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Saeed Laylaz à Euronews : des choses importantes vont se passer en Iran d'ici un mois ou deux

Conversation exclusive avec Saeed Lilaz
Conversation exclusive avec Saeed Lilaz Tous droits réservés  یورونیوز
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Par euronews en persan
Publié le Mis à jour
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Voilà déjà depuis une semaine, les Iraniens sont dans la rue dans une nouvelle vague de protestations contre le régime des ayatollahs. La conjoncture, tant intérieure qu'internationale, semble être défavorable au pouvoir. Quel avenir pour l'Iran ? Nous avons interrogé l'économiste Saeed Lailaz.

Les récentes manifestations, initialement lancées dans les bazars de Téhéran, se sont rapidement propagées à d'autres villes. Il semble que les manifestants, dans la plupart des villes, appartiennent à des groupes à faibles revenus et scandent des slogans contre le gouvernement pour des raisons économiques.

Le 3 janvier, jour anniversaire de l'assassinat de Qassem Soleimani par les forces américaines en Irak, Ali Khamenei, Guide suprême de la République islamique d'Iran, a réagi à ces manifestations en qualifiant de légitimes les revendications des manifestants, tout en ajoutant : « Un groupe de mercenaires ennemis incités à la violence se cache derrière les bazars et scande des slogans anti-islam, anti-iraniens et anti-République islamique», et d'ajouter : « Parler à un émeutier est inutile. Il faut le remettre à sa place. »

Au moins huit personnes ont été tuées lors des manifestations, selon Mai Sato, rapporteuse spéciale des Nations Unies sur les droits de l'homme. Le président américain Donald Trump a averti vendredi le gouvernement iranien que les États-Unis viendraient en aide aux manifestants si ce dernier tuait des protestataires.

Le lendemain de cet avertissement, les États-Unis ont lancé une offensive militaire contre le Venezuela, et Nicolas Maduro a été arrêté par les forces armées américaines et expulsé du pays. Ali Khamenei avait auparavant qualifié le Venezuela de partenaire le plus important de Téhéran sur la scène internationale lors d'une rencontre avec le président vénézuélien déchu.

Euronews s'est entretenu avec l'économiste Saeed Lilaz sur la vague des manifestations en Iran, ses conséquences, la possibilité d'une nouvelle guerre entre Israël et l'Iran, et enfin l'impact de la chute de Maduro sur le sort de la République islamique d'Iran.

Saeed Lilaz, économiste iranien, journaliste et ancien conseiller du président Mohammad Khatami, pense que quelque chose d'important va se produire dans le climat politique iranien au cours des deux prochains mois.

Monsieur Lailaz, certains affirment que les manifestations actuelles en Iran ne présagent pas d'une situation révolutionnaire, car la classe moyenne n'est pas prête à s'engager dans une telle action. D'autres, en revanche, estiment que le mécontentement économique est tel que les classes populaires pourraient pousser la société vers une situation révolutionnaire, et que la classe moyenne pourrait finir par les rejoindre. Quel est votre avis sur ces manifestations et leur potentiel ?

Le rythme de détérioration de la situation économique et sociale en Iran est à la fois rapide et croissant. Cette détérioration s'accentue également. La situation se dégrade tant sur le plan mental que matériel. Et il semble que le contrôle du gouvernement et du régime sur la situation s'affaiblisse de jour en jour.

Je ne crois toujours pas que la situation actuelle mènera à un renversement du gouvernement. Je pense que la République islamique est un système qui, à l'heure actuelle, n'a pas d'alternative même s'il est dans une impasse. Compte tenu de ces deux points (l'impasse du système et l'absence d'alternative), j'ai envisagé, il y a huit ans, que nous serions confrontés à un phénomène appelé bonapartisme.

Le bonapartisme se manifeste par le slogan « Reza Shah, que ton âme repose en paix », mais ce slogan ne signifie pas nécessairement que le peuple aspire au règne du petit-fils de Reza Shah (l'empereur de Perse (Iran) de 1925 à 1941 et le fondateur de la dynastie Pahlavi - NDLR).

Aujourd'hui, le peuple est plus soucieux d'efficacité que de renversement, car les pressions culturelles et sociales exercées sur lui ont diminué ces deux dernières années, quels que soient les prétextes et les motivations. Quoi qu'il en soit, ces protestations sont le fruit de l'inefficacité et de l'incapacité flagrantes de Masoud Pezeshkian et du reste du gouvernement à maîtriser la situation.

Il est significatif que les protestations prennent naissance sur les marchés. Certains commerçants, profitant de la hausse des prix, en ont tiré profit jusqu'à présent. Ce qui les perturbe, c'est l'instabilité des prix qui les empêche de décider d'acheter ou de vendre aujourd'hui, ou d'ouvrir ou de fermer leur magasin.

Nous n'avons jamais connu une telle situation, avec des prix alimentaires augmentant en moyenne de 6 à 7 % par mois. Une telle situation est désormais inédite en Iran depuis la Seconde Guerre mondiale. Nous pourrions même dépasser le record d'inflation de 1401 (année en calendrier persan, 21 mars 2022 – 20 mars 2023 pour le monde occidental, NDLR) d'ici la fin de l'année.

Mais la particularité de cette inflation est que celle des produits alimentaires est deux fois plus importante que celle des autres biens de consommation ; elle perturbe donc à la fois les commerçants, la classe moyenne et les hommes d'affaires, et fait naître le risque de soulèvements sociaux de grande ampleur parmi les classes populaires.

Nous avons enregistré une hausse de 31 % du taux d'inflation au cours des douze derniers mois. Ce taux a également augmenté, passant de 31 % à 52 % aujourd'hui. D'ici la fin du mois, il pourrait atteindre 55 %. C'est un chiffre très élevé.

Si le gouvernement parvient à maîtriser la situation en stabilisant les prix, en empêchant leur flambée et en évitant les fluctuations horaires ou quotidiennes, je pense qu'il pourra contrôler la situation. Dans le cas contraire, les troubles – qui ne prendront pas la forme d'un coup d'État – persisteront jusqu'à ce qu'une transformation politique intervienne dans le pays d'ici un ou deux mois.

À votre avis, quelle pourrait être cette transformation politique ? L'ascension à la Bonaparte ?

Comme nous n'avons actuellement aucune opposition capable de prendre le contrôle de la situation, et que la structure de la République islamique, notamment en matière de sécurité, est toujours en place, j'imagine qu'un Bonaparte émergera de l'intérieur du gouvernement.

Ce que vous dites ne laisse-t-il pas entendre qu'un coup d'État est possible ?

Après tout, un coup d'État s'oppose généralement à l'ordre établi.

Un coup d'État est une action militaire contre le chef du pouvoir.

Le chef du pouvoir pourrait être disposé à accepter l'arrivée au pouvoir de ce "Bonaparte".... Ce changement pourrait se faire par consensus. Le problème avec votre point de vue, à mon avis, est que vous l'envisagez de manière isolée... Ce "Bonaparte" doit avoir l'approbation totale des dirigeants. Autrement dit, c'est le pouvoir lui-même qui décide de confier le pouvoir à Bonaparte. Que le dirigeant prenne une telle décision, démissionne ou décède, le résultat est le même. Selon moi, la plupart des pays du Moyen-Orient et d'Asie sont dirigés par des Bonaparte. Un Bonaparte est arrivé au pouvoir en Arabie saoudite, en Russie, à Taïwan, en Indonésie et dans de nombreux autres pays d'Asie.

Aujourd'hui, Khamenei s'oppose à tout changement de politique étrangère. Comment pourrait-il alors dire : « Monsieur Untel, jouez le rôle de Bonaparte, je vous soutiendrai » ?

Je ne partage peut-être pas votre avis sur ce point ; car la République islamique, non seulement maintenant, mais depuis l'accord de Vienne, n'a pas hésité à faire des concessions, mais l'Occident se refuse à tout compromis.

J'ai appris que des responsables politiques iraniens sont prêts à dialoguer avec l'autre partie et proposent même d'accepter un enrichissement d'uranium de notre part, à titre symbolique, afin de nous prémunir contre un effondrement interne.

Le changement de politique de l'Iran envers ses voisins est désormais bien réel. La différence entre nos points de vue tient peut-être au fait que vous vous concentrez sur les slogans, tandis que je m'intéresse aux actes.

Après tout, les mollahs dupent généralement les intellectuels, Monsieur Leilaz ! Monsieur Abbas Abdi disait avant les élections de 1403 (en mars et en mai 2024 - NDLR) que le simple fait que Pezeshkian ait été autorisé à se présenter signifiait que le Guide suprême voulait changer l’orientation du régime — or cela ne s’est pas produit.

Je suis entièrement d'accord avec Monsieur Abdi. Ils ont radicalement changé de cap. Le problème, c'est que les États-Unis ne sont pas prêts à faire de compromis avec l'Iran.

Mais si, lors des réunions cette année, la République islamique avait accepté d'arrêter complètement l'enrichissement d'uranium, elle n'aurait pas subi d'attaque militaire.

C'est une exigence que la République islamique n'acceptera jamais. Un "Bonaparte" ne l'aurait pas acceptée non plus. Comme la plupart des intellectuels iraniens, vous exagérez l'impact de la politique étrangère sur la situation intérieure de l'Iran.

Il est loin d'être vrai que la principale cause de nos problèmes internes soit notre politique étrangère. L'année dernière, nos recettes pétrolières s'élevaient à 62 milliards de dollars. Lors de la meilleure année de mise en œuvre de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPOA), elles atteignaient 65 milliards de dollars. La baisse actuelle de nos recettes pétrolières s'explique par la chute de 20 % du prix mondial du pétrole brut.

Notre problème fondamental n'est pas lié aux sanctions, mais à l'élaboration des politiques. Preuve en est : notre croissance économique, qui s'élevait à 15 % en 2016, première année de mise en œuvre de l'accord de Vienne sur le nucléaire iranien (JCPOA), a chuté à 4 % la deuxième année.

Si nous avions passé les dix dernières années sans sanctions, la situation économique de l'Iran ne serait-elle pas bien meilleure aujourd'hui ?

Cela signifierait revenir à une politique de vente de pétrole et d'importations. Non, cette politique n'aurait absolument rien amélioré. L'Algérie et l'Égypte en sont la preuve. La croissance économique de l'Arabie saoudite et de l'Iran, identique ces quinze dernières années, en est également la preuve. Le pétrole ne détermine plus la situation de l'Iran. Son rôle dans l'économie iranienne est devenu, dans une large mesure, comparable à celui qu'il avait dans l'économie indonésienne. En Indonésie, la forte croissance démographique et la distribution de pétrole étant limitées, le pétrole a perdu de son importance.

Dans ce contexte, quel problème votre "Bonaparte" compte-t-il résoudre avec l'Amérique ?

Il va réformer la politique du pays. Je vous assure que 40 à 50 milliards de dollars sont volés chaque année à l'économie iranienne, et vous, vous vous obstinez encore à imposer des sanctions. "Bonaparte" arrive pour remettre l'économie sur les rails. L'économie iranienne est actuellement en piteux état. Nous perdons par le vol et les fuites quelques 50 milliards de dollars de l'économie iranienne chaque année.

N'est-ce pas le résultat de la gestion d'ayatollah Khamenei ? "Bonaparte" devrait venir réformer les politiques des dirigeants du régime.

C'est certain. Mais encore une fois, je vous dirai que l'ingérence dans les prix, qui a commencé dans l'économie iranienne à la fin des années 1960 en raison de l'augmentation des revenus pétroliers, est peut-être le principal facteur de la misère de l'Iran.

Actuellement, nous distribuons l'équivalent de huit millions et demi de barils de pétrole brut à la population chaque jour, quasiment gratuitement. De même, lorsque nous vendons du gaz aux foyers, nous offrons chaque dollar pour mille tomans. Autrement dit, nous fournissons du gaz aux foyers à un pour cent du prix de vente sur les marchés mondiaux.

Si nous pouvions économiser 20 % de cette somme, nous pourrions fournir du gaz à l'Irak, au Pakistan, à la Turquie et à tous les pays voisins. Le gazoduc existe également.

Les déséquilibres et l'ingérence de l'État dans l'économie ont ruiné l'économie iranienne. Depuis le début de l'année, le gouvernement a dépensé 12 milliards de dollars pour l'importation de médicaments et de produits alimentaires, mais environ 8 milliards de cette somme ont été détournés. C'est ce qu'a déclaré Pezeshkian hier. Lorsqu'il est devenu président, il était au courant de cette situation, mais n'a pas eu le courage d'y remédier.

Aujourd'hui, le gouvernement n'a plus les moyens de payer ; il mettra donc un terme à ces détournements. Notre principal problème réside donc dans l'élaboration des politiques.

Selon votre analyse, il s'agit en fin de compte d'une sorte de défense de M. Khamenei. Vous dites que la politique étrangère de la République islamique n'est pas l'un des principaux problèmes de l'Iran. Mais le « bon sens » n'approuve pas ce que vous dites.

La tâche de l'expert est d'aller au-delà du bon sens.

Aujourd'hui, les relations entre l'Iran et l'Occident sont en plein désarroi. La réforme de cette relation serait-elle dans l'intérêt de l'économie iranienne ou non ?

Il doit en être ainsi.

Mais ce que vous dites, c'est que la corruption financière du fils du responsable de la sécurité est plus importante que l'état des relations entre l'Iran et l'Occident.

Oui, c'est mille fois plus important. L'économie iranienne est pourrie et en ruine.

Si la politique intérieure était la bonne et que la presse pouvait examiner le fonctionnement du gouvernement à la loupe, le fils de Phelan Sir, qui ne pourrait pas sombrer dans une telle corruption et rester assis à sa place. La presse a été mise au pilori en 1999 à la demande du dirigeant de la République islamique, et la politique étrangère l'est devenue, et le pays est en proie à la corruption des Aghazads.

À mon avis, vous confondez le problème dans la discussion. Parce que vous êtes passé de la politique étrangère à la politique intérieure maintenant !

Mais vous avez dit à deux reprises que le problème n'était pas « l'individu ». Mais un rapide examen de la politique intérieure et étrangère de l'Iran montre que le principal problème du pays réside d'ailleurs dans la politique du leader du système.

Oui, il est clair que la situation actuelle est liée à la politique des dirigeants. Je n'en doute pas. Mais si vous dites que le principal problème est la liberté et la démocratie, je vous dirais que si l'Arabie saoudite et le Koweït jouissent de la liberté et de la démocratie, notre problème n'est pas la démocratie. Nulle part dans le monde, la croissance économique n'a rien à voir avec la démocratie. La croissance économique de l'Iran sous le gouvernement de M. Raisi était légèrement supérieure à 4 %, mais elle est nulle depuis l'année dernière. Cela n'a rien à voir avec les relations avec l'Amérique. Vous devez examiner les problèmes de manière experte. L'économie est un domaine de chiffres et de chiffres.

Le principal problème de l'Iran est politique et non économique. Vous analysez maintenant que l'occidentalisation de la politique étrangère et l'absence de démocratie en politique intérieure ne sont pas si importantes ; il est plutôt important de trouver quelqu'un et d'arrêter ces voleurs. Mais comment une telle personne va-t-elle s'y prendre, en l'absence de démocratie ?

La question des voleurs mise de côté. Le principal problème est l'ingérence du gouvernement dans l'économie, que j'ai expliquée à propos de son rôle destructeur.

Par gouvernement, entendez-vous le pouvoir exécutif ?

Le pouvoir exécutif, le parlement, le pouvoir judiciaire avec ses usurpations et ses menaces constantes. Ou des dispositifs de sécurité et de surveillance. Quelles que soient les personnes touchées par l'économie iranienne, l'appareil de régulation s'en mêle. Et j'aurais aimé qu'ils mettent fin à la corruption grâce à ces mesures. Alors que la situation ne cesse de s'aggraver avec la nuisance de l'appareil de surveillance.

Cela ne signifie-t-il pas que certaines personnes corrompues, que personne ne peut critiquer, sont devenues les travailleurs de l'État et que le travail du pays en est arrivé là ?

Des critiques que tout le monde peut formuler. M. Pejekian s'est mis au travail pour critiquer le groupe, mais il a lui-même été capturé par eux.

Les médecins siègent à la tête du pouvoir exécutif avec l'autorisation du dirigeant. Ce que je voulais dire, c'est que maintenant, par exemple, si le journal East Side rend compte en détail de la corruption des pasdaran, il est immédiatement saisi.

Oui, mais le vrai problème de notre économie n'est pas la corruption des institutions publiques.

Le vrai problème est que si le système politique iranien était démocratique, lorsqu'une population massive s'oppose à certaines politiques, cette manifestation serait organisée plutôt que la population soit violemment réprimée.

Que signifie l'ordre des effets ?

Cela signifie que les politiques auxquelles la population proteste sont en train de changer et que si cela ne change pas, la population peut évincer le directeur des opérations du statu quo lors des prochaines élections. Mais en Iran, le principal facteur du statu quo ne peut être écarté par un vote.

Vous participez constamment au débat sur la démocratie ! Mais je ne crois pas qu'il y ait de démocratie nulle part. La démocratie n'a aucun sens. Même si vous ne pouvez pas renverser le système politique américain, vous ne pouvez pas non plus renverser le système politique iranien.

Il est étrange que vous trouviez que la Suède démocratique et la Chine sont finalement similaires sur le plan politique, mais revenons au sujet principal de l'entretien. Il y a une vague de troubles dans le pays. Pensez-vous que les troubles actuels vont se poursuivre ou ne seront-ils que de courte durée ?

Le mécontentement et les troubles persisteront certainement sous de nombreuses formes, mais compte tenu des perspectives que j'ai aujourd'hui, je ne peux pas dire que ces troubles deviendront structurellement fragiles.

Nous en sommes à la septième journée de manifestations. Pensez-vous que ces manifestations pourraient atteindre leur 70e jour ?

Non, mais cela peut durer un mois, parce que les gens sont tellement blessés et bouleversés par cette inefficacité. Je pense que nous avions des solutions. Par exemple, la même mesure prise hier par M. Medekian, à savoir l'élimination de la subvention de 28 000 dollars américains, aurait pu être prise seize mois plus tôt et aurait permis d'économiser au moins 15 milliards de dollars. Le problème avec les gouvernements iraniens, c'est qu'ils sont incapables de devancer les événements. La boiterie fait suite aux événements. C'est un signe de l'inefficacité du système.

Que pensez-vous de l'avertissement lancé hier par Trump à la République islamique, selon lequel si vous tuez des manifestants, nous engagerons une action militaire contre vous ?

À mon avis, les intérêts de l'Occident et d'Israël résident dans l'escalade des troubles en Iran. D'une manière générale, un Iran faible et violent dans la région du Moyen-Orient est l'Iran préféré des États-Unis. Mais l'éventail de politiques mises en œuvre par le gouvernement au cours de la dernière année et demie, ainsi que des facteurs externes, ont contribué à la détérioration de l'économie iranienne.

Compte tenu de l'avertissement de Trump et du fait que vous avez déclaré que les manifestations pourraient durer jusqu'à un mois, pensez-vous que la guerre est susceptible d'éclater ?

Je considère certainement que la probabilité d'une guerre est élevée. Que ce soit avec ou sans manifestations. Tant que la question de l'enrichissement et de ces 400 kilos d'uranium n'est pas abordée, il y a toujours un risque que l'Iran soit à nouveau envahi.

L'idée d'une attaque préventive iranienne est également apparemment sur la table. Peut-être parce que la guerre peut empêcher les manifestations de se poursuivre, sinon le régime supprimera inévitablement la population protestante, alors qu'il avait précédemment affirmé que la guerre de 12 jours avait suscité l'unité nationale dans le pays.

Une ou deux personnes peuvent avoir cette opinion, mais l'accusateur de la République islamique ne prendra pas une telle décision ; tout d'abord, c'est un jeu très dangereux qui met directement en danger la vie des dirigeants iraniens, deuxièmement, la réaction de la population pourrait être différente cette fois-ci par rapport à la précédente. D'après l'analyse elle-même, déclencher une guerre jusqu'à la fin des manifestations, repose sur le fait que les manifestants ne rentreront plus chez eux, alors que je pense que la situation n'est pas encore incontrôlable et que le gouvernement peut calmer la situation en imposant des politiques.

Récemment, il a été rapporté qu'après l'attaque israélienne contre le Qatar, Ali Larijani avait préconisé une attaque préventive contre Israël, mais des médecins s'y sont opposés et il y a eu un différend entre les deux au sein du Conseil suprême de sécurité nationale.

Je n'ai absolument rien entendu de tel. M. MEDICIAN A LE DESSUS LORSQU'IL S'AGIT DE PRENDRE LA DÉCISION FINALE DANS CES DOMAINES. C'est ce qui s'est passé jusqu'à présent, et il a carte blanche. D'ailleurs, je ne pense pas que M. Ali Larijani ait des idées radicales à cet égard. Nous considérons que M. Larijani est une personne plus pragmatique que M. Medekian.

Entrer en guerre ou s'abstenir de faire la guerre, est-ce que les médecins ont carte blanche maintenant ?

OUI, PLEINE AUTORITÉ, MONSIEUR LES MÉDECINS.

Compte tenu de votre description du fonctionnement du gouvernement Medicare, est-il possible de dire que le gouvernement Medicare a échoué et qu'il vaut mieux se retirer ?

Non, je n'ai pas encore porté un tel jugement à propos de M. Medicean, car au cours des dix-sept derniers mois, la profondeur et la gravité des crises auxquelles les médecins ont été confrontés ont été différentes de celles des gouvernements qui l'ont précédé. M. Khatami, qui a eu le meilleur gouvernement depuis la révolution, a commencé à tirer des conclusions à la fin de la deuxième année de son gouvernement. JE CONTINUE DONC DE PENSER QUE NOUS DEVRIONS DONNER UNE CHANCE À M. MEDICAID, MAIS JUSQU'À PRÉSENT, M. MEDICIAN N'A PAS FAIT PREUVE D'UNE VOLONTÉ COHÉRENTE DE VOULOIR OPÉRER UNE TRANSFORMATION.

Pensez-vous que l'avertissement lancé hier par Trump à la République islamique incitera les manifestants à être plus actifs ?

Non, même au détriment des manifestants.

Pourquoi ?

Parce que le type d'implication des États-Unis dans les affaires iraniennes s'est toujours fait au détriment de la population et au profit de la tyrannie. Il se trouve que l'avertissement de Trump pousse les gens à rentrer chez eux.

Parce que le gouvernement va réprimer de manière plus agressive les manifestants après l'avertissement de Trump ?

Les deux gouvernements se montrent plus sévères et eux-mêmes hésitent à poursuivre ces manifestations.

Pensez-vous qu'il est probable que cette fois, après le début de la guerre, les habitants des petites villes, qui ne sont pas bombardées, se soulèveront contre la République islamique ?

Oui, c'est probable. La raison pour laquelle les comtés sont plus actifs aujourd'hui que la capitale lors des manifestations de ces dernières années est l'intensité de la pression économique sur les habitants des petites villes les plus pauvres. Et cela montre que les gouvernements iraniens ne comprennent pas ce qu'ils font.

Pendant la guerre de 12 jours, Reza Pahlavi a été ridiculisé pour avoir appelé les gens à manifester, mais comment peuvent-ils protester contre les bombardements ? Mais vous avez dit que cette fois, des habitants de villes qui ne sont pas bombardées pourraient venir protester. Etes-vous sérieux quant à cette possibilité ?

Oui, l'État islamique n'a pas répondu de manière appropriée à la déclaration de loyauté du peuple pendant la guerre des 12 jours. Après la guerre, il est revenu aux paramètres d'usine. Aucun changement n'a été apporté ni dans la gouvernance ni même dans la bureaucratie. Cela signifie que maintenant, si vous vous adressez au gouvernement pour obtenir une licence, pour faire quelque chose avec votre propre argent, il n'y a aucun moyen d'obtenir des têtes d'aiguille et plus d'installations. Par exemple, la banque centrale ne modifie en aucun cas ses réglementations.

Enfin, notre système est paralysé et il ne peut pas prendre de décision significative pour changer le statu quo.

Oui, le système est paralysé et est dans l'impasse. Il est donc incapable de prendre une décision rationnelle pour résoudre le problème de manière décisive. Cela ne résout plus aucun problème.

Partout où il le touche, de nombreux bénéficiaires du statu quo deviennent des plaignants.

Oui, exactement. La cause de la paralysie des régimes est due à l'ensemble des personnes au sein du gouvernement, leur aptitude à éroder l'efficacité du gouvernement. Comme le regretté Safavid, Qajar et Pahlavi. C'est comme si c'était de la vieillesse. À un âge avancé, la structure de mon corps indique que je vais mourir, mais je ne me contente pas de me raser.

De ce point de vue, considérez-vous que la vie de la République islamique touche à sa fin ?

Oui, cette forme de gouvernement. Ce mode de gouvernance est dans une impasse, mais comme il n'a pas d'alternative, il met fin à un phénomène et modifie la nature du système politique.

C'est-à-dire, dites-vous, que Bonaparte emmène le système au bastion.

Oui

Pensez-vous que s'il y a une nouvelle guerre, cette fois, cela entraînera la chute de la République islamique ?

Non Je ne connais pas la chute de la République islamique si tôt et pour ces muftis. La guerre entraîne des changements internes mais n'entraîne pas la chute du système.

Si M. Khamenei est tué lors de la prochaine guerre, le système sera-t-il maintenu ?

Oui La réputation de M. Khamenei n'est en aucun cas plus importante que celle de M. Khomeini en 1988.

Et selon vous, l'éventuelle destitution de M. Khamenei pendant la guerre contribuerait-elle à la montée en puissance de Bonaparte ?

Ce Bonaparte viendra de toute façon. Avec ou sans guerre, avec ou sans la destitution des dirigeants. J'espère que M. Khamenei ne sera jamais destitué de cette manière.

Qui pourrait être Bonaparte selon vous ?

Je n'ai aucune idée de son utilité. Les candidats sont nombreux. Engels avait l'habitude de dire que lorsque la roue de l'histoire démarrerait, il trouverait son homme ; ne vous inquiétez pas.

Le carpetbagger pourrait-il devenir Bonaparte ?

Oui, c'est possible.

Que pensez-vous de la chute de Maduro et de son impact possible sur la situation en République islamique ?

J'ai l'impression que Trump et Maduro sortaient déjà ensemble. Mais la chute du gouvernement de Maduro n'aura pas d'impact dramatique sur la République islamique. Cela n'améliorera ni ne nuira à notre situation. Les ressources pétrolières de l'Iran pourraient devenir plus importantes pour la Chine et l'Inde.

La chute de Maduro n'aurait-elle pas un impact psychologique sur la délégation au pouvoir en Iran ?

Cela peut susciter des espoirs pour certains groupes en Iran, mais ces groupes ne semblent pas avoir d'importance à mes yeux. Je ne sais pas grand-chose du nombre de personnes qui, avec la chute de Maduro, ont de plus en plus d'espoir de voir la République islamique renversée.

Sources additionnelles • adaptation : Serge Duchêne

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