Le PDG de Meta a déclaré que le nouveau modèle Wonder est "notre modèle le plus vaste et le plus performant à ce jour" et "qu'il rivalise avec les grands acteurs".
Meta a lancé son dernier modèle d'intelligence artificielle, Muse Wonder, qu'elle présente comme le plus avancé pour faire tourner des assistants d'IA et rivaliser avec des concurrents comme OpenAI et Anthropic.
Mais Muse Wonder pourrait nécessiter un abonnement mensuel compris entre 20 et 100 dollars (18 ou 90 euros).
"Muse Wonder est une classe de modèles beaucoup plus vaste et plus avancée qui nous amène à la frontière", a écrit le patron de Meta Mark Zuckerberg lundi sur X.
Les modèles Wonder existent en deux versions : Muse Wonder, un modèle plus compact destiné aux tâches du quotidien, et Wonderful, une version plus performante, a précisé Meta dans un billet de blog (source en anglais).
Ces modèles peuvent accomplir des tâches dans des domaines comme le droit, la finance ou la santé, tout en offrant des performances de code de pointe pour les personnes qui développent aussi bien un jeu qu'une application pour une nouvelle entreprise, a ajouté l'entreprise.
Autre atout mis en avant par Meta : la mémoire, le modèle disposant de capacités de mémoire active qui lui permettent de comprendre des tâches dans la durée et de rappeler des éléments passés si nécessaire.
Meta a beaucoup investi dans l'IA pour rattraper ses concurrents.
L'entreprise fondée par Mark Zuckerberg a investi 14,3 milliards de dollars (12,2 milliards d'euros) dans la société Scale AI en juin 2025.
Elle a aussi recruté son directeur général et cofondateur, Alexandr Wang, pour superviser Meta Superintelligence Labs, qui regroupe les équipes du groupe travaillant sur les modèles fondamentaux.
Zuckerberg a ensuite lancé une vaste campagne de recrutements, attirant des cadres de concurrents comme OpenAI, Anthropic et Google.
Meta a lancé son modèle Spark en avril, prenant ainsi ses distances avec son modèle open source Llama, mais il est resté en retrait par rapport au reste du secteur.
Le nouveau modèle Wonder est "notre modèle le plus grand et le plus performant à ce jour" et "rivalise avec les poids lourds", a écrit Wang sur X.
Dans un billet de blog, Meta s'est appuyée sur des données de tests comparatifs fournies par une société indépendante appelée Artificial Analysis, qui semblent montrer que les nouveaux modèles Wonder de Meta surpassent ses propres précédents modèles, Spark, ainsi que plusieurs modèles développés par Anthropic, OpenAI et Google.
Le site d'Artificial Analysis indique toutefois que Wonder compte aussi parmi les modèles les plus chers.
L'appel à ralentir l'IA
Aux débuts de Facebook, l'entreprise était connue pour sa philosophie "move fast and break things", mais plus récemment, Zuckerberg a laissé entendre que Meta chercherait un équilibre entre sécurité et rapidité.
"Meta a retardé la sortie de Muse de plusieurs mois pour se concentrer sur la sûreté et la sécurité. Nous n'avons pas demandé aux autres de le faire avant nous", a écrit Zuckerberg le mois dernier sur X.
En août, Meta a lancé Muse Code, un produit destiné à concurrencer des outils similaires de génération automatique de code proposés par OpenAI et Anthropic.
Puis en septembre, le groupe a lancé une application agentique baptisée Muse. Ce type de logiciel peut exécuter de manière autonome des tâches précises comme coder, faire de la recherche, faire des achats ou réserver des prestations.
Lors de sa conférence annuelle des développeurs Connect, le mois dernier, Meta a également dévoilé un nouveau produit matériel d'IA de poche, baptisé Muse Charm, qui permet aux utilisateurs d'interagir avec leur agent Muse indépendamment d'un smartphone.
Les développeurs se livrent une course pour concevoir des applications agentiques capables de capter l'attention, le temps et l'argent des utilisateurs. Le matériel propulsé par l'IA reste lui aussi un objectif encore difficile à atteindre pour le secteur.
Certains concurrents ont appelé à un ralentissement à l'échelle de tout le secteur pour répondre aux inquiétudes liées à la sécurité et les atténuer.
En septembre, Zuckerberg a fait partie des six dirigeants américains de la tech à signer un engagement proposé par le président américain Donald Trump pour renforcer les mesures de sécurité avant le lancement de nouveaux modèles ou de modèles de pointe. Mais des critiques ont jugé le caractère "moralement contraignant" de ce texte insuffisant pour inciter réellement à mettre en place des garde-fous adéquats autour des modèles d'IA avancés.
Des dirigeants de Google, OpenAI, Anthropic, xAI et Nvidia ont également signé l'accord, mais aucun consensus ne se dégage parmi les responsables politiques ou les patrons du secteur sur la meilleure façon d'avancer.
Les dirigeants d'Anthropic, d'OpenAI et de Google ont encouragé un "pacing", autrement dit un ralentissement du développement, après avoir constaté que des modèles créés par ces trois entreprises étaient sortis de leurs environnements de test, avaient piraté d'autres sociétés ou pris des initiatives sans autorisation.
"Nous ralentirons autant que nécessaire afin de nous assurer que chaque nouvelle technologie d'IA que nous lançons est réellement sûre", a déclaré le directeur général d'Anthropic, Dario Amodei, devant l'Organisation des Nations unies (ONU) le mois dernier.