Après avoir mis en garde Taïwan contre une déclaration formelle d’indépendance vis-à-vis de la Chine, Donald Trump a annoncé des discussions concernant un éventuel contrat d'armement de plusieurs milliards de dollars.
Donald Trump a annoncé, ce jeudi 21 mai, qu’il s’entretiendrait avec le dirigeant taïwanais Lai Ching-te. Les deux responsables devraient aborder un possible contrat d’armement de plusieurs milliards de dollars pour l’île.
Cela marquerait un changement net de stratégie pour les États-Unis. Car depuis 1979, aucun président américain n'a échangé directement avec un responsable taïwanais, date à laquelle Washington a reconnu la République populaire de Chine et a rompu ses relations diplomatiques avec Taïwan.
S’adressant à la presse, ce mercredi 20 mai, Donald Trump a déclaré qu'il parlerait avec Lai Ching-te. "Je parle à tout le monde. Nous maîtrisons très bien cette situation", a-t-il assuré. "Nous allons nous en occuper, de la question taïwanaise."
Cette déclaration du président américain intervient après sa visite d’État à Pékin la semaine dernière, au cours de laquelle le président chinois Xi Jinping a souligné l’importance de la "question de Taïwan".
Tensions Chine-Taïwan
La Chine considère l’île, qui dispose de son propre gouvernement démocratiquement élu, comme une province sécessionniste qui doit être placée sous le contrôle de Pékin, et Xi Jinping n’a pas exclu le recours à la force pour y parvenir.
À l’issue de leur rencontre, Donald Trump avait mis Taïwan en garde contre une déclaration formelle d’indépendance vis-à-vis de la Chine et a semblé remettre en question les raisons pour lesquelles les États-Unis devraient apporter un soutien militaire en cas d’invasion.
"Je ne cherche pas à ce que quelqu’un devienne indépendant et, vous savez, nous serions censés parcourir 15 000 kilomètres pour aller faire la guerre. Ce n’est pas ce que je veux", a-t-il déclaré. "Je veux qu’ils se calment. Je veux que la Chine se calme", a-t-il ajouté.
En réponse à Donald Trump, le ministère taïwanais des Affaires étrangères l’a remercié pour son soutien aux efforts de paix dans la région, tout en réaffirmant que Taïwan est un "pays démocratique souverain".
"Pékin n’a aucun droit de revendiquer une quelconque juridiction sur Taïwan", a-t-il déclaré, ajoutant que le gouvernement taïwanais "continuera à approfondir sa coopération avec les États-Unis, à maintenir la paix par la force et à veiller à ce que la sécurité et la stabilité du détroit de Taïwan ne soient ni menacées ni mises à mal".
Les autorités taïwanaises ont également déclaré que le dirigeant Lai Ching-te serait ravi de s'entretenir avec Donald Trump. Une invitation que ce dernier aurait donc acceptée.