La rencontre du Premier ministre britannique avec Friedrich Merz intervient alors que les avertissements sur les menaces hybrides en Europe se multiplient, après une attaque de drone contre l'aéroport de Leipzig/Halle en août.
Le Premier ministre britannique Andy Burnham est arrivé jeudi 8 octobre à Berlin pour sa première visite officielle en Allemagne, consacrée à des entretiens avec le chancelier Friedrich Merz. Les deux dirigeants ont discuté notamment de la cybersécurité et des menaces hybrides venues de Russie.
À son arrivée à Berlin, Andy Burnham a été accueilli avec les honneurs militaires à la chancellerie.
La sécurité collective "en danger"
Le Royaume-Uni et l'Allemagne s'y sont engagé à approfondir leur coopération en matière de cybersécurité et de lutte contre le sabotage et les autres menaces hybrides.
"La menace hybride que font peser nos adversaires, en particulier la Russie, s'étend à l'ensemble de l'Europe et au-delà, et elle met en danger notre sécurité collective", indique un communiqué du gouvernement. "Le Royaume-Uni et l'Allemagne agiront de concert pour identifier et perturber les activités hybrides, d'où qu'elles proviennent."
Ce nouveau partenariat prévoit un partage d'informations et une coordination de l'action pour surveiller et perturber les menaces, afin de "réduire la capacité des acteurs hostiles à opérer en Europe".
"Les attaques contre nos infrastructures, nos entreprises et nos démocraties ne sont pas une menace lointaine. Elles pénètrent dans les foyers et les lieux de travail, et elles sont conçues pour nous rendre plus faibles et plus divisés", a déclaré Andy Burnham. "Le Royaume-Uni et l'Allemagne unissent leurs forces pour repérer, exposer et perturber ces activités. La sécurité et la croissance vont de pair, et toutes deux doivent se faire sentir dans chaque ville et chaque commune de nos deux pays", a-t-il ajouté.
La rencontre entre Andy Burnham et Friedrich Merz intervient alors que les avertissements sur les menaces hybrides se multiplient en Europe, et après une attaque de drones contre l'aéroport de Leipzig/Halle en août, pour laquelle Berlin accuse Moscou.
Quelles relations entre le Royaume-Uni et l'Europe ?
Second rendez-vous attendu de cette visite, les deux dirigeants ont officiellement ratifié le "traité de Kensington", un accord bilatéral conclu en 2025. Ce document de 27 pages, présente un plan d’action en 17 points visant à renforcer la coopération dans l’ère post-Brexit, le Royaume-Uni ne faisant plus partie de l’UE.
Il engage les deux pays à renforcer leur coopération en matière de défense, de sécurité, de science, de technologie et de croissance économique.
Fin septembre, Andy Burnham a indiqué vouloir davantage coopérer avec l'UE, estimant que le Brexit avait "fait plus de mal que de bien" et que le Royaume-Uni avait besoin d'une stratégie claire pour sa relation de long terme avec l'UE. "Nous ne donnerons pas au Royaume-Uni la trajectoire claire dont nous avons besoin pour le reste de ce siècle tant que nous n'aurons pas décidé d'une relation de long terme avec ce qui reste notre plus grand marché", a-t-il déclaré.
Cette visite intervient alors que des débats naissent au Royaume-Uni sur la future relation avec l'Union européenne. Lors d'un congrès du Parti travailliste la semaine dernière, Andy Burnham avait indiqué qu'il présenterait, d'ici la fin de l'année, des options pour un rapprochement avec le bloc, laissant ouverte la perspective d'une ré-adhésion à terme.