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Ukraine-Russie : l'UE veut élargir son rôle dans les pourparlers de paix pour peser sur Washington

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a rencontré les dirigeants de l'Union européenne lors du sommet de la semaine dernière
Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, a rencontré les dirigeants de l'Union européenne lors du sommet de la semaine dernière -  Tous droits réservés  Geert Vanden Wijngaert/Copyright 2026 The AP. Tous droits réservés
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Par Jorge Liboreiro
Publié le
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Bruxelles veut transformer le prochain cycle de pourparlers de paix entre l'Ukraine, la Russie et les États-Unis en format multilatéral avec participation européenne.

L'Union européenne cherche à jouer un rôle plus important dans les pourparlers de paix visant à mettre fin à la guerre menée par la Russie contre l'Ukraine, ce qui pourrait passer par des contacts directs avec Moscou.

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Les États-Unis veulent reprendre en novembre, après les élections de mi-mandat, les discussions trilatérales au niveau technique. L'Ukraine affirme qu'elle est prête à participer à tout format, à tout moment, tandis que la Russie affirme être "prête en principe".

Le processus de paix a été interrompu en février, lorsque les États-Unis ont lancé leur guerre contre l'Iran, réorientant une grande partie de leurs efforts diplomatiques vers le Moyen-Orient.

Bruxelles voit dans une possible reprise des pourparlers l'occasion de passer d'un format trilatéral à un format multilatéral, en faisant une place aux représentants européens à la table des négociations et en offrant à l'UE la possibilité d'influer sur Washington, qui a récemment basculé nettement en faveur de Moscou.

Pour le Kremlin, "rien ne peut être exclu a priori"

Les Européens, toutefois, ont l'habitude d'être pris de court, écartés, voire ignorés par leurs homologues américains, de sorte que rien ne garantit le succès de cette démarche.

"À présent, on s'attend à ce qu'il y ait une discussion au niveau multilatéral avec des représentants de haut rang, et l'UE sera présente à ces discussions", a déclaré vendredi la porte-parole adjointe en chef de la Commission européenne, Arianna Podestà.

"Nous avons toujours œuvré pour que l'Ukraine se trouve en position de force, et nous avons toujours œuvré en faveur d'une paix juste et durable pour l'Ukraine. C'est ce que nous faisons à chaque occasion".

Podestà estime que l'UE devrait être représentée conjointement par la Commission européenne, le bras exécutif du bloc, et le Conseil européen, qui représente les États membres.

Elle n'a pas non plus fermé la porte à d'éventuelles rencontres en face-à-face entre responsables européens et représentants russes.

"À ce stade, je n'ai pas d'autres détails à fournir. L'idée est qu'il y ait une représentation conjointe Commission-Conseil qui assisterait aux réunions", a-t-elle déclaré. "Au-delà, je n'ai pas d'autres éléments à partager".

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, ne s'est pas opposé d'emblée à la participation européenne, comme Moscou l'a fait par le passé, mais il a souligné que le prochain cycle de discussions en préparation resterait trilatéral.

"Rien ne peut être exclu a priori", a déclaré Peskov. "Mais ces discussions dont nous parlons, qui sont prévues pour la première quinzaine de novembre à Abou Dhabi, se dérouleront dans un format trilatéral".

Une place pour deux ?

On ne sait pas encore si les deux institutions de l'UE auront chacune une place à la table.

Les dernières séries de discussions impliquant l'Ukraine, l'Europe et les États-Unis, d'abord à Miami puis plus tard à Oslo, n'ont inclus que Bjoern Seibert, influent chef de cabinet de la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen.

Pedro Lourtie, chef de cabinet du président du Conseil européen, António Costa, n'a pas été invité.

Les conseillers à la sécurité nationale de l'Allemagne, de la France et du Royaume-Uni — le groupe dit des E3 — ainsi que l'OTAN ont participé aux discussions de Miami. À Oslo, l'Italie a pris la place de la France.

Les discussions ont porté sur les garanties de sécurité pour l'Ukraine, les sanctions contre la Russie et la reconstruction d'après-guerre. Après les entretiens d'Oslo, l'envoyé spécial américain Steve Witkoff a rencontré le président russe Vladimir Poutine à Saint-Pétersbourg pendant près de trois heures.

Le Kremlin a ensuite rejeté les propositions de Witkoff, les jugeant "de peu de valeur réelle" pour mettre fin à la guerre, tout en indiquant qu'il était prêt à reprendre les discussions au niveau technique.

Rapprochement entre Washington et Moscou

Des responsables et diplomates de l'UE affirment que Moscou ne montre toujours aucun signe d'abandon de ses exigences maximalistes ni d'engagement réel dans le processus de paix. Mais, compte tenu de l'enjeu, disent-ils, l'Europe ne peut pas se permettre de rester sur la touche.

La décision du président américain, Donald Trump, de conclure un accord d'approvisionnement en diesel avec Poutine et d'alléger les sanctions de longue date visant la Russie a alarmé les capitales européennes. Elle renforce leur conviction que la présence de l'UE à la table est essentielle comme contrepoids à Washington.

Le président ukrainien, Volodymyr Zelensky, que Trump a à plusieurs reprises critiqué, a exhorté les dirigeants européens à établir leur propre canal diplomatique avec Moscou.

Volodymyr Zelensky répond aux journalistes avant sa rencontre avec le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo, à Kyiv, en Ukraine, le jeudi 22 octobre 2026
Volodymyr Zelensky répond aux journalistes avant sa rencontre avec le Premier ministre finlandais, Petteri Orpo, à Kyiv, en Ukraine, le jeudi 22 octobre 2026 Photo AP/Efrem Lukatsky

Plus tôt cette année, António Costa a discrètement ouvert une ligne de communication avec la Russie, mais cette initiative n'a pas donné de résultats et a été mise en suspens.

L'idée de nommer un envoyé spécial a de nouveau été discutée par les dirigeants de l'UE lors du sommet de la semaine dernière. Aucun candidat consensuel ne s'est imposé, mais le président finlandais Alexander Stubb est revenu dans la discussion après avoir coorganisé le dernier cycle de pourparlers à Oslo.

Moscou a ensuite indiqué qu'elle pourrait accepter Stubb comme intermédiaire, à condition qu'il ne "répète" pas la position européenne — une condition qui a peu de chances de convenir au président finlandais, fervent allié de l'Ukraine.

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