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Attentat raciste de Trappes : le principal suspect transféré en soins psychiatriques

Des policiers interviennent après une fusillade à Trappes, en région parisienne, vendredi 23 octobre 2026.
Des policiers interviennent après une fusillade à Trappes, en région parisienne, vendredi 23 octobre 2026. -  Tous droits réservés  AP Photo/Emma Da Silva
Tous droits réservés AP Photo/Emma Da Silva
Par Alexander Kazakevich
Publié le •Mis à jour
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La garde à vue de l'assaillant, qui a fait un mort et cinq blessés, a été levée dans la nuit de samedi à dimanche le temps "d'une période d'observation psychiatrique". Les analyses toxicologiques ont par ailleurs révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang, selon les autorités.

La garde à vue du suspect de l'attaque de Trappes, dans les Yvelines, qui a coûté la vie à un homme de 26 ans et fait cinq blessés, dont une fillette de 12 ans toujours en urgence absolue, a été suspendu "pour raisons psychiatriques", a annoncé ce dimanche matin le Parquet national antiterroriste (pnat).

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Le tireur présumé a été transféré à l'infirmerie psychiatrique de la préfecture de police, à Paris, pour "une période d'observation (...) susceptible de durer 48 heures".

Cette mesure "doit permettre d’apprécier si son état de santé psychiatrique est compatible avec la possibilité de poursuivre ses auditions", a précisé la même source.

Le pnat indique également que les analyses toxicologiques ont révélé la présence de cannabis et de cocaïne dans le sang du suspect.

Quatre personnes appartenant à son entourage familial et amical sont par ailleurs toujours entendues par les enquêteurs.

"Mein Kampf" retrouvé au domicile de l'assaillant

Le profil du tireur présumé, Kevin T., 39 ans, inquiète : la police a découvert à son domicile un exemplaire de "Mein Kampf", l'ouvrage d'Adolf Hitler, selon une source proche de l'enquête citée par l'AFP. Une Bible et un Coran ont également été retrouvés dans l'appartement du suspect, situé dans la commune de Plaisir.

Les enquêteurs ont par ailleurs indiqué que l'homme avait piégé son logement au moyen de trois bonbonnes de gaz et de fils électriques reliés à un minuteur.

Vendredi 23 octobre, vers 10 h 30, le suspect a tiré en rafale depuis un véhicule sur des passants à Trappes et à La Verrière, à une trentaine de kilomètres au sud-ouest de Paris.

Rapidement interpellé, il était en possession d'un pistolet-mitrailleur datant de la Seconde Guerre mondiale et de grenades lacrymogènes dans sa voiture.

"Le racisme tue"

L'homme tué, identifié comme Pengo Bossio Wangi, 26 ans, est décrit par plusieurs médias comme un espoir français du MMA.

Samedi, des centaines de personnes se sont rassemblées sur les lieux de l'attentat, pour rendre hommage à la victime. Elles brandissaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Trappes réclame justice et vérité" ou encore "Les mots tuent", avant d'observer une minute de silence en sa mémoire.

"Cela aurait pu arriver à n'importe qui. Il a tiré sur des Noirs, des Arabes", a déclaré à l'AFP un commerçant d'origine nord-africaine de cette banlieue populaire.

"Le racisme tue. L'extrême droite tue", a déclaré Mathilde Panot, cheffe de file des députés LFI, présente au rassemblement organisé près du lieu de la fusillade.

La famille de la victime affirme que le suspect était connu des autorités et s'interroge sur la manière dont il était suivi.

Condamné à quatre reprises pour des infractions de droit commun, notamment des délits routiers, il n'était pas dans les radars des services de renseignement, selon les informations disponibles.

Dans un communiqué transmis par leur avocat, les proches de Pengo Bossio Wangi réclament une enquête sur d'éventuelles défaillances des autorités et demandent que soit reconstitué "de manière exhaustive, le parcours de radicalisation" du suspect, "ainsi que les sources idéologiques auxquelles il a été exposé".

Selon le quotidien Le Monde, le suspect aurait déclaré aux policiers vouloir s'en prendre à des personnes issues de l'immigration pour "venger" les commerçants dont les établissements avaient été pillés le 17 octobre.

Les tensions politiques et sociales ont dégénéré en émeutes incontrôlées une semaine plus tôt. Ce samedi, l'acte II de la mobilisation des lycéens, des étudiants et des syndicats s'est déroulé avec moins de dégradations, malgré quelques affrontements entre les forces de l'ordre et des manifestants.

Macron crée la polémique

Le président Emmanuel Macron a qualifié la fusillade des Yvelines d'"attentat terroriste raciste", et s'est rendu sur place.

Mais il a aussi suscité des critiques, affirmant qu'il s'agissait d'une "première fois" qu'un acte terroriste visait à tuer "en raison de la couleur de peau ou de la religion".

Emmanuel Macron sur place, aux côté du maire de Trappes, Ali Rabeh, et le préfet des Yvelines, Brice Blondel.
Emmanuel Macron sur place, aux côté du maire de Trappes, Ali Rabeh, et le préfet des Yvelines, Brice Blondel. Hannah McKay/Pool Photo via AP

Plusieurs précédents existent pourtant en France, comme les attentats commis par Mohamed Merah à Toulouse et Montauban en 2012, l'attaque de l'Hyper Cacher en 2015, visant la communauté juive, l'assassinat du père Hamel en 2016 ou encore l'attentat de la basilique Notre-Dame de Nice en 2020.

Sur X, le président du Conseil représentatif des institutions juives de France (CRIF), Yonathan Arfi, a estimé que la déclaration du Président de la République méritait "un correctif", rappelant les noms de plusieurs victimes.

Vendredi soir, dans un message publié sur X, le chef de l'État est revenu sur son oubli, reconnaissant que "notre pays a connu, ces dernières années, des attentats qui ont frappé des chrétiens parce qu’ils étaient chrétiens et des juifs parce qu’ils étaient juifs".

"Aucune de ces victimes ne doit être oubliée. Aucune douleur ne doit être hiérarchisée", a-t-il ajouté.

L'attentat des Yvelines survient dans un contexte de profondes divisions en France, à six mois des élections, alors que la candidate d'extrême droite Marine Le Pen est en tête des intentions de vote.

Ce samedi, alors que le Rassemblement national ouvrait son congrès à Orléans, une contre-manifestation a réuni entre 11 000 et 26 000 personnes, selon les chiffres respectifs de la préfecture et des organisateurs.

Parmi les participants figurait Bally Bagayoko, maire LFI de Saint-Denis, cible régulière des critiques de la droite et de l'extrême droite pour son soutien au mouvement social et notamment sa présence lors de blocages lycéens. "Partout où celles et ceux qui se lèvent contre le racisme pour dire que le France est antifasciste, je me trouverai à leur côté (...) C'est le énième attentat raciste qui vient dire que désormais nous devons agir", a-t-il déclaré.

Marine Le Pen avait réagi après la fusillade, dénonçant un acte criminel "aggravé par le mobile abject du racisme".

"La justice se devra d’être implacable", a-t-elle ajouté.

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