Les dirigeants de l'UE se réunissent à Bruxelles pour un sommet de deux jours au programme chargé. Divisés en camps opposés, ils s'affrontent entre autre au sujet du prochain budget 2028-2034 de l'Union.
Les dirigeants de l'UE se réunissent à Bruxelles pour un sommet de deux jours. À l'ordre du jour : les prix de l'énergie, les échanges commerciaux avec la Chine et le budget.
La bataille autour du prochain budget de l’UE pour les sept prochaines années a occupé le devant de la scène jeudi après-midi, alors que les dirigeants, divisés en deux camps opposés, s’affrontaient sur son montant, ses recettes et ses priorités.
Ce jeudi 15 octobre, les discussions ont donc porté sur une réduction de 141 milliards d’euros du budget de l’UE proposée par la présidence irlandaise, avec des coupes ciblant la recherche, la technologie, l’action climatique, la sécurité et la politique étrangère, tout en épargnant largement l’agriculture et les fonds de cohésion.
Face au budget de 2000 milliards, deux camps
C'est un budget de plus de 2000 milliards d'euros qu'a présenté la Commission européenne, le double du budget sur lequel s'étaient accordés les Vingt-Sept pour la période 2021-2027 qui n'était que de 1 074,3 milliards d'euros.
Les pays dits "frugaux" (l’Autriche, le Danemark, l’Allemagne, la Finlande, les Pays-Bas et la Suède) sont furieux et estiment que les coupes doivent être bien plus importantes et s’appliquer de manière générale. Selon le chancelier allemand, Friedrich Merz, "aucun État membre ne peut se permettre de contribuer à l’Union européenne à une telle échelle." LePremier ministre suédois a parlé de "ligne rouge à ne pas franchir".
À l’inverse, les 17 "Amis de la cohésion" (Bulgarie, Croatie, Chypre, Tchéquie, Estonie, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Malte, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Slovénie et Espagne) s’opposent à une réduction aussi drastique.
Les divergences sont si profondes que l’objectif de parvenir à un accord à l’unanimité d’ici décembre semble sérieusement compromis.
L'énergie au cœur des débats
Les dirigeants de l’UE ont également abordé la flambée des prix des carburants, alors qu’ils cherchent à prendre des mesures pour faire face à une crise énergétique sans précédent.
La hausse des prix de l’énergie, conjuguée à une inflation atteignant 3 % en septembre, a incité plusieurs capitales de l’UE à demander un soutien accru à la Commission européenne.
L’Italie et la Grèce, soutenues par d’autres pays de l’UE, ont récemment exhorté Bruxelles à autoriser des dépenses supplémentaires sans que cela n’entraîne de procédures d’infraction, compte tenu des circonstances exceptionnelles liées au choc énergétique — une demande ambitieuse pour la Commission, qui pourrait se retrouver confrontée à la nécessité de contrôler l’explosion de la dette de plusieurs pays de l’UE.
Le Premier ministre bulgare Rumen Radev s’est démarqué de ses homologues et a soutenu l’accord sur le diesel conclu entre Trump et Poutine. "Nous saluons toute mesure visant à réduire les prix des carburants et à garantir notre compétitivité", a-t-il expliqué.
Quelles relations avec la Chine ?
Dernier item de l'ordre du jour du premier jour de discussions entre les dirigeants européens, la relation entre l'UE et la Chine divise tout autant.
António Costa, président du Conseil européen, a appelé l’UE à "intensifier" les négociations avec la Chine, sans mentionner explicitement ce pays, alors que le déficit commercial de l’UE avec Pékin ne cesse de se creuser.
"Nous devons intensifier un dialogue axé sur les résultats avec nos partenaires internationaux, tout en renforçant notre panoplie d’instruments commerciaux", a-t-il déclaré sur X.
Vendredi dernier, Bruxelles a conclu un accord commercial avec Pékin visant à freiner les importations de voitures chinoises. Toutefois, selon des diplomates européens, cela ne suffira pas à réduire le déficit commercial de 360 milliards d’euros de l’Union européenne vis-à-vis de Pékin.
Les pays de l’UE, qui affichent désormais tous un déficit commercial avec la Chine – y compris l’Allemagne, le plus grand État membre de l’Union –, souhaitent que la Commission élabore une nouvelle stratégie pour la prochaine phase des négociations.
Euronews a appris que les dirigeants de l’UE avaient plaidé jeudi en faveur de quotas d’importation afin de protéger les secteurs de la chimie et des machines industrielles de la concurrence chinoise.
La question a été abordée lors du déjeuner du sommet avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, alors qu’ils discutaient du déficit commercial record de l’Union avec Pékin – ainsi que des mesures potentielles pour contrer la vague d’importations à bas prix.
Un diplomate européen a confirmé à Euronews que les 27 États membres faisaient pression sur la Commission pour qu’elle protège ces deux secteurs, qui comptent parmi les plus durement touchés par la concurrence chinoise.
L’accord conclu vendredi dernier avec Pékin comprend des mesures de sauvegarde négociées visant à freiner les exportations chinoises de voitures hybrides vers l’UE. Cependant, malgré leur importance pour l’industrie européenne, les exportations automobiles chinoises ne représentent que 15 milliards d’euros, contre un déficit commercial de 360 milliards d’euros de l’Union avec Pékin.