Les revenus d'Anthropic ont bondi de 47 % à 17 milliards de dollars (15,1 milliards d'euros) au dernier trimestre, mais le développeur de Claude est revenu à une perte opérationnelle et affiche près de 900 milliards de dollars d'engagements, avant son entrée au Nasdaq.
Anthropic, la société américaine à l'origine des modèles d'IA Claude, a réalisé 17 milliards de dollars (15,1 milliards d'euros) de chiffre d'affaires au troisième trimestre, soit une hausse de 47 % par rapport au trimestre précédent et plus de douze fois ses ventes d'il y a un an.
Toutefois, elle est passée à une perte d'exploitation et a révélé environ 895,4 milliards de dollars (800 milliards d'euros) d'engagements d'achat et de location, principalement pour des capacités de calcul, dans un prospectus actualisé déposé lundi auprès des autorités américaines, avant son introduction en Bourse.
La perte d'exploitation de 567 millions de dollars (506 millions d'euros) est à comparer à un bénéfice de 974 millions de dollars (870 millions d'euros) au deuxième trimestre. Anthropic l'a attribuée en partie aux 5 milliards de dollars (4,46 milliards d'euros) dépensés pour une capacité de calcul de court terme, achetée lorsque la demande dépassait ses contrats de long terme, ce qui, selon le document, "currently costs significantly more".
L'entreprise a également comptabilisé une charge hors trésorerie de 2 milliards de dollars (1,78 milliard d'euros) pour un programme d'abondement des dons des employés.
Sur une base ajustée, le résultat d'exploitation s'est élevé à 2,5 milliards de dollars (2,23 milliards d'euros), soit une marge de 15 %, contre 19 % au trimestre précédent.
Sa perte nette a atteint 23,3 milliards de dollars (20,8 milliards d'euros), contre 12,1 milliards de dollars (10,8 milliards d'euros) un an plus tôt.
Au cours des neuf premiers mois, Anthropic a perdu 104 milliards de dollars (92,9 milliards d'euros) pour un chiffre d'affaires de 33,2 milliards de dollars (29,6 milliards d'euros), mais 94,3 milliards de dollars (84,2 milliards d'euros) de ce total correspondaient à des charges hors trésorerie liées à des obligations convertibles, une dette qui peut être échangée contre des actions, dont la valeur a naturellement augmenté avec celle de l'entreprise.
La croissance s'est également tassée après que les ventes ont plus que doublé entre le premier et le deuxième trimestre, et Anthropic avait déjà communiqué en octobre aux investisseurs des chiffres préliminaires signalant un ralentissement.
Le document estime que 5 % à 7 % du chiffre d'affaires sur neuf mois provient de clients qui enfreignent ses règles d'utilisation ou ses conditions commerciales, en avertissant que la répression de ces pratiques "may reduce our overall revenue and growth rates in future periods".
Anthropic a également indiqué qu'elle "may imminently meet" son propre seuil de "dramatically accelerated progress attributable to AI", dans lequel l'IA contribue à construire une IA plus performante, un processus qui, a-t-elle averti, "could also pose a considerable safety risk", même si elle n'a pas encore désigné de modèle actuel comme l'ayant franchi.
Conséquences pour l'introduction en Bourse
Anthropic a rendu son prospectus public le 26 octobre et prévoit d'être cotée sur le Nasdaq sous le symbole ANT, même si une fourchette de prix n'a pas encore été fixée.
Les règles américaines en matière de valeurs mobilières obligent les entreprises à publier leur prospectus au moins 15 jours avant le début d'un roadshow. Cela signifie qu'Anthropic pourrait commencer à promouvoir ses actions dès la semaine prochaine et être introduite en Bourse à partir de la semaine du 16 novembre.
Les engagements d'Anthropic représentent presque sept fois les 131,8 milliards de dollars (117 milliards d'euros) de trésorerie et d'investissements à court terme qu'elle détenait fin septembre, même s'ils s'étalent sur de nombreuses années.
Environ 70 milliards de dollars (62,5 milliards d'euros) arrivent à échéance dans les 12 mois et quelque 450 milliards de dollars (402 milliards d'euros) d'ici fin 2030, tandis qu'environ 214 milliards de dollars (191 milliards d'euros) peuvent être annulés ou dépendent de certaines conditions.
Selon des informations de presse, certains investisseurs ont revu à la baisse leurs attentes de valorisation à environ 1,5 billion de dollars (1,33 billion d'euros), contre environ 2 billions de dollars (1,78 billion d'euros) évoqués auparavant, après une vague de ventes d'actions technologiques alimentée par les inquiétudes sur les dépenses liées à l'IA.
Cela resterait néanmoins bien au-dessus de la valorisation de 965 milliards de dollars fixée lors de sa levée de fonds privée en mai.