Deux ressortissants français travaillant pour une société de production de télévision ont été arrêtés en milieu de semaine passée dans le nord du Togo.
Deux ressortissants français sont détenus à Lomé, au Togo, depuis le 27 juillet, a confirmé mardi le ministère français des Affaires étrangères. Les deux hommes, présentés comme des journalistes-réalisateurs travaillant pour une société de production française, font actuellement l'objet d'une information judiciaire.
Le Quai d'Orsay n'a pas précisé les faits qui leur sont reprochés ni les circonstances exactes de leur arrestation. Selon des médias locaux, leur production devait notamment être diffusée sur France Télévisions.
La diplomatie française a indiqué que les deux Français ont déjà reçu trois visites consulaires. Les services du ministère, à Paris comme à Lomé, sont mobilisés pour s'assurer de leurs conditions de détention, de leur état de santé et du respect de leurs droits à la défense.
Une correspondante de France 24 estime qu'il pourrait s'agir des deux réalisateurs de documentaires et de reportages, Sébastien Perez Pezzani et Gaël Mocaër.
La nouvelle de leur arrestation a été révélée lundi par le média d'investigation togolais "L'Alternative". Celui-ci affirme que le président du Conseil togolais, Faure Gnassingbé, aurait donné des instructions au ministre de la Justice, Pacôme Adjourouvi, concernant le dossier.
Toujours selon "L'Alternative", Lomé proposerait de libérer les deux Français en échange de l'extradition du journaliste d'investigation Ferdinand Ayité. Ces éléments n'ont été confirmés officiellement par aucun des deux gouvernements.
Liberté de la presse et défis sécuritaires
Ce dossier s'inscrit dans un climat particulièrement tendu pour la presse internationale au Togo. Depuis juin 2025, RFI et France 24 y sont réduites au silence après leur suspension par le pouvoir local, qui les accuse d'avoir relayé des informations "inexactes et tendancieuses" en marge de contestations populaires. À ce jour, aucun des deux médias n'a pu reprendre ses diffusions dans le pays, selon l'AFP.
La situation de la liberté de la presse suscite régulièrement l’inquiétude des organisations de défense des journalistes. L'épisode marquant de 2024 en témoigne : le reporter français Thomas Dietrich, envoyé par "Afrique XXI', avait été interpellé en pleine couverture des manifestations. Condamné à six mois de prison avec sursis, il avait ensuite été reconduit à la frontière.
Dans un tweet posté sur le réseau X, le journaliste a écrit hier que l’accusation d’espionnage à l'encontre de ses deux confrères aurait été rapidement abandonnée par les autorités togolaises, "le dossier étant complètement vide et rien de compromettant n’ayant été trouvé dans le téléphone et les drones des deux reporters. La justice togolaise reproche maintenant aux deux journalistes d’avoir menti pour obtenir leur visa."
Sur le plan politique, le pouvoir reste solidement contrôlé par Faure Gnassingbé, président du Conseil depuis 2005 après avoir succédé à son père, resté près de quatre décennies à la tête du pays. Le Togo fait également face à un important défi sécuritaire dans son extrême nord, régulièrement ciblé par des attaques djihadistes en provenance du Burkina Faso.