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Les Houthis prennent une ville portuaire de la mer Rouge dans leur poussée vers Bab el-Mandeb

Un combattant houthi porte un lance-grenades antichar en marchant lors d'une campagne de mobilisation à Sanaa, le 10 septembre 2026
Un combattant houthi porte un lance-grenades propulsées par fusée lors d'une marche de mobilisation à Sanaa, le 10 septembre 2026 Tous droits réservés  AP Photo
Tous droits réservés AP Photo
Par Aleksandar Brezar
Publié le Mis à jour
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La dernière offensive des Houthis vise à reproduire le blocus iranien du détroit d'Ormuz à Bab el-Mandeb, les villes côtières et îles de la mer Rouge figurant parmi leurs prochaines cibles militaires.

Les rebelles houthis du Yémen ont pris le contrôle jeudi de la ville portuaire stratégique de Mokha, sur la mer Rouge, et avancent vers le détroit de Bab el-Mandeb, a indiqué une source militaire yéménite.

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Des témoins ont indiqué avoir vu les forces houthies entrer dans la ville en scandant "mort à l'Amérique, mort à Israël".

La ville, tenue jusqu'ici par le gouvernement yéménite reconnu par la communauté internationale, est la cible d'attaques soutenues depuis le début du mois d'août, lorsque plus de 25 missiles l'ont frappée en quelques jours, paralysant les activités du port.

Le gouvernement yéménite n'a toutefois pas encore confirmé publiquement la chute de Mokha.

Les Houthis, qui contrôlent environ un tiers du territoire yéménite, soit les zones les plus densément peuplées, cherchent à s'emparer de ce passage maritime étroit qui relie l'Asie à l'Europe via la mer Rouge et le canal de Suez, et pourraient en perturber le trafic.

Avec celui d'Ormuz, le trafic de marchandises qui transite par Bab el-Mandeb représente un quart des expéditions quotidiennes de pétrole et de brut, et près d'un tiers du commerce maritime mondial.

Les Houthis auraient également consulté Téhéran cet été au sujet de l'imposition d'un péage de passage sécurisé dans le détroit, dans ce qui apparaît comme un projet destiné à accentuer la pression sur les économies mondiales.

Le gouvernement yéménite a à plusieurs reprises mis en garde contre les plans des Houthis visant à prendre le contrôle de cette voie maritime, dont le nom en arabe signifie "Porte des larmes".

Le général de division Sadeq Duwaid, porte-parole des Forces de résistance nationale, affiliées au gouvernement yéménite et qui contrôlent des zones adjacentes au détroit, avait déjà averti que le siège houthi de Mokha constituait une manœuvre clé pour établir une base opérationnelle le long de la côte de la mer Rouge.

"À travers leurs attaques répétées contre Mokha et son port, la milice houthie cherche à s'implanter le long des rives du détroit de Bab el-Mandeb et à transformer la zone en une situation ressemblant à celle du détroit d'Ormuz", déclarait le général Duwaid à la mi-août.

La ville côtière de Dhubab et l'île de Perim, île volcanique rocheuse située au milieu du détroit et qui le divise en deux chenaux de navigation, sont désormais considérées comme l'objectif militaire central des Houthis.

Les combats continuent de s'intensifier

Officiellement appelés Ansar Allah, les Houthis ont lancé la semaine dernière une offensive de grande ampleur contre les forces gouvernementales soutenues par l'Arabie saoudite.

Ils ont également mené des attaques sur le territoire saoudien qui ont fait des dizaines de blessés, poussant Riyad à riposter par des frappes quotidiennes contre les zones tenues par les Houthis.

Les Houthis ont indiqué jeudi qu'environ 40 frappes aériennes avaient été lancées par les forces saoudiennes dans une nouvelle salve.

"L'aviation de l'ennemi saoudien a mené environ 40 frappes ces dernières heures dans les gouvernorats de Taiz, Hodeida, Al-Jawf et Marib", a déclaré l'agence de presse houthie Saba.

Mercredi, la coalition menée par l'Arabie saoudite, qui combat les Houthis, a affirmé que le groupe avait tiré des missiles balistiques et des drones contre plusieurs villes du sud de l'Arabie saoudite.

La défense civile saoudienne a émis des alertes signalant un "danger potentiel" dans deux zones, Khamis Mushait et Abha.

Les Houthis se rapprochent de Bab el-Mandeb

Les Houthis sont arrivés au pouvoir fin 2014 après avoir pris d'assaut Sanaa et s'être emparés du palais présidentiel ainsi que de sites militaires clés, contraignant le gouvernement yéménite à l'exil.

Une trêve négociée par l'ONU en avril 2022 avait en grande partie mis fin à des années de guerre active, mais elle n'a jamais débouché sur un règlement politique durable.

Le groupe fait partie de ce que Téhéran appelle l'Axe de la résistance, un réseau informel de mouvements armés présents dans plusieurs pays de la région, dont le Hezbollah au Liban, le Hamas à Gaza et des milices en Irak, tous soutenus, formés et équipés à des degrés divers par les Gardiens de la révolution islamique (IRGC).

Si les Houthis ne contrôlent pas la portion du littoral yéménite qui borde Bab el-Mandeb, ils détiennent des territoires situés à moins de 100 kilomètres de là.

Le groupe a relancé les hostilités dans la guerre civile au Yémen en juillet, lorsqu'il a autorisé l'atterrissage d'un avion iranien en défiance du contrôle exercé par l'Arabie saoudite sur l'espace aérien yéménite. Riyad a riposté en frappant l'aéroport.

La coalition menée par l'Arabie saoudite, qui combat les Houthis au nom du gouvernement reconnu par la communauté internationale depuis 2015, a déclaré qu'elle prendrait "toutes les mesures et actions nécessaires pour répondre aux sources de la menace et en neutraliser le danger".

Depuis la semaine dernière, les combats au Yémen ont fait plus de 500 morts, principalement des combattants, selon un décompte de l'AFP établi à partir de plusieurs sources.

Les attaques des Houthis contre des infrastructures pétrolières et des pétroliers saoudiens ont également contribué à la flambée des prix du brut, qui ont dépassé 100 dollars le baril jeudi.

Le groupe avait déjà gravement perturbé le trafic de marchandises via Bab el-Mandeb avec sa campagne contre des navires qu'il présentait comme liés à Israël pendant la guerre entre Israël et le Hamas à Gaza, affirmant agir en signe de soutien aux Palestiniens.

Sources additionnelles • AFP

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