La présidente de la BCE, Christine Lagarde a réaffirmé sa détermination à ramener l’inflation vers son objectif de 2 % à moyen terme mais a prévenu que l'inflation dans la zone euro devrait grimper à 2,6 %.
La Banque centrale européenne a décidé jeudi de maintenir inchangé son taux de dépôt de référence à 2 %, un scénario largement anticipé dans le secteur financier.
Les autres taux directeurs - le taux des opérations principales de refinancement (MRO) et celui de la facilité de prêt marginal - restent eux aussi inchangés, à respectivement 2,15 % et 2,4 %.
Selon le communiqué de la BCE, "la guerre au Moyen-Orient a rendu les perspectives nettement plus incertaines, créant des risques haussiers pour l’inflation et des risques baissiers pour la croissance économique".
Le conseil des gouverneurs de la banque estime que la guerre en Iran "aura un impact significatif sur l’inflation à court terme via la hausse des prix de l’énergie. Ses implications à moyen terme dépendront à la fois de l’intensité et de la durée du conflit, ainsi que de la façon dont les prix de l’énergie se répercuteront sur les prix à la consommation et sur l’économie".
La décision de statu quo intervient dans un contexte particulier. Ce jeudi, les contrats à terme européens sur le gaz naturel ont bondi de plus de 30 %, jusqu’à 74 € le mégawattheure, leur plus haut niveau depuis plus de trois ans.
Le Brent a franchi les 119 dollars le baril et le WTI a dépassé 96 dollars. Ces mouvements s’expliquent par les frappes iraniennes contre des infrastructures énergétiques cruciales au Moyen-Orient, qui alimentent les craintes de tensions durables sur l’offre.
Les économistes qui suivent la situation soulignent que si ces coûts restent élevés pendant plusieurs mois, ils pourraient se diffuser à l’ensemble des prix et repousser toute future détente monétaire jusqu’en 2027.
La décision intervient après celle de février, qui avait déjà laissé les taux inchangés et réaffirmé l’engagement de la BCE à ramener durablement l’inflation à son objectif de 2 % à moyen terme.
Les marchés financiers ont entamé la séance en baisse, les principaux indices européens accusant des pertes en ouverture, les investisseurs mettant en balance le choc énergétique et la décision attendue de la BCE.
L’euro s’est légèrement apprécié en début de séance, tandis que les rendements des obligations d’État progressaient modérément.
Pour les ménages et les entreprises des 21 pays de la zone euro, la décision de la BCE signifie que, pour l’instant, les taux des prêts immobiliers et des crédits indexés sur la politique de la BCE resteront inchangés.
Les contrats monétaires ont cependant déjà évolué à la lumière de la guerre en Iran, intégrant désormais la possibilité d’une, voire de deux hausses de taux d’ici la fin de l’année, au lieu des baisses qui dominaient encore les prévisions il y a quelques semaines à peine.