L'Iran a lancé une nouvelle série d'attaques contre Israël et d'autres pays du Moyen Orient. Des représailles à la mort de deux de hauts responsables du régime tués la veille dans des frappes israéliennes.
L'Iran a tiré plusieurs salves de missiles à ogives multiples sur Israël dans la nuit de mardi à mercredi.
Des attaques pour venger la mort de deux de ses hauts responsables de la sécurité : Ali Larijani, chef du Conseil suprême de sécurité nationale et Gholam Reza Soleimani, chef de de la milice Bassidj. L'armée israélienne a annoncé les avoir tué dans des frappes sur Téhéran mardi matin.
Ali Larijani est le deuxième plus haut responsable iranien à avoir été tué pendant la guerre, après l'ancien guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, qui a été éliminé lors d'une frappe sur son complexe à Téhéran après que les forces américano-israéliennes ont tiré la première salve de la guerre, le 28 février.
L'Iran a confirmé l'assassinat de ces hommes, qui avaient joué un rôle clé dans la répression violente des manifestations de janvier, qui remettaient en cause le régime théocratique en place depuis 47 ans.
L'Iran tire des munitions avancées sur Israël
Les attaques de représailles de mercredi ont tué deux personnes à Ramat Gan, dans le centre d'Israël, selon le service médical Magen David Adom du pays, qui a également ajouté que plusieurs autres personnes étaient soignées pour des blessures.
L'Iran a reconnu avoir lancé des missiles à têtes multiples en direction d'Israël, dernière utilisation en date d'une arme conçue pour causer un maximum de dégâts et échapper aux multiples couches de défenses aériennes israéliennes.
Des images circulantes ont montré le largage d'une arme à sous-munitions par au moins un missile au-dessus d'Israël. Un communiqué des Gardiens de la révolution, une organisation paramilitaire iranienne, indique que les forces ont lancé les missiles à têtes multiples Khorramshahr-4 et Qadr pour venger l'assassinat d'Ali Larijani.
Les frappes de Téhéran continuent de viser une région plus vaste
Téhéran a également procédé à des tirs de barrage tôt le matin contre ses voisins de la région du Golfe, qui subissent des attaques quotidiennes depuis que la guerre a éclaté il y a plus de deux semaines. Les drones iraniens visent souvent les bases et les ambassades américaines, mais aussi les infrastructures civiles et énergétiques.
L'Arabie saoudite, le Koweït et d'autres États arabes du Golfe ont déclaré avoir intercepté des incursions aux premières heures de mercredi. Riyad a déclaré avoir abattu un missile balistique visant la zone autour de la base aérienne Prince Sultan, qui accueille des forces et des avions américains.
Aux Émirats arabes unis, un projectile iranien a frappé près d'une base militaire australienne mercredi, déclenchant un petit incendie mais ne faisant aucun blessé, a déclaré le Premier ministre australien Anthony Albanese.
En Irak, une frappe a touché l'enceinte de l'ambassade des États-Unis à Bagdad tôt mercredi, selon deux responsables irakiens de la sécurité. Aucun autre détail n'était disponible dans l'immédiat. Le département d'État américain n'a pas fait de déclaration dans l'immédiat. Un jour plus tôt, un drone s'était écrasé dans l'enceinte de l'ambassade.
Israël lance de nouvelles attaques contre le Liban
Dans le même temps, Israël a renouvelé ses attaques contre le Liban, poursuivant ses opérations contre des cibles du Hezbollah, soutenu par l'Iran, principalement dans le sud du pays, mais aussi dans la capitale, Beyrouth.
Des frappes israéliennes ont touché des immeubles d'habitation dans le centre de Beyrouth tôt ce mercredi, tuant au moins 6 personnes et en blessant 24 autres, selon un communiqué du ministère libanais de la santé.
Une autre frappe dans le quartier de Nabatiyeh a tué trois personnes et en a blessé une autre. Les équipes de secours sont toujours à la recherche de huit personnes disparues, ajoute le communiqué.
Ces derniers jours, l'armée israélienne a également lancé des "opérations terrestres limitées et ciblées" dans les bastions du Hezbollah afin de "créer un tampon de sécurité plus important" pour protéger les communautés du nord d'Israël des attaques du groupe.
Les frappes ont déplacé plus d'un million de Libanais, soit environ 20 % de la population, selon le gouvernement libanais, qui affirme que plus de 900 personnes ont été tuées.
La guerre en Iran a jusqu'à présent fait de nombreux morts, les autorités iraniennes affirmant pour la dernière fois que plus de 1 300 personnes ont été tuées, dont environ 450 femmes et enfants.
En Israël, le bilan s'élève désormais à 14 morts, tandis que les États-Unis ont déploré 13 morts parmi les membres de leurs forces armées dans la région. Les attaques de représailles iraniennes dans le Golfe ont également fait des victimes, les Émirats arabes unis faisant état d'un huitième civil tué mardi.
Le détroit d'Ormuz, verrouillé par l'Iran en représailles aux frappes israélo-américaines, ne retrouvera pas son fonctionnement d'avant-guerre, avertit le président du Parlement iranien. Seule une fraction des navires qui franchissaient auparavant le détroit arrivent aujourd'hui à traverser ce passage par lequel transite en temps normal près de 20% du brut mondial et près de 20% du gaz naturel liquéfié (GNL).
Les prix du pétrole et les marchés mondiaux sont montés en flèche au cours des dix derniers jours, le baril de Brent, la référence internationale pour le pétrole, se négociant toujours à plus de 100 dollars, ce qui représente une hausse de 40 % par rapport aux chiffres d'avant-guerre.