Condamnée en France pour apologie du terrorisme, la ressortissante iranienne est évoquée par Téhéran dans un scénario d’échange de prisonniers visant les prisonniers français Cécile Kohler et Jacques Paris.
L'Iranienne Mahdieh Esfandiari a été condamnée ce jeudi par le tribunal correctionnel de Paris à une peine d'un an de prison ferme assortie d’une interdiction définitive du territoire français pour apologie du terrorisme.
Cette ressortissante iranienne pourrait, selon plusieurs observateurs, servir de levier dans d’éventuelles discussions avec Téhéran, dans l’hypothèse d’un échange concernant les Français Cécile Kohler et Jacques Paris, retenus en Iran depuis plus de trois ans et soumis à une assignation à résidence à l’ambassade de France.
Les autorités iraniennes ont d’ailleurs fait savoir qu’elles souhaitaient, une fois la procédure française terminée, que leur ressortissante soit échangée contre les deux Français.
Son avocat a aussitôt annoncé son intention de faire appel de cette décision. Interrogé par l'AFP sur la question de savoir si Mahdieh Esfandiari comptait rester en France ou quitter le territoire le temps de la procédure en appel, l'avocat a répondu: "On verra, moi je n'ai pas la réponse."
Lors de l’audience du 16 janvier, le parquet avait requis quatre ans d’emprisonnement dont trois avec sursis, accompagnés d’une interdiction définitive du territoire. La procureure avait estimé qu’un retour immédiat en détention n’était pas indispensable, l’accusée ayant déjà passé huit mois en détention provisoire.
Âgée de 39 ans, née en Iran et installée en France depuis 2018, Mahdieh Esfandiari comparaissait à Paris pour plusieurs chefs d’accusation : apologie du terrorisme, provocation en ligne à commettre un acte terroriste, injures publiques en ligne en raison de l’origine, de l’ethnie, de la nation, de la race ou de la religion, ainsi qu’association de malfaiteurs.
À l’audience, cette traductrice, proche idéologiquement des Gardiens de la révolution et ayant traduit des ouvrages publiés par une maison d’édition liée au régime iranien, a également tenu des propos assimilables à une approbation des attaques perpétrées par le Hamas en Israël le 7 octobre 2023.
Les enquêteurs la soupçonnent d’avoir agi comme relais d’influence du pouvoir des mollahs.
Le verdict était particulièrement scruté par l’entourage de Cécile Kohler et Jacques Paris, toujours empêchés de quitter l’Iran.
Arrêtés en mai 2022, ils avaient ensuite été condamnés à de lourdes peines, notamment pour espionnage, avant d’être libérés au début du mois de novembre 2025, mais avec l’interdiction de quitter le territoire iranien.
Les conditions exactes d’un éventuel échange restent floues, d’autant que la situation régionale demeure tendue.
Les États-Unis ont renforcé leur présence militaire dans le Golfe et ont multiplié les avertissements en cas d’échec des efforts diplomatiques sur le programme nucléaire iranien. Des discussions ont par ailleurs repris ce jeudi à Genève.