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Le gouvernement français dévoile les contours de son budget 2027 sur fond de dette record

Roland Lescure, ministre français de l'Économie et des Finances, arrive à la réunion des ministres des Finances du G20 à Asheville, en Caroline du Nord, le 31 août 2026.
Roland Lescure, ministre de l’Économie et des Finances français, arrive à la réunion des ministres des Finances du G20 à Asheville, en Caroline du Nord, le 31 août 2026. -  Tous droits réservés  AP Photo
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Par Estelle Nilsson-Julien
Publié le •Mis à jour
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Sans majorité claire à l'Assemblée nationale, Matignon et Bercy s'engagent dans une bataille difficile pour faire adopter le budget.

Le Premier ministre français Sébastien Lecornu doit présenter, ce jeudi 1er octobre, le projet de budget 2027 du pays, alors que son gouvernement cherche à réduire le déficit en taillant dans les dépenses publiques.

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Les grandes lignes de nombreuses mesures budgétaires ont déjà été dévoilées, notamment des économies sur les retraites, un gel des salaires dans la fonction publique et des modifications des arrêts-maladie pris en charge par l'État.

La date limite pour le dépôt officiel du projet de loi de finances 2027 à l'Assemblée nationale est fixée au mardi 6 octobre. Mais le gouvernement évolue dans un environnement politique délicat, avec un parlement fragmenté sans majorité claire, ce qui signifie que l'adoption du budget passera probablement par des négociations difficiles et un bras de fer parlementaire potentiellement ardu.

"En définitive, les discussions et négociations entre le gouvernement, l’Assemblée nationale et le Sénat seront nombreuses et pourraient se prolonger jusqu’au premier semestre 2027, voire au-delà. Cette situation risque d’accroître encore l’incertitude politique et de renforcer les inquiétudes concernant les perspectives budgétaires de la France à moyen terme", a déclaré à Euronews Jérémie Peloso, chef stratégiste pour l’Europe chez BCA Research.

Principales mesures budgétaires

Dans un entretien au Figaro le 17 septembre, le Premier ministre Sébastien Lecornu a annoncé que le gouvernement prévoyait des coupes d'environ 54 milliards d'euros, en estimant que, sans mesures d'économies, le déficit public pourrait avoisiner 6,5 % du PIB en 2027, alors que l'exécutif vise un déficit de 5 % du PIB.

Le locataire de Matignon a affirmé que, sans mesures d'économie, "le déficit 2027 approcherait 6,5 % du PIB". Le gouvernement prévoit également un surcoût de 10 milliards d’euros pour financer la dette française. "L'année prochaine, en raison du contexte géopolitique et de la hausse des taux d'intérêt, le pays devra trouver 10 milliards d'euros supplémentaires", a-t-il déclaré.

La dette française atteint un niveau record

Le gouvernement envisage aussi des mesures pour contenir le coût des retraites, notamment en limitant leur indexation et en réduisant l'abattement fiscal dont bénéficient les retraités. Une baisse du plafond de l'abattement de 10 % devrait rapporter 1,4 milliard d'euros supplémentaires à l'État.

À ce stade, le déficit budgétaire de la France est attendu à 5,4 % du PIB cette année, l'un des plus élevés de l'Union européenne, tandis que la dette publique frôle 120 % du PIB. La dette publique du pays a atteint un niveau record au cours des deux mandats du président Emmanuel Macron, de quoi inquiéter les investisseurs et en faire un enjeu central à l'approche de l'élection présidentielle de l'an prochain.

Selon François Facchini, professeur d'économie à l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, le ratio de la dette publique rapportée au PIB devrait continuer d'augmenter.

"Le ratio dette publique ne va pas baisser en 2027, il devait grimper à plus de 120%", a-t-il déclaré à Euronews.

Il ajoute que la mesure traditionnelle de la dette publique ne tient pas compte des engagements futurs, notamment ceux liés aux retraites des fonctionnaires, ce qui, selon lui, conduit à "sous-estimer" l'ensemble des engagements financiers de la France.

Jérôme Mathis, professeur d'économie à l’Université Paris-Dauphine, estime que trois facteurs détermineront la crédibilité du plan de réduction du déficit du gouvernement : la pérennité des 54 milliards d'euros d'économies annoncés, l'amélioration du déficit hors charge de la dette et le réalisme des prévisions économiques sur lesquelles repose le budget.

"Un budget n'est crédible que si ses fondations le sont", a-t-il déclaré à Euronews.

Opposition politique et grèves

Les partis de gauche et les syndicats accusent le gouvernement de mettre en œuvre des mesures "d'austérité".

Arthur Delaporte, porte-parole du Parti socialiste (PS), a qualifié le budget proposé de "potion d'austérité amère". Il a estimé qu'il allait à l'encontre de l'engagement affiché par le Premier ministre Sébastien Lecornu de parvenir à un "compromis".

Mardi, des syndicats partout en France ont appelé à une grève avant la présentation du budget jeudi, notamment pour protester contre le gel des salaires des agents publics.

La France a pour la dernière fois équilibré son budget en 1973, tout en maintenant un État-providence généreux et une forte protection des salariés. Pendant des années, la dette accumulée est restée élevée, au-delà de 90 % du produit intérieur brut annuel à partir de 2008, mais elle est demeurée gérable grâce à une croissance régulière et à des années de taux d'intérêt quasi nuls.

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