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Attentat de Trappes : un hommage national sera rendu à Pengo Bossio Wangi

Un attentat terroriste raciste a eu lieu à Trappes, le vendredi 23 octobre, faisant un mort et plusieurs blessés.
Un attentat terroriste raciste a eu lieu à Trappes, le vendredi 23 octobre, faisant un mort et plusieurs blessés. -  Tous droits réservés  AP Photo/Emma Da Silva
Tous droits réservés AP Photo/Emma Da Silva
Par Nathan Joubioux
Publié le •Mis à jour
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Une minute de silence a été observée en hommage à la victime de l'attentat de Trappes, en ouverture de la séance à l'Assemblée nationale ce mardi. La suite des débats a été nettement plus tendue.

Il s'appelait Pengo Bossio Wangi, avait 26 ans et a été tué lors de l'attentat terroriste raciste survenu à Trappes, le vendredi 23 octobre. Quatre jours après le périple meurtrier de Kevin T., qui a également fait sept blessés, le gouvernement français a annoncé qu'un "hommage national sera rendu" à la victime. Il sera présidé par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

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Cependant, Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, n'a toutefois pas précisé le jour de cette cérémonie.

Lors du Conseil des ministres, Emmanuel Macron a appelé à "l'unité" et "la dignité" et a "insisté sur le fait que la très faible compassion qu’il y a eue dans les heures qui ont suivi était de nature à inquiéter, de même que les tentatives d’instrumentalisation qui ont suivi", a-t-elle déclaré lors de son compte rendu.

Le chef de l'État avait qualifié le drame d'"attentat terroriste raciste" et s'était rendu sur place vendredi. Mais ses déclarations ont également suscité des critiques. Il avait en effet affirmé qu'il s'agissait d'une "première fois" qu'un acte terroriste visait à tuer "en raison de la couleur de peau ou de la religion", malgré des précédents visant des juifs ou des chrétiens.

Emmanuel Macron s'est rendu à Trappes auprès du maire et du préfet du département, le 23 octobre 2026.
Emmanuel Macron s'est rendu à Trappes auprès du maire et du préfet du département, le 23 octobre 2026. Hannah McKay/Pool Photo via AP

Un hommage national a été demandé cette semaine par Cyrielle Chatelain, cheffe du groupe écologiste à l'Assemblée nationale, lors des Questions au gouvernement (QAG). Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, n'avait alors pas répondu à cette demande.

Débat houleux à l'Assemblée nationale

Mardi, les députés français ont déjà rendu hommage à Pengo Bossio Wangi en observant une minute de silence devant les membres de sa famille et le maire de Trappes, Ali Rabeh. "Le racisme tue, la haine de l'autre tue. Derrière cet attentat, c'est une certaine idée de la France qui est ciblée", a souligné Yaël Braun-Pivet, présidente de chambre basse.

Mais cette concorde nationale n'aura duré qu'une seule minute. Lors des QAG qui ont suivi, Sébastien Chenu, nouveau chef de file des députés Rassemblement national, a interpellé le Premier ministre sur les mesures qu'il comptait prendre pour "restaurer l'État de droit". Chenu a pris la présidence du groupe RN en remplacement de Marine Le Pen, quise consacre à sa campagne présidentielle.

Son intervention a provoqué le départ de nombreux députés de gauche de l'hémicycle, avant que le Premier ministre ne s'emporte à son tour contre ceux qui avaient déserté l'hémicycle.

"Il y avait, avant, un délai de décence et de dignité dans lequel on pleurait les victimes, on respectait le deuil des familles, on montrait de la compassion, de la fraternité", a répondu le Premier ministre, dénonçant les récupérations politiques.

"Voir ce spectacle dans lequel tout sent la campagne présidentielle matin, midi et soir, marque une forme d'indignité. Quelles que soient vos sensibilités politiques, j'en appelle au sursaut et à être debout pour la République."

Cyrielle Chatelain, qui avait ouvert les débats lors des Questions au gouvernement, a elle attaqué "les dirigeants du RN" qui "continuent de qualifier la ville de Trappes de foyer jihadistes".

"Frustration" et "colère" du maire de Trappes

Des débats qui ont agacé le maire de Trappes. Lors de sa conférence de presse au sortir des QAG, il a déploré "l'absence éloquente de Marine Le Pen, [...] qui n'a manifestement pas réussi à soutenir le regard de la famille de Pengo".

Il s'est ensuite dit "surpris" duparallèle entre Pengo Bossio Wangi et Quentin Deranque, militant d'ultradroite mort à Lyon en février dernier, après une altercation, fait par Sébastien Lecornu.

Ali Rabeh a dénoncé "une forme d'indécence de renvoyer dos à dos ultradroite et ultragauche", alors que "le discours de l'extrême droite vient d'armer la main d'un terroriste qui a tenté de faire des dizaines de morts".

Le profil inquiétant du suspect

Vendredi matin, Kevin T., 39 ans, a ouvert le feu sur plusieurs personnes à Trappes et La Verrière, dans les Yvelines, tuant Pengo Bossio Wangi, d'origine africaine, et blessant plusieurs autres personnes, dont au moins quatre ayant des noms à consonance africaine ou maghrébine, a précisé le procureur national antiterroriste (Pnat), Olivier Christen. Une fillette de 12 ans avait reçu douze impacts de balle. Elle est désormais hors de danger.

Le caractère raciste a été retenu par les autorités. Si le tireur le conteste, il a malgré tout reconnu avoir visé "les Noirs et les Arabes" pour "venger les commerçants" après les pillages du 17 octobre.

Interpellé en quelques minutes seulement, le tireur avait été placé en garde à vue avant d'être transféré, dimanche, à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police, à Paris, pour "une période d'observation". Le lendemain, il a de nouveau été placé en garde à vue. "Il ne présentait pas de symptômes de décompression aiguë, ni de signes directs ou indirects en faveur d’une activité hallucinatoire ou délirante, ni de signes cliniques d’une pathologie aliénante décompensée, justifiant une hospitalisation sous contrainte", a précisé Olivier Christen.

Une analyse toxicologique "a permis de révéler la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang", a également annoncé le PNAT.

La police a également découvert à son domicile un exemplaire de "Mein Kampf", l'ouvrage d'Adolf Hitler. Une Bible et un Coran ont également été retrouvés dans l'appartement du suspect, situé dans la commune de Plaisir.

Les enquêteurs ont par ailleurs indiqué que l'homme avait piégé son logement au moyen de trois bonbonnes de gaz et de fils électriques reliés à un minuteur.

En révélant des messages Messenger du suspect, Mediapart a révélé le soutien de Kevin T. aux théories du RN et son obsession de l'immigration. "Je supporte plus d’être envahi et de rien faire contre ça", a-t-il notamment écrit, affirmant que "le problème n'est pas que le pouvoir d'achat, mais aussi l'émigration massive".

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