et la Serbie en tant qu'Etat" et réclamé une "réaction commune et extrêmement sévère" qui se traduirait "par des actions pratiques, concrètes".

Pour sa part, Sergueï Lavrov a assuré que la Russie n'allait pas suivre l'exemple de ses "partenaires occidentaux". "En ce qui concerne d'éventuelles ripostes, on ne va pas faire quoi que ce soit qui risque de compliquer davantage les liens entre les peuples".

La cheffe du gouvernement serbe, Ana Brnabic, avait affirmé dimanche que la situation autour de cette visite était "exceptionnellement compliquée" en raison de l'impossibilité de survol de certains pays et que le président serbe Aleksandar Vucic travaillait lui-même à l'organisation de la visite.

Sergueï Lavrov est visé depuis le 25 février, lendemain du début de l'offensive russe en Ukraine, par des sanctions de l'UE, tout comme le président Vladimir Poutine.

Fin février, le chef de la diplomatie russe, qui devait participer au Conseil des droits de l'Homme (CDH) de l'ONU et à la Conférence du Désarmement à Genève, avait déjà dû annuler sa venue en Suisse en raison des sanctions lui interdisent le survol de l'Union européenne.

La Serbie reste le plus proche allié de la Russie dans la région et a refusé de se joindre aux sanctions contre Moscou même si elle a condamné l'invasion en Ukraine.