La Corée du Sud inflige à Google et Apple une amende de 63,7 milliards de wons (42,7 millions d'euros) pour leurs systèmes de paiement et règles d'apps, s'ajoutant à d'autres sanctions, notamment dans l'Union européenne (UE).
Mercredi, l'autorité sud-coréenne des médias et des télécommunications a ordonné à Google et Apple de verser au total 63,7 milliards de wons (42,7 millions d'euros), les accusant de profiter de leur contrôle sur les boutiques d'applications pour pousser les développeurs vers leurs propres outils de paiement et de retarder l'examen des applications.
Les deux sociétés américaines ont déjà fait face à des sanctions similaires ailleurs, y compris dans l'Union européenne (UE).
La Korea Media and Communications Commission (KMCC) a infligé une amende de 42,9 milliards de wons (28,7 millions d'euros) à Google et de 20,8 milliards de wons (13,9 millions d'euros) à Apple, à l'issue d'une enquête ouverte en août 2022.
Elle a conclu que les deux groupes avaient enfreint une loi de 2021 qui interdit aux exploitants de boutiques d'applications d'imposer aux développeurs un système de paiement spécifique, une règle que la Corée du Sud a été le premier pays au monde à mettre en œuvre.
Sur le papier, Google et Apple autorisaient les développeurs à proposer d'autres systèmes de paiement dans leurs applications. Mais ils prélevaient une commission de 26 % sur ces paiements, à peine en dessous des 30 % facturés pour leurs propres systèmes, et limitaient certaines fonctionnalités, ce qui, selon la commission, ne laissait aux développeurs que très peu de marge de manœuvre réelle.
Les paiements via des sites web externes étaient également totalement bloqués.
L'autorité a aussi constaté que les entreprises ralentissaient l'examen des applications sans expliquer clairement aux développeurs les raisons ni préciser quand ces examens reprendraient.
Apple a par ailleurs facturé aux développeurs sud-coréens des montants plus élevés que dans d'autres pays entre 2015 et janvier 2023, en calculant sa commission sur des prix incluant la taxe sur la valeur ajoutée.
Les deux entreprises doivent désormais permettre aux développeurs sud-coréens d'insérer des liens vers des options de paiement externes dans leurs applications et améliorer leurs procédures de révision. Elles disposent d'un mois pour présenter leurs plans et de trois mois pour mettre en œuvre les changements.
Le président de la commission, Kim Jong-cheol, a indiqué espérer que ces sanctions entraîneraient de véritables changements sur le marché, en rappelant que la loi sud-coréenne s'applique de la même manière aux entreprises nationales et étrangères.
Google et Apple n'ont pas encore réagi publiquement à cette décision.
Un bras de fer bien connu en Europe
L'affaire fait écho aux bras de fer engagés dans l'UE, où le règlement sur les marchés numériques (DMA), un texte qui fixe des règles pour les plus grandes plateformes en ligne, interdit aux plateformes dites gatekeepers d'empêcher les développeurs de diriger les utilisateurs vers des offres moins coûteuses.
En avril 2025, la Commission européenne a infligé à Apple une amende de 500 millions d'euros, sur la base du DMA, pour avoir bloqué ce type de redirection sur sa boutique d'applications, une décision à laquelle le groupe a fait appel.
En août de cette année, à la suite de ce qu'elle a qualifié de collaboration étroite avec la Commission, Apple a annoncé de nouvelles conditions applicables dans l'UE, entrant en vigueur le 1er octobre.
Ces nouvelles conditions réduisent sa commission standard sur les achats intégrés à 26 % contre 30 % auparavant et fixent un taux de 15 % lorsque les développeurs renvoient les utilisateurs vers un autre canal pour finaliser un achat.
Dans le même temps, Bruxelles a infligé à Google une amende de 890 millions d'euros en juillet, dont 430 millions d'euros pour avoir limité la possibilité, pour les développeurs sur Google Play, d'orienter les utilisateurs vers des options d'achat moins chères.
Depuis, le groupe a modifié une partie de ses commissions et de ses conditions sur Google Play, des changements que la Commission examine encore, et a contesté ces amendes.