Au total, 71 500 personnes ont manifesté aujourd’hui, dont 24 500 à Paris, pour cette nouvelle journée de mobilisation, a rapporté le ministère de l’intérieur. Mardi, les manifestants étaient entre 266 000, selon Beauvau, et 450 000, selon les organisateurs.
Invité du "20 heures" de TF1, le ministre de l’éducation nationale, Edouard Geffray, a fait plusieurs annonces jeudi soir. Il a déclaré que le ministère avait identifié environ 500 établissements scolaires "problématiques", concentrant les besoins.
Il a promis que, dans ces lycées, 3 000 professeurs remplaçants seraient affectés "entre demain et mardi". Ceux-ci ne sont pour l’instant devant aucun élève, en raison de problèmes d’affectation. Le ministre autorise aussi les recteurs à recruter plus d’enseignants que le nombre actuellement autorisé, des "centaines" d’enseignants supplémentaires.
M. Geffray propose par ailleurs aux proviseurs un "pacte enseignant"aux proviseurs : ils pourront procéder à des remplacements de courte durée à l’intérieur de leur établissement grâce à des "centaines de milliers d’heures" supplémentaires de professeurs volontaires.
Selon le ministre, ces mesures coûteront "plusieurs dizaines de millions" d’euros. "Ce qui compte, surtout, c’est ce qui va se passer l’année prochaine, en 2027, grâce au projet de loi de finances sur lequel on travaille", a-t-il précisé.
En trois jours, le gouvernement a reçu 66 000 contributions sur la plateforme de dialogue qu’il a lancée pour recueillir la parole des lycéens, assure Edouard Geffray. "On va leur répondre établissement par établissement, c’est-à-dire qu’on va regarder la situation de chaque établissement grâce à ça. Et on va aussi trouver des réponses politiques, collectives", a déclaré le ministre.
71 500 personnes ont manifesté en France, dont 24 500 à Paris, selon l'Intérieur
Au total, 71 500 personnes ont manifesté jeudi en France, dont 24 500 à Paris, pour cette nouvelle journée de mobilisation des lycéens. Les forces de l'ordre ont par ailleurs procédé à 504 interpellations, tandis que 48 policiers et gendarmes ont été blessés, a annoncé le ministère de l’intérieur.
Par ailleurs, le ministère "note aujourd’hui une augmentation des violences urbaines", et estime à 55 000 le nombre de personnes ayant participé "à des actions devant des établissements scolaires, une partie seulement ayant rejoint les manifestations".
À Lormont, près de Bordeaux, le lycée Les Iris a en partie été dégradé par des jeunes cagoulés qui ont cassé des vitres et du matériel informatique, et mis le feu à un stock de papier, provoquant, selon le proviseur de l'établissement, des centaines de milliers d'euros de dégâts.
Sur les 1 200 élèves de l’établissement, environ 500 étaient présents au moment des faits, selon le proviseur.
Des heurts avec les forces de l'ordre ont notamment eu lieu à Paris où des affrontement ont éclaté Place de la Bastille. Alors que des milliers de manifestants s'y étaient rassemblés, certains d'entre eux ont lancé des projectiles sur le cordon policier.
Les CRS ont chargé et dégagé le centre de la place, faisant usage de gaz lacrymogène. Sous les cris des nombreux lycéens encore présents, les derniers manifestants massés sur les marches de l’Opéra ont été chassés à coups de grenades de désencerclement.
Jean-Luc Mélenchon salue "une démonstration puissante de la jeunesse" sur la place de la Bastille à Paris
"La Bastille a été reprise", a écrit, sur X, Jean-Luc Mélenchon. Le chef de file du parti La France Insoumise a salué une "démonstration puissante de la jeunesse" sur la place de la Bastille à Paris, "qui porte ses revendications de la plus belle façon qui soit". Il fait part de sa "fierté immense" et donne "rendez-vous mardi 13 octobre".
L'intersyndicale étudiante et professionnelle a appelé ce jeudi à une nouvelle journée de mobilisation et de grève mardi prochain.