Un peu plus d'une semaine après la victoire du mouvement étudiant aux législatives serbes, Emmanuel Macron a félicité sa tête de liste, Ilija Srdanović. Un soutien affiché alors que le président français fait lui-même face à une importante contestation sociale, elle aussi portée par la jeunesse.
Un peu plus d'une semaine après la victoire historique de la Liste étudiante aux élections législatives en Serbie, Emmanuel Macron a félicité lundi sa tête de liste, Ilija Srdanović.
Dans un message publié sur X, le président français a indiqué s'être entretenu avec le représentant du mouvement étudiant, saluant “sa large victoire électorale aux élections législatives, marquées par un taux de participation historique.”
Emmanuel Macron a également réaffirmé “l'amitié de la France pour la Serbie” et la “détermination” de Paris “à continuer de l'accompagner sur son chemin européen”.
Le premier membre du gouvernement français à avoir réagi aux résultats des élections en Serbie a été le ministre délégué chargé de l'Europe, Benjamin Haddad.
Dès le lendemain du scrutin, il avait salué sur X un "élan démocratique marqué par une forte participation" et réaffirmé le soutien de la France à l'intégration européenne de la Serbie, évoquant la "réunification" du continent.
Un mouvement né de la contestation des étudiants
Lors des élections législatives serbes, la Liste étudiante a remporté 140 des 250 sièges du Parlement, décrochant ainsi la majorité absolue et mettant fin à plus d'une décennie de domination politique d'Aleksandar Vučić.
Ce séisme politique intervient après près de deux ans de mobilisation contre le pouvoir en place déclenché par l'effondrement d'un auvent de la gare de Novi Sad en 2024, qui avait coûté la vie à 16 personnes.
Les manifestants dénonçaient une corruption jugée endémique au sein des institutions et réclamaient davantage de transparence ainsi qu'un renforcement de l'État de droit.
La Liste étudiante doit désormais s'atteler à la formation d'un nouveau gouvernement, avec pour principaux défis la lutte contre la corruption, le renforcement des institutions démocratiques et la poursuite du rapprochement avec l'Union européenne.
En France, la mobilisation de la jeunesse se poursuit
Les félicitations d'Emmanuel Macron interviennent alors que le président français est lui-même confronté à un mouvement de contestation sociale porté notamment par des lycéens et des étudiants. Ceux-ci dénoncent leurs conditions d'apprentissage et les inégalités d'accès à l'enseignement supérieur.
Le mouvement, auquel se sont joints d'anciens gilets jaunes, s'est progressivement étendu à la contestation de la vie chère et a donné lieu à trois week-ends consécutifs de mobilisation à travers le pays.
Pour tenter d'apaiser la contestation, le gouvernement a annoncé plusieurs mesures, notamment le remplacement progressif de la plateforme Parcoursup, jugé inégalitaire et opaque, d'ici 2028, ainsi qu'une enveloppe de 4 milliards d'euros de prêts destinée aux régions, pour la rénovation du bâti scolaire.
Ces annonces ont été jugées insuffisantes par les organisations lycéennes et étudiantes. Quelques établissements ont de nouveau été bloqués lundi, à l'occasion de la rentrée scolaire après les vacances d'automne.
Le gouvernement appelle toutefois désormais à une reprise des cours, le ministre de l'Éducation nationale, Édouard Geffray, mettant en garde contre les risques d'échec aux examens, tandis qu'Emmanuel Macron a estimé que "les jeunes ont été entendus".
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a quant à lui proposé une nouvelle rencontre avec les représentants des lycéens la semaine prochaine, afin d'évaluer l'avancée des mesures annoncées et d'envisager les prochaines étapes.
D'autres actions sont prévues dans les prochains jours, avec pour point d'orgue une journée de grève et de manifestations interprofessionnelles jeudi 5 novembre, à l'appel de la quasi-totalité des grandes organisations syndicales.