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Journaliste, ce métier qui a coûté la vie à 1668 personnes, selon RSF depuis 2003

"Nous ne pouvons pas respirer. Le journalisme ne peut pas être noyé !", des manifestants lors d'un rassemblement à Ankara en Turquie - le 29.06.2021
"Nous ne pouvons pas respirer. Le journalisme ne peut pas être noyé !", des manifestants lors d'un rassemblement à Ankara en Turquie - le 29.06.2021 Tous droits réservés ADEM ALTAN/AFP
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Par Euronews avec AFP
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Ils s'appelaient Fréderic Leclerc-Imhoff, Shireen Abu Akleh ou encore Charb. Tous sont décédés dans l'exercice de leur métier de journaliste ces 20 dernières années. Ils sont 1668 au total selon Reporters sans frontières.

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1 668 journalistes ont été tués dans le monde depuis 2003, soit 80 par an en moyenne, selon un bilan publié ce vendredi par l'ONG Reporters sans frontières. L'Irak et la Syrie dominent le classement des pays les plus dangereux pour la profession.

Ils s'appelaient Fréderic Leclerc-Imhoff, Shireen Abu Akleh ou encore Charb (Stéphane Charbonnier) et sont tous décédés dans l'exercice de leur métier ces 20 dernières années. 

Derrière les chiffres, il y a les visages, la personnalité, le talent et l'engagement de celles et de ceux qui ont payé de leur vie leur collecte d’information, leur recherche de la vérité et leur passion du journalisme(...). Cette fin d’année 2022 est l’occasion de leur rendre hommage et d’appeler au respect absolu de la sécurité des journalistes partout où ils sont amenés à travailler et à témoigner de la réalité du monde" rappelle Christophe Deloire, secrétaire général de RSF.

"Avec un total de 578 tués en 20 ans", la Syrie et l'Irak, tout deux meurtris par la guerre "rassemblent, à eux seuls, plus d'un tiers des reporters tués", devant le Mexique (125), les Philippines (107), le Pakistan (93), l'Afghanistan (81) et la Somalie (78). A noter que les hommes représentent plus de 95% des décès.

Sur les deux dernières décennies, les années plus "noires" remontent à 2012 et 2013, avec "respectivement 144 et 142 homicides de journalistes, notamment du fait du conflit en Syrie", souligne RSF.

Ces pics meurtriers ont été suivis "d'une accalmie progressive, puis de chiffres historiquement bas à partir de 2019", relève l'organisation de défense de la liberté de la presse.

L'Ukraine, zone à haut risque

Mais le nombre de morts a recommencé à augmenter en 2022, avec 58 journalistes tués dans l'exercice de leur fonction, contre 51 l'année précédente, du fait de la guerre en Ukraine.

Huit journalistes y ont ainsi perdu la vie depuis l'invasion russe de février, s'ajoutant aux 12 journalistes qui y avaient été tués "au cours des 19 années précédentes".

L'Ukraine figure ainsi en deuxième place du classement des pays les plus dangereux en Europe pour les journalistes, derrière la Russie (25 tués en 20 ans).

"Depuis l'arrivée au pouvoir de Vladimir Poutine, les atteintes – y compris mortelles – à la liberté de la presse y ont été systématiques, comme l'a souvent dénoncé RSF, avec notamment la liquidation emblématique d’Anna Politkovskaïa le 7 octobre 2006", insiste l'ONG. 

NATALIA KOLESNIKOVA/AFP
Portrait de la journalise russe Anna PolitkovskaïaNATALIA KOLESNIKOVA/AFP

Plus de journalistes tués en "zones de paix"

Avec huit morts recensés, la France apparaît au quatrième rang européen, derrière la Turquie, "du fait de la tuerie de Charlie Hebdo à Paris en 2015".

A l'échelle mondiale, si la couverture des conflits armés explique de nombreux décès, il y a eu, ces 20 dernières années, "plus de journalistes tués en 'zones de paix' qu'en 'zones de guerre' du fait de leurs enquêtes sur le crime organisé et la corruption".

Concentrant près de la moitié des journalistes tués en 2022, le continent américain (Mexique, Brésil, Colombie, Honduras...) s'avère ainsi "aujourd'hui incontestablement le plus dangereux pour les médias", d'après RSF.

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