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L’UE réduit sa prévision de croissance 2026, la crise du détroit d’Ormuz fait monter l’inflation

Navire cargo dans le détroit d’Ormuz
Cargo dans le détroit d'Ormuz Tous droits réservés  AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par Marta Pacheco
Publié le
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La Commission européenne a révisé à la baisse sa prévision de croissance 2026 : elle ne devrait être que de 1,1 %, contre 1,4 % annoncé à l'automne dernier.

La Commission européenne a revu à la baisse, ce jeudi 21 mai, sa prévision de croissance pour 2026 concernant l’économie européenne, alors que le conflit qui se poursuit au Moyen-Orient fait flamber les prix de l’énergie.

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L’économie de l’UE ne devrait plus progresser que de 1,1 % en 2026, contre 1,4 % dans les prévisions d’automne de la Commission. Les perspectives pour la zone euro ont été encore davantage abaissées, à 0,9 %.

Dans son rapport, la Commission avertit que les perturbations des marchés mondiaux de l’énergie, provoquées par la montée des tensions autour du détroit d’Ormuz, l’une des principales voies maritimes pour le pétrole et le gaz, ont nettement assombri les perspectives économiques de l’Europe.

"Avant la fin février 2026, l’économie de l’UE devait continuer de croître à un rythme modéré, parallèlement à une nouvelle baisse de l’inflation", indique le rapport. "Cependant, les perspectives ont profondément changé depuis le déclenchement du conflit."

L’inflation devrait elle aussi repartir nettement à la hausse en raison des perturbations autour d’Ormuz. Dans l'UE, elle est désormais attendue à 3,1 % cette année, soit un point de pourcentage de plus que prévu, principalement sous l’effet de la flambée des coûts de l’énergie après la hausse des prix du pétrole et du gaz sur fond de craintes de ruptures d’approvisionnement dans le Golfe.

Pour les responsables européens, ce choc rappelle 2022, lorsque l’invasion de l’Ukraine par la Russie avait déclenché la pire crise énergétique qu’ait connue l’Europe depuis des décennies.

L'UE mieux préparée face aux crises

La Commission qualifie ces nouvelles turbulences de "deuxième choc de ce type en moins de cinq ans", en avertissant que la dépendance de l’Europe aux combustibles fossiles importés la rend extrêmement vulnérable dès que les tensions géopolitiques menacent les approvisionnements énergétiques mondiaux.

Selon les prévisions, la confiance des consommateurs est déjà tombée à son plus bas niveau depuis quarante mois, les ménages se préparant à des factures de chauffage et de carburant plus élevées tandis que les entreprises affrontent une hausse de leurs coûts d’exploitation et un affaiblissement de la demande.

L’investissement devrait également ralentir, les entreprises faisant face à des conditions de financement plus strictes et à une incertitude croissante. La progression des exportations s’essouffle à mesure que la demande mondiale se tasse.

En dépit de cette dégradation des perspectives, Bruxelles assure que l’Union est mieux préparée qu’au moment de la crise énergétique liée à l’Ukraine, grâce à des années d’investissements dans les énergies renouvelables, à une consommation de gaz en baisse et aux efforts de diversification vis-à-vis des approvisionnements russes.

"L’effort en faveur de la diversification des sources d’approvisionnement, de la décarbonation et de la réduction de la consommation d’énergie place aujourd’hui l’économie de l’UE dans une meilleure position pour absorber ce choc", souligne la Commission.

Les responsables européens reconnaissent toutefois que les risques restent très nettement orientés à la baisse.

L'Italie réclame la flexibilité

Le rapport met en garde : des perturbations prolongées dans le détroit d’Ormuz ou dans des chaînes d’approvisionnement plus larges au Moyen-Orient pourraient pousser les prix de l’énergie encore plus haut, remettre en cause l’accalmie de l’inflation attendue en 2027 et, potentiellement, enrayer complètement la reprise européenne.

La Commission avertit également que des pénuries de produits pétroliers raffinés, d’engrais et d’autres intrants industriels pourraient se propager le long des chaînes de valeur mondiales, renchérissant les coûts alimentaires et industriels dans toute l’Europe.

Dans le même temps, les gouvernements européens se préparent à des pressions budgétaires croissantes. Les déficits publics devraient se creuser dans l’ensemble de l’UE, les États augmentant leurs dépenses pour protéger les ménages face à la hausse des factures d’énergie tout en renforçant leurs budgets de défense dans un contexte de montée des tensions géopolitiques.

La Première ministre italienne, Giorgia Meloni, a ainsi récemment exhorté la Commission européenne à assouplir les règles budgétaires pour les ménages et les secteurs industriels confrontés à l’envolée des coûts de l’énergie, estimant que la sécurité énergétique devrait être traitée avec la même urgence que les dépenses de défense.

Au cœur de la demande de Rome figure la clause dérogatoire nationale de l’UE, adoptée le 8 juillet, qui permet aux États membres de bénéficier temporairement d’une certaine flexibilité budgétaire pour augmenter leurs dépenses de défense dans des circonstances exceptionnelles.

Giorgia Meloni rappelle que Bruxelles s’est déjà montrée prête à desserrer les règles budgétaires en réponse à la guerre menée par la Russie en Ukraine et aux inquiétudes croissantes concernant le niveau de préparation militaire de l’Europe. L’Italie réclame désormais une flexibilité similaire pour les mesures d’urgence en matière d’énergie.

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