Le leader du parti Tisza s’impose comme le principal adversaire du Premier ministre sortant Viktor Orbán, les derniers sondages le donnant gagnant des élections législatives prévues ce dimanche.
Il était encore inconnu du grand public il y a deux ans. Péter Magyar s’impose aujourd'hui comme le principal leader de l'opposition en Hongrie, les derniers sondages le donnant même gagnant des élections législatives prévues ce dimanche. Une ascension fulgurante pour cet avocat de formation, désormais en position de remplacer Viktor Orbán au poste de Premier ministre.
Issu d’une famille de politiciens conservateurs, le candidat, dont le parrain est l’ancien président Ferenc Mádl, évolue très tôt dans les cercles du pouvoir, entretient des liens étroits, tant idéologiques que personnels, avec la droite hongroise et adhère au Fidesz au début des années 2000.
Par l’intermédiaire de son épouse de l’époque, Judit Varga, alors ministre de la Justice , il accède aux cercles les plus influents du partis et occupe plusieurs postes de direction dans des entreprises publiques.
Le couple a reçu une mission diplomatique à Bruxelles de la part du gouvernement Orbán, et après leur retour au pays, Péter Magyar a été nommé au conseil d'administration de la société publique de gestion des routes Magyar Közút ZRT, puis au poste de directeur général du Centre de prêts aux étudiants, avec un salaire de plusieurs millions d'euros.
Un tournant en 2024
Le tournant intervient début 2024. Communicant habile et très actif sur les réseaux sociaux, Péter Magyar se retourne publiquement contre le gouvernement de Viktor Orbán. Dans un post devenu viral, il dénonce une corruption endémique au sein de l’exécutif.
Désormais divorcé, il franchit un cap supplémentaire en diffusant un enregistrement audio impliquant son ex-épouse dans un scandale lié à une grâce accordée dans une affaire de pédocriminalité. L’affaire provoque un séisme politique et conduit Judit Varga à démissionner de ses fonctions.
Face à lui, le Fidesz multiplie les campagnes de dénigrement avec des accusations de violences conjugales, des soupçons d’espionnage ou encore des rumeurs de consommation de drogue.
Une stratégie qui n'a pas entamé la dynamique du candidat dont le parti a obtenu de bons résultats aux élections européennes et lors desquelles il a a lui-même remporté un siège.
Sur le terrain, Péter Magyar a maintenu un rythme de campagne soutenu: sillonnant le pays sans relâche et enchaînant parfois jusqu’à sept interventions par jour.
Sa promesse est simple : un pays qui fonctionne, une orientation occidentale, une politique chrétienne-conservatrice, mais sans la corruption du Fidesz.