Nouvelles sanctions de l'Union européenne contre l'Iran

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Par Euronews  avec EFE
Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.
Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell.   -   Tous droits réservés  Geert Vanden Wijngaert/AP

L'Union européenne a sanctionné lundi le ministre iranien de l'Intérieur, Ahmad Vahidi, ainsi que 28 autres personnalités et trois entités qu'elle juge responsables de "graves violations des droits de l'homme" dans le pays, en lien avec les manifestations déclenchées par la mort de la jeune Mahsa Amini.

Les ministres des affaires étrangères de l'UE ont officiellement approuvé les sanctions lors d'une réunion du Conseil qui s'est tenue à Bruxelles. La décision a ensuite été publiée au Journal officiel de l'UE pour permettre leur entrée en vigueur.

Il s'agit de la deuxième liste de sanctions approuvée par l'UE en rapport avec la mort de Mahsa Amini, décédée le 16 septembre dernier en garde à vue, après avoir été arrêtée par la police des mœurs de Téhéran.

Les sanctions comprennent une interdiction d'entrée sur le territoire de l'UE et un gel des avoirs que ces personnes ou entités pourraient avoir dans l'UE.

Dans sa décision d'aujourd'hui, l'UE fait valoir que M. Vahidi, en tant que ministre de l'Intérieur, est également responsable des forces de sécurité iraniennes, qui se sont livrées à "de nombreux cas de violations flagrantes et graves des droits de l'homme".

Ont notamment été évoqués les "tirs aveugles à balles réelles sur des manifestants pacifiques, y compris des enfants" depuis le début des protestations.

L'UE note aussi que les forces de police ont également détenu arbitrairement de nombreux défenseurs des droits de l'homme et journalistes depuis le début des manifestations, et que M. Vahidi "a publiquement préconisé une approche sévère à l'égard des personnes impliquées dans les manifestations".

Figurent également sur la liste plusieurs membres de l'unité de la police des mœurs qui a arrêté Mahsa Amini.

Parmi les entités sanctionnées, figurent Arvan Cloud, une société iranienne de services informatiques qui soutient les efforts du gouvernement pour contrôler l'accès à l'intranet iranien ; et Press TV, qui est chargée d'enregistrer et de diffuser les confessions forcées des détenus.

Parmi ces détenus, figurent des journalistes, des militants politiques et des personnes appartenant aux minorités kurde et arabe. Leurs aveux forcés violent les droits internationalement reconnus à un procès équitable, affirme l'UE.

Selon l’ONG Iran Human Rights, la répression des manifestations a déjà fait au moins 326 victimes. Et une première peine de mort a été prononcé contre un manifestant ce dimanche.