L'armée israélienne affirme avoir frappé plusieurs sites dans la banlieue sud de la capitale libanaise qui, selon elle, abritaient des installations souterraines utilisées par le Hezbollah pour la production de drones.
Un site identifié par l'armée israélienne comme servant à la fabrication de drones pour le Hezbollah, dans la banlieue de Beyrouth, a été bombardé jeudi 5 juin au soir. Une attaque qui a eu lieu la veille de la fête musulmane de l'Adha.
Le bombardement n'a fait aucun mort mais plusieurs blessés, selon le ministre de la Santé libanais, Rakan Nasserddine. Une partie de la population avait évacué la zone après un appel de l’armée israélienne.
C'est la première fois en plus d'un mois qu'Israël frappe la périphérie de la capitale libanaise, et la quatrième fois depuis la signature d'un accord de cessez-le-feu avec le Hezbollah sous l'égide des États-Unis en novembre. Les dernières frappes contre la banlieue sud remontaient au 27 avril.
"Il n’y aura pas de calme à Beyrouth ni d’ordre ou de stabilité au Liban sans la sécurité pour l’État d’Israël, les accords doivent être respectés et si vous ne faites pas ce qu’il faut, nous continuerons à agir, et avec une grande force", a déclaré suite à l'attaque le ministre israélien de la Défense, Israël Katz.
Plus tôt, le Premier ministre libanais, Nawaf Salam, a déclaré, lors d'une allocution télévisée, que l'armée régulière libanaise a démantelé "plus de 500 positions militaires et dépôts d'armes" appartenant aux militants du Hezbollah dans le sud du pays.
Une trêve fragile
Depuis le début de la trêve, Israël a continué à mener des frappes régulières dans le sud et l'est du Liban, en violation de l'accord de cessez-le-feu. Les responsables israéliens affirment que ces frappes visent à empêcher le Hezbollah de se regrouper.
L'armée libanaise a condamné les frappes, avertissant que ces attaques affaiblissaient son rôle dans la surveillance du cessez-le-feu. L'accord signé entre le Liban et l'État hébreu prévoyait entre autres qu'en cas de suspicion de violation des modalités de la trêve par le Hezbollah, une plainte soit transmise au comité de surveillance "approuvé par Israël et le Liban" avant de faire l'objet de vérifications.
L'armée libanaise a déclaré qu'elle avait commencé à se coordonner avec le comité chargé d'observer le cessez-le-feu après l'avertissement de l'armée israélienne et qu'elle avait envoyé des patrouilles dans les zones qui devaient être frappées pour les fouiller. Elle a fait savoir qu'Israël avait rejeté cette suggestion ajoutant, pour la première fois depuis la trêve, qu'elle pourrait éventuellement suspendre sa coopération avec le comité de surveillance de celle-ci.