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Un journaliste français arrêté en Turquie en marge d'un rassemblement pro-kurde

Des membres des médias suivent la manifestation devant le palais de justice où se déroule le procès des employés du journal Cumhuriyet accusés d'avoir aidé des organisations terroristes / 31 octobre 2017.
Des membres des médias suivent la manifestation devant le palais de justice où se déroule le procès des employés du journal Cumhuriyet accusés d'avoir aidé des organisations terroristes / 31 octobre 2017. Tous droits réservés  Copyright 2017 The Associated Press. All rights reserved.
Tous droits réservés Copyright 2017 The Associated Press. All rights reserved.
Par Sait Burak Utucu
Publié le
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Les avocats de l'association Media and Law Studies Association (MLSA), qui suit la procédure, ont tenu une réunion avec le consulat général de France à Istanbul. MLSA a déclaré qu'il était possible que le journaliste soit expulsé. La France a dit espérer sa libération "le plus rapidement possible".

Le journaliste français Raphaël Boukandoura, qui travaille comme reporter pour plusieurs médias français en Turquie, a été arrêté dimanche 19 janvier à Istanbul alors qu'il couvrait une conférence de presse organisée par le Parti de l'égalité et de la démocratie des peuples (Parti DEM) contre l'opération menée par l'administration de Damas dans le nord de la Syrie.

Boukandoura a déclaré qu'il était présent sur les lieux dans le cadre de son activité journalistique et qu'il était dans la zone pour suivre la manifestation pour Libération.

Boukandoura, qui travaille comme journaliste en Turquie depuis une dizaine d'années, a nié avoir proféré quelconque slogan, affirmant qu'il n'était là qu'à des fins journalistiques.

"Il est inacceptable que le journaliste Raphaël Boukandoura, qui a été arrêté alors qu'il couvrait la manifestation à Sarıgazi, Istanbul, risque d'être expulsé", a déclaré Erol Önderoğlu, représentant de Reporters sans frontières (RSF) en Turquie, à Euronews.

Précisant que le journaliste français avait une accréditation pour travailler en Turquie, Erol Önderoğlu a déclaré : "Boukandoura n'est pas un manifestant et ne peut pas être traité comme un criminel. Cette grave injustice doit être annulée".

Un responsable de la MLSA a déclaré à Euronews Turquie que "le consulat n'a reçu que des informations sur la dernière situation et n'a rien dit à ce sujet".

Boukandoura devrait être transféré à l'autorité provinciale chargée des migrations mardi. Le MLSA a déclaré qu'il était possible que le journaliste soit expulsé.

« Raphaël Boukandoura ne faisait qu’exercer son métier de journaliste en couvrant cette manifestation. (...) Courrier international s’associe à Ouest-France pour appeler les autorités turques à faire cesser cette garde à vue. La liberté de la presse est un principe sur lequel on ne peut transiger », indique l’hebdomadaire du groupe Le Monde pour lequel Raphaël Boukandoura est le correspondant depuis neuf ans. Il est aussi celui du quotidien régional.

La France a dit espérer sa libération "le plus rapidement possible". Le ministère des Affaires étrangères français a précisé mardi à l'AFP avoir été informé de cette arrestation lundi soir. "Notre ambassade en Turquie, avec le consulat général à Istanbul, suit la situation de près et se tient prêt à exercer la protection consulaire", a précisé le Quai d'Orsay, espérant que le journaliste "pourra recouvrer la liberté le plus rapidement possible".

La crise entre les FDS et l'administration de Damas

Au début de la nouvelle année, les tensions entre l'actuelle administration de Damas et les Forces démocratiques syriennes (FDS) dans le nord de la Syrie semblaient s'être apaisées après les affrontements qui ont éclaté à Alep, le chef des FDS, Mazloum Abdi, ayant annoncé le retrait de ses troupes à l'est de l'Euphrate et Ahmed al-Charaa, l'actuel homme fort de Damas, ayant publié un décret présidentiel renforçant les droits des Kurdes dans le pays.

Cependant, l'armée syrienne a poursuivi son avancée vers la province de Raqqa, capturant Tabqa lors d'une opération nocturne. Au moment de l'annonce, les troupes syriennes avaient atteint la majeure partie de la ville de Raqqa.

Les tribus arabes armées de Raqqa et de Deir ez-Zor, qui ne soutiennent pas les FDS, ont également soutenu le gouvernement de Damas. Dans la soirée, les FDS avaient perdu le contrôle d'une grande partie de leur territoire et de leurs infrastructures, notamment des barrages et des champs de pétrole et de gaz.

Un correspondant de l'Associated Press dans la région a rapporté que d'importants convois militaires étaient entrés dans la ville de Raqqa et avaient été accueillis par les habitants. Les FDS ont été vues en train de battre en retraite.

Les FDS ont capturé Tabqa en 2017 dans le cadre d'une campagne militaire visant à détruire le soi-disant califat de l'État islamique d'Irak et du Levant (ISIL), qui s'était étendu sur de vastes étendues de la Syrie et de l'Irak. Daech avait déclaré Raqqa comme sa capitale à l'apogée de son contrôle.

Le dimanche 18 janvier, le gouvernement syrien a annoncé un cessez-le-feu avec les FDS. Le gouvernement a ainsi pris le contrôle presque total du pays, tout en liquidant les forces dirigées par les Kurdes qui ont gouverné le nord-est pendant plus de 10 ans.

Cette annonce intervient après que Damas a lancé une offensive majeure vers l'est au début du mois. Les FDS semblent s'être largement retirées après les premiers affrontements sur la ligne de tension à l'est d'Alep.

Accord du 10 mars

L'accord du 10 mars signé le 10 mars 2025 entre les administrations régionales du nord-est de la Syrie (notamment les Forces démocratiques syriennes / FDS) et le gouvernement central de Damas coïncide avec une période critique en termes d'équilibres régionaux et internationaux.

La pression exercée par la Turquie sur le nord de la Syrie, les signaux indiquant que les États-Unis pourraient réduire leur présence dans la région et l'influence de la Russie et de l'Iran sur Damas sont autant de facteurs qui poussent les FDS à se rapprocher de Damas.

L'administration de Damas, quant à elle, présente ce processus comme faisant partie de son objectif de "restauration de la souveraineté" du pays.

Suite aux affrontements à Alep, le gouvernement syrien a promulgué un nouveau décret contenant des règles importantes pour les Kurdes.

Publié le 16 janvier, ce décret stipule que les Kurdes sont un élément intégral et constitutif de la société syrienne. Le décret accorde au kurde le statut de langue nationale et ouvre la voie à son utilisation dans le système éducatif.

Avec le nouveau décret, Norouz a été déclaré jour férié officiel et les Kurdes, qui avaient été privés du statut de citoyen pendant longtemps, se sont vu accorder des droits de citoyenneté. Les droits politiques et culturels des Kurdes sont ainsi reconnus dans le cadre le plus large depuis l'indépendance de la Syrie en 1946.

Annonçant le décret à la télévision, al-Charaa a appelé le peuple kurde à jouer un rôle actif dans la construction de l'avenir du pays et a souligné que l'État garantirait ses droits.

Salih Muslim, ancien co-président et membre du conseil présidentiel du Parti de l'union démocratique (PYD) dans le nord-est de la Syrie, a déclaré à l'AFP que le décret était "une tentative de retarder et de diviser les droits du peuple kurde".

Sources additionnelles • adaptation : Serge Duchêne

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