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Le pape au Kazakhstan pour promouvoir le "dialogue", l'Ukraine en toile de fond

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Par Stephane Hamalian  & Euronews  avec AFP
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Le pape François et le président kazakhstanais Tokayïv, à NourSoultan, le 13 septembre 2022
Le pape François et le président kazakhstanais Tokayïv, à NourSoultan, le 13 septembre 2022   -   Tous droits réservés  FILIPPO MONTEFORTE/AFP

Promouvoir le dialogue malgré la réalité de la guerre : le pape François, toujours diminué physiquement, est arrivé mardi pour une visite de trois jours dans la capitale du Kazakhstan, un pays allié de Moscou, en plein conflit entre la Russie et l'Ukraine.

Arrivé peu après 17h15 (11h15 GMT), Jorge Bergoglio, 85 ans, qui se déplace en fauteuil roulant en raison de ses douleurs au genou, s'est rendu au palais présidentiel pour s'entretenir avec le président Kassym-Jomart Tokaïev.

M. Tokaïev a dit être "honoré" de recevoir le pape au Kazakhstan, où le souverain pontife prononcera ensuite un premier discours devant les autorités et le corps diplomatique.

Puis, il doit participer mercredi à un sommet interreligieux à Nur-Sultan, en présence d'une centaine de délégations d'environ 50 pays.

Interrogé lors du vol sur une éventuelle rencontre avec le président chinois Xi Jinping, qui sera au même moment à Nur-Sultan, le pape a répondu : "De cela je ne sais rien, je n'ai aucune information". "Je suis toujours prêt à aller en Chine", a-t-il toutefois ajouté.

Hasard du calendrier, la présence de M. Xi – qui doit rencontrer le lendemain le président russe Vladimir Poutine en Ouzbékistan – a nourri les spéculations quant à une possible action de la diplomatie vaticane sur le conflit en Ukraine.

Absence du patriarche russe Kirill

Les habitants de Nur-Sultan interrogés par l'AFP mardi se félicitaient qu'une telle visite mette le Kazakhstan sur le devant de la scène internationale.

"L'autorité du Kazakhstan grandira, il s'agit de faire savoir aux autres pays qu'il existe un tel Etat", a déclaré Joumach, entrepreneur de 58 ans.

"Que pourra-t-il changer ? On a notre propre pouvoir ici. Peut-il avoir une influence ici ? Aucune", tempère Nikolaï, retraité de 62 ans.

Le principal absent au congrès interreligieux auquel doit prendre part le pape François sera le patriarche orthodoxe russe Kirill, proche soutien de Vladimir Poutine, qui a annulé sa participation sans en préciser la raison.

Si le pape a dénoncé l'invasion de l'Ukraine comme une "guerre cruelle et insensée", Kirill, lui, a défendu "l_'opération militaire_" de M. Poutine et la lutte contre les "ennemis extérieurs et intérieurs" de la Russie.

Redoutée par Kiev, sa possible participation avait d'abord nourri l'attente d'une nouvelle rencontre avec François, six ans après une entrevue historique à Cuba, la première depuis le schisme de 1054 entre Eglises d'Orient et d'Occident.

La guerre en Ukraine devrait rester un enjeu majeur de cette visite au Kazakhstan, traditionnel allié de Moscou mais qui a refusé de soutenir l'invasion de l'Ukraine.

"Au cœur de ce voyage, il ne peut y avoir que le dialogue, la rencontre, la recherche de la paix entre des mondes religieux et culturels différents", a déclaré le directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni.

Ce 38e voyage à l'étranger depuis son élection en 2013 "sera l'occasion (...) de dialoguer en frères, animés par le désir commun de paix", a déclaré dimanche le souverain pontife.

"Se mettre de côté"

Mercredi, le pape s'exprimera lors de l'ouverture de la session plénière du septième Congrès des religions mondiales et traditionnelles avant de célébrer une messe dans l'après-midi.

En marge du Congrès, François rencontrera également des responsables religieux en tête à tête, a annoncé le Vatican sans donner plus de détails.

Plus grand pays d'Asie centrale riche en ressources naturelles, le Kazakhstan compte 18,7 millions d'habitants dont 70% de musulmans sunnites et 26% de chrétiens mais moins de 1% de catholiques.

Après son arrivée au pouvoir, M. Tokaïev a entamé une série de réformes, mais le pays a été secoué début 2022 par des émeutes meurtrières qui ont brisé son image de stabilité. Les ONG de défense des droits humains continuent d'y dénoncer la répression de toute opposition.

Le jésuite argentin est le deuxième pape à se rendre au Kazakhstan après la visite de Jean Paul II en septembre 2001.

Diminué depuis plusieurs mois, François a admis en juillet qu'il ne pourrait "plus voyager" au même rythme qu'auparavant, disant devoir se "ménager" ou "penser à la possibilité de se mettre de côté".