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L'Italie rétablit des contrôles aux frontières avec l'Espagne : quels changements ?

Pedro Sanchez et Giorgia Meloni, photo d'archive
Pedro Sanchez et Giorgia Meloni, image d'archive Tous droits réservés  AP Photo
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Par Fortunato Pinto
Publié le Mis à jour
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L'Italie a réinstauré les contrôles sur les voyageurs en provenance d'Espagne à la suite de la crise de Ceuta. Des contrôles d'identité sont effectués dans les ports et aéroports italiens pour les ressortissants de pays tiers ; voici comment cela se passe.

La crise migratoire à Ceuta a déclenché une querelle politique entre l'Italie et l'Espagne. Après l'annonce de l'arrivée de milliers de migrants dans l'enclave espagnole, le gouvernement de Giorgia Meloni a annoncé un renforcement des contrôles aux frontières pour les arrivées par voie maritime et aérienne en provenance d'Espagne.

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Pourquoi l'on parle d'une suspension de Schengen et ce que cela implique concrètement

Plusieurs médias ont rapporté vendredi que Rome avait suspendu l'accord de Schengen vis-à-vis de l'Espagne ; en effet, la Première ministre Giorgia Meloni a écrit sur X que « le gouvernement a décidé de suspendre temporairement le régime de libre circulation prévu par Schengen pour les liaisons maritimes et aériennes avec l'Espagne, en rétablissant les contrôles aux frontières ».

Toutefois, l'accord de Schengen permet déjà le rétablissement des contrôles aux frontières « en cas de menace grave pour l'ordre public ou la sécurité intérieure », une mesure que l'Italie applique depuis plus d'un an à la frontière avec la Slovénie pour les citoyens venant de pays tiers. Le ministre italien de l'Intérieur, Matteo Piantedosi, a qualifié cette mesure d'« importante, mais préventive ».

L'Italie a donc rétabli les contrôles aux frontières avec l'Espagne par dérogation aux règles de Schengen, étant donné qu'aucun pays ne peut en exclure un autre unilatéralement de l'espace de libre circulation.

Comment s'effectuent les contrôles pour les voyageurs arrivant d'Espagne

Le ministre Piantedosi a précisé qu'il s'agissait du rétablissement des contrôles aux frontières maritimes et aériennes avec l'Espagne pour une durée d'un mois, une mesure « visant notamment à vérifier la régularité des déplacements des citoyens non-européens au sein de l'espace Schengen ».

Dès samedi matin, la police aéroportuaire a procédé à des contrôles aléatoires dans les aéroports de Rome-Fiumicino, Milan-Malpensa et Milan-Linate. Pour les citoyens de l'UE, une simple pièce d'identité suffisait, tandis que les ressortissants de pays tiers devaient présenter, outre une pièce d'identité, un titre de séjour ou un visa en cours de validité.

En revanche, rien ne change pour les citoyens voyageant d'Italie vers l'Espagne, qui restent libres d'entrer dans le pays.

Le différend entre Rome et Madrid implique l'UE

La décision de Rome de rétablir les contrôles a suscité une vive réaction des autorités espagnoles. Le Premier ministre Pedro Sánchez a adressé une lettre au président du Conseil européen, Antonio Costa, et à la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, appelant à une intervention de Bruxelles pour soutenir l'Espagne et harmoniser les stratégies des pays de l'UE face à la crise migratoire.

Parallèlement, la Première ministre italienne Giorgia Meloni et la dirigeante danoise Mette Frederiksen ont adressé une lettre aux autorités européennes, cosignée par 20 autres dirigeants d'États membres, pour demander une réunion consacrée aux mesures urgentes à prendre face à la migration irrégulière.

Samedi après-midi, von der Leyen a indiqué sur les réseaux sociaux s'être entretenue avec Magnus Brunner, commissaire européen aux Affaires intérieures et aux Migrations, et Dubravka Šuica_,_ commissaire européenne chargée de la Méditerranée, au sujet de la crise à Ceuta, précisant que la plupart des migrants entrés irrégulièrement dans l'enclave avaient déjà été rapatriés.

La présidente de la Commission a ajouté qu'aucun des migrants venus du Maroc n'avait atteint l'Espagne continentale ou d'autres pays de l'UE ; elle a réaffirmé la nécessité de renforcer la résilience de l'Europe et s'est dite prête à participer à la visioconférence demandée par les dirigeants européens. Celle-ci sera organisée mardi prochain par le président en exercice du Conseil de l'Union européenne, Micheál Martin, le Premier ministre irlandais.

Dans leur lettre, Meloni et Frederiksen ont appelé à une action commune « pour renforcer les frontières extérieures, lutter contre la migration irrégulière et les passeurs, rendre les retours plus efficaces et éliminer tout facteur susceptible d'encourager de nouvelles entrées illégales ».

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