Invité sur France 2 jeudi, le candidat Horizons a détaillé plusieurs mesures de son programme, plaçant la réduction des dépenses publiques et l’augmentation du temps de travail au cœur de ses priorités.
"L’argent magique n’existe pas". Retraite à 65 ans, non-remplacement d’un fonctionnaire sur trois et réduction de la durée d’indemnisation du chômage à 12 mois pour les moins de 50 ans : lors de son passage dans l’émission L’Heure de vérité sur France 2 jeudi, Édouard Philippe a dévoilé plusieurs mesures de son programme pour la présidentielle de 2027, avec pour priorité la réduction des dépenses publiques. L’ancien Premier ministre s’est dit "convaincu que si on veut s'en sortir, il va falloir qu'on travaille tous un peu plus".
Le candidat Horizons a également présenté plusieurs propositions destinées à soutenir le pouvoir d’achat, notamment une exonération de cotisations sociales pour les salariés acceptant de travailler davantage et une refonte du système des allocations familiales.
Dès son arrivée à l’Élysée, où il a précisé ne pas vouloir résider, Édouard Philippe prévoit de présenter une vingtaine d’ordonnances lors d’une session extraordinaire du Parlement en juillet 2027. Ces mesures auraient vocation à entrer en vigueur "dès l’automne", afin de mettre fin à "cet état d’indécision, d’indétermination dans lequel vit le pays depuis au moins 2024".
Retraites et assurance chômage : réduire les dépenses publiques
Reconnaissant qu’"après une vie de travail, il faut pouvoir garantir la retraite à ceux qui la prennent", Édouard Philippe a défendu la réforme des retraites dévoilée la semaine dernière.
L’ancien Premier ministre a réaffirmé sa volonté de porter progressivement l’âge légal de départ à 65 ans et d’allonger la durée de cotisation à 45 annuités. Un tiers des salariés seraient toutefois exemptés de cette réforme. Edouard Philippe n'a pas précisé si celle-ci serait adoptée par voie parlementaire, par référendum ou par ordonnance, mais a assuré qu’elle ferait l’objet d’une concertation avec les partenaires sociaux.
Le candidat souhaite également réduire les effectifs de la fonction publique en ne remplaçant pas un agent sur trois partant à la retraite, ce qui représenterait environ 250 000 suppressions de postes sur cinq ans.
Autre levier d’économies envisagé : les dépenses sociales, sur lesquelles il entend concentrer la moitié de l’effort budgétaire. Édouard Philippe propose notamment de ramener la durée maximale d’indemnisation du chômage de 18 à 12 mois, pour les moins de 50 ans.
Pouvoir d’achat : travailler davantage et soutenir les familles
Interrogé sur le pouvoir d’achat des Français, Édouard Philippe a proposé d’exonérer de cotisations sociales les salariés qui accepteraient de travailler deux heures supplémentaires par semaine. Une mesure qui permettrait, selon lui, à un salarié au Smic de gagner environ 1 000 euros de plus par an, tout en réduisant le coût du travail pour les entreprises."Tout le monde y gagnera", a-t-il assuré.
Estimant que la "nation a besoin d’accompagner ceux qui font des enfants", le candidat souhaite par ailleurs "revoir totalement le système des allocations familiales". Il propose ainsi de verser une allocation familiale unique de 350 euros par mois dès le premier enfant, dont le montant serait ensuite dégressif en fonction de l’impôt sur le revenu.
À cette mesure s'ajouteraient une réduction d’impôt d’environ 3 000 euros pour les familles qui travaillent et ont des enfants, ainsi que la possibilité de bénéficier d’un prêt à taux zéro pour l’achat d’un logement plus grand à l’arrivée d’un enfant.
Mobilisation lycéenne : des revendications jugées légitimes
Interrogé sur la mobilisation lycéenne, Édouard Philippe a reconnu le bien-fondé de certaines revendications.
"Dans les revendications, il y en a quelques-unes qui me paraissent parfois secondaires, mais il y en a d’autres qui sont fondées, légitimes et importantes à prendre en compte", a-t-il déclaré.
L’ancien locataire de Matignon a notamment rejoint les critiques formulées par les lycéens à l’encontre de Parcoursup, la plateforme d’admission dans l’enseignement supérieur, admettant que "ce système est stressant et ne marche pas comme [il] devrait".
Climat : un fonds de deux milliards d’euros par an
Sur le climat, Édouard Philippe a rappelé sa volonté de doter la France d’une véritable "politique de sécurité climatique".
À la mi-septembre, Il avait notamment proposé la création d’un fonds unique d’adaptation au changement climatique, doté de deux milliards d’euros par an.
Immigration : réduire de moitié les entrées légales
Sur l’immigration, le maire du Havre a indiqué vouloir "diviser par deux l'immigration légale" afin de revenir à un niveau "largement inférieur à 200 000" titres de séjour délivrés chaque année, comparable à celui observé avant 2010.
"Notre politique d’intégration ne fonctionne pas (...). Il faut admettre que l’immigration est trop importante", a-t-il affirmé.
Jugeant également le droit d’asile "dévoyé", il souhaite que l’Union européenne établisse une liste commune de pays considérés comme sûrs, dont les ressortissants ne pourraient plus demander l’asile dans l’UE.
Politique internationale : soutien à l’Ukraine et critiques envers Israël
Sur le plan international, l’ancien Premier ministre a réaffirmé son soutien à l’Ukraine, tout en soulignant que "le seul élément décisif de la conduite de la politique extérieure, c’est l’intérêt de la France".
Il a également exprimé son "désaccord majeur" avec la politique menée par le gouvernement israélien et dénoncé le "carnage" perpétré à Gaza.
Écartant à nouveau l’hypothèse d’une primaire à droite et au centre Édouard Philippe a défendu sa volonté de construire un rassemblement "de la droite et du centre, et peut-être le moment venu au-delà".