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Rapatriement des Français du Golfe : 5 000 retours ce week-end, mais le défi reste immense

Des familles de retour de Dubaï à l'aéroport de Roissy, à Paris le 5 mars
Des familles de retour de Dubaï à l'aéroport de Roissy, à Paris le 5 mars Tous droits réservés  AP Photo
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Par Jean-Philippe Liabot
Publié le Mis à jour
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Face à l'instabilité aérienne au Moyen-Orient, le pont aérien entre les Émirats et la France s'intensifie. Si 5 000 Français ont regagné l'Hexagone ce week-end, l'attente reste forte pour les milliers de ressortissants encore sur place.

C’est le soulagement que l’on pouvait lire sur tous les visages à l’aéroport parisien de Roissy Charles de Gaulle ce weekend.

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Après des jours d’incertitude aux Émirats Arabes Unis, et dans d'autres pays du Golfe touchés par le conflit en Iran, les premières retrouvailles avec leurs proches, de français pris au piège par le déclenchement de la guerre, ont enfin eu lieu.

Des embrassades des larmes de joie, qui viennent effacer le stress de l'attente interminable. Mais cet épisode laissera des traces.

Adrien qui était parti en vacances à Abou Dhabi, raconte le cauchemar de sa deuxième semaine. "

"La première semaine était assez tranquille. Puis le début de la deuxième a commencé avec les bombardements et là, on a reçu différentes alertes sur les téléphones, du coup, ça a commencé à être compliqué psychologiquement, de se faire réveiller en pleine nuit par des alertes. En plus, le bruit était assez stressant." décrit-il.

Puis il évoque le voyage en lui même pour s'extraire de la crise.

"Ça a été très long. À peu près 12 heures de bus, facilement. D'abord, on passe une première douane aux Émirats arabes. Ensuite, on repasse de nouveau une sécurité à Oman. Là, ça a dû durer à peu près 3-4 heures, et après, on a eu cinq heures de bus ensuite pour arriver jusqu'à l'aéroport. Et à l'aéroport, là aussi il y a eu énormément d'attente. Il y a eu des problèmes au niveau du check-in. Mais bon, le plus important, c'est qu'on soit là." déclare-t-il.

Une personne de retour en France depuis Dubaï
Une personne de retour en France depuis Dubaï AP Photo

Même situation pour Patrick qui voyageait avec sa famille et qui a traversé de nombreuses péripéties.

"La veille de notre départ, à 15 heures, nous avons entendu des explosions dans le ciel. Nous avions déjà nos cartes d’embarquement pour partir le lendemain matin, mais nous n’avons pas pu y aller. Ensuite, nos vols ont été annulés quatre fois. J’ai acheté de nouveaux billets d’avion avec Emirates, parce qu’on nous a dit que c’était la compagnie locale et que les avions étaient déjà sur place, donc ce serait plus facile pour nous de partir. Puis nous sommes allés à un aéroport où nous avions un vol confirmé à 2 heures du matin. Mais quand nous sommes arrivés, nous n’étions plus sur le vol. Beaucoup de stress, surtout à cause du petit." explique-t-il.

La situation très complexe pour les services de l'État chargés des rapatriements

Pour orchestrer ces rapatriements dans un contexte aussi instable (fermetures d'espaces aériens, alertes missiles et déroutements), l'État français a activé un dispositif de crise multidimensionnel. Tout d'abord un Centre de Crise et de Soutien situé à Paris, qui centralise toutes les demandes, puis les antennes consulaires aux Émirats arabe unis, qui ont pour l'occasion été transformés en centres d'accueil 24h/24.

Concernant les vols eux-memes, le gouvernement français réquisitionne ou garantit des vols charters via Air France pour transporter de gros volumes de passagers vers Roissy-CDG. Des vols sont aussi effectués depuis la Base émiratie d'Al Dhafra. Les avions de l'Armée de l'Air sont utilisés pour les ressortissants les plus vulnérables ou pour des extractions vers des zones sécurisées comme Mascate (Oman) ou Djibouti, avant un transfert vers la métropole.

Les personnes évacuées doivent acquitter un prix pour le vol, qui varie selon les situations.

Selon Éléonore Caroit, ministre déléguée chargée de la Francophonie, "Il y a une contribution qui n'est pas la même en fonction de si c'est un vol militaire, un vol commercial, un vol où nous affrétons des blocs de places, un vol que nous affrétons complètement, le lieu de départ, parce qu'il y a des contraintes, il y a le prix des assurances, il y a nos négociations aussi avec les compagnies aériennes. " explique-t-elle.

"En tout cas, ce sont des vols qui ont un coût bien inférieur au coût des vols commerciaux qui, par ailleurs, continuent de partir, notamment grâce à cet effort diplomatique qui nous a permis de remettre en place des vols depuis Dubaï et, il y a deux jours, des vols depuis Abou Dhabi." ajoute la ministre.

Un Boeing 777 d'air France (illustration)
Un Boeing 777 d'air France (illustration) AP Photo

Toujours selon la ministre, les opérations sont complexifiées par le fait que "l'on parle de 15 pays qui sont directement affectés par la situation provoquée par la guerre en Iran, par la situation de conflit régional, mais ça a des répercussions partout dans le monde. Au centre de crise, nous recevons des appels de personnes qui sont à Bangkok, qui sont en Inde, qui sont partout dans le monde. C'était une période de vacances scolaires et ça fait que de nombreux concitoyens étaient un peu partout à travers la planète et avec des vols qui passaient par les pays du Golfe, qui sont un véritable hub aérien."

Prendre son mal en patience

Si environ 5 000 personnes ont déjà pu être rapatriées, on estime qu’autant de Français attendent encore désespérément un vol sur les listes prioritaires.

Au total, ce sont près de 400 000 de nos compatriotes qui résident ou séjournent actuellement dans les pays du Golfe, dont plus de 45 000 rien qu'aux Émirats.

Face à l'instabilité de la situation géopolitique, le gouvernement a déjà averti que chaque retour est une victoire logistique, mais qu'il faudra de la patience, car le pont aérien devra tenir sur la durée.

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