Deux autres adolescents, de 13 et 14 ans, ont été blessés dans cette fusillade. Le ministre de l'Intérieur, en déplacement à Nantes, a déclaré que les auteurs ont "rafalé à l'aveugle" et a précisé que les victimes ne sont "pas forcément liées au narcotrafic".
Un adolescent de 15 ans a été tué et deux autres, âgés de 13 et 14 ans, blessés dans une fusillade survenue jeudi 14 mai dans le quartier de Port Boyer, au nord de Nantes, a indiqué le parquet.
"Vers 19h30 deux individus ont ouvert le feu vers un groupe de jeunes adolescents", a déclaré le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, depuis les lieux du drame.
L'un d'entre eux, âgé de 15 ans, est décédé. "Deux autres, de 13 et 14 ans, ont été blessés, dont un très grièvement mais ses jours ne sont plus en danger", a-t-il précisé.
La fusillade se serait déroulée "sur très probable fond de narcotrafic", avait affirmé Johanna Rolland, maire de Nantes. Une analyse renforcée par le procureur de la République, qui évoque un "règlement de compte en lien avec des infractions à la législation sur les stupéfiants".
Cependant, "cela ne veut pas dire que les individus touchés étaient liés au trafic", a tenu à préciser le ministre de l'Intérieur.
Un point de deal "convoité"
Selon les informations de Ouest-France, deux jeunes hommes seraient entrés dans le hall d'un immeuble, connu pour être un lieu de deal.
La fusillade aurait alors éclaté, les auteurs ayant "rafalé à l'aveugle", selon le ministre.
Laurent Nuñez précise également que l'endroit où s'est déroulé drame est "un point de deal très convoité où il y a eu beaucoup de tentatives d'intimidations", précisant qu'une personne avait déjà été blessée et que cinq autres ont été interpellées ces derniers jours.
Les auteurs ont pris la fuite sur un deux-roues et sont actuellement recherchés. "J'ai toutes confiance dans les forces de l'ordre pour retrouver très rapidement" aussi bien les exécutants que des commanditaires, a assuré Laurent Nuñez.
"Face à l’insupportable mort d’un adolescent [...], tous les moyens de police et de justice doivent être mis en œuvre pour interpeller et condamner les auteurs de ce meurtre",avait déclaré, plus tôt, la maire de Nantes, précisant qu'une cellule psychologique sera mise en place pour les habitants. "La mobilisation doit être totale", a-t-elle ajouté.
"Il y a des drames qui se produisent, mais il faut continuer à déstabiliser, à démanteler ces réseaux", a également déclaré l'édile. "Ce qui s'est passé [jeudi] renforce notre détermination pour poursuivre cette lutte incessante contre le narcotrafic."
"L'enquête devra faire la lumière sur les circonstances de ce meurtre. La lutte contre cette violence doit appeler à une mobilisation accrue de la société", a appuyé, de son côté, Karim Benbrahim, député socialiste de la 1re circonscription de la Loire-Atlantique.
"Nous devons donner davantage de moyens à la police nationale et à la justice, recréer une police de proximité et renforcer les moyens de prévention et d'accompagnement de la jeunesse", a-t-il jugé.
L'inquiétude des riverains
Au lendemain du drame, les habitants de Port-Boyer font part de leur inquiétude qui ne cesse de grandir.
"C'est un choc très important pour les pères de famille. C'est une grande perte pour la famille. Ce gamin, il n'habite même pas ici. Il habite ailleurs, il est venu rendre visite à ses camarades de collège", assure Jean-Pierre. "Ils ont été victimes de l'atrocité de ceux qui sont venus avec les armes."
Aujourd'hui, il l'assure : "Si, nous sommes en danger. Parce que même en sortant de votre appartement, vous n'êtes pas sûr qu'au couloir, il y a quelqu'un qui apparaissent et qui vous flingue."
"Tout le monde a peur de mourir", poursuit-il. "Nous voulons bien vivre. Comme tout le monde. Mais si déjà la liberté est compromise par tout ce qui se passe, le trafic et tout, il y a un problème. L'État doit prendre ça à bras-le-corps."
Mélanie, elle, apparaît plus sévère. Elle dit ne rien attendre du ministre de l'Intérieur. "Ce n'est pas maintenant qu'il faut se bouger. Il fallait se bouger bien avant", juge-t-elle. Elle dit désormais vivre "la peur au vendre". "J'avais pris un chien, je regrette parce que maintenant, il faut le sortir. On ne sait jamais ce qui peut se passer. Ça s'est passé à 19 h 30, je ne suis rentrée qu'à 3 h du matin avec mes enfants chez moi", a-t-elle assuré.
"On ne lâchera rien"
Lors de sa prise de parole, Laurent Nuñez a indiqué avoir renforcé la présence policière dans le quartier afin de le sécuriser. "Ce dispositif restera le temps qu'il faudra", a-t-il précisé. Il a également annoncé la création, à Nantes, d'une antenne de l'Office antistupéfiants.
Ce potentiel règlement de compte "renforce la détermination du gouvernement pour continuer cette lutte intraitable contre le narcotrafic qui mène à des drames", a également assuré le ministre de l'Intérieur, précisant vouloir prendre de nouvelles mesures. "On va augmenter l'amende pour les consommateurs de 200 à 500 € et prendre un décret pour pouvoir suspendre le permis de conduire", a-t-il annoncé.
"Les investigations vont se poursuivre sur tout le territoire pour démonter des réseaux", a-t-il ensuite expliqué, mettant en avant le bilan de cet effort dans le département, où "neuf réseaux ont été démantelés" : "au cours de l'année 2025, il y a eu 36 % de mis en cause supplémentaire dans le département de Loire-Atlantique". "Ce travail, nous allons le continuer sans relâche."
Il a également annoncé le recrutement de 700 policiers supplémentaires, dont 300 seront spécialisés sur le trafic de stupéfiants.
"Cette guerre, on la mène avec détermination et on ne lâchera rien. Il y a beaucoup de batailles à mener, mais on ne perdra pas cette guerre", a-t-il conclu.