Les pays de la zone euro ont jusqu'à vendredi pour présenter des candidats au poste de président de la Banque centrale européenne, les ministres des Finances devant faire le point sur les nominations le 9 novembre, a indiqué à Euronews un porte-parole de l'Eurogroupe.
La course pour diriger la Banque centrale européenne (BCE) est officiellement lancée.
Les gouvernements de la zone euro ont jusqu'à ce vendredi pour nommer un successeur à Christine Lagarde, et les ministres des Finances du bloc examineront les noms lors d'une réunion le 9 novembre, a indiqué à Euronews un porte-parole de l'Eurogroupe, qui rassemble les ministres des Finances de la zone euro.
À la suite de la lettre de Lagarde au président du Conseil européen António Costa jeudi dernier, "le Conseil de l'UE a engagé la procédure de nomination d'un successeur à la présidente de la BCE", a déclaré le porte-parole.
"Les membres du directoire de la BCE sont nommés par le Conseil européen, qui prend sa décision sur la base d'une recommandation du Conseil concernant un candidat", a précisé le porte-parole, en faisant référence respectivement aux dirigeants de l'UE et aux ministres nationaux.
Seuls les pays qui utilisent l'euro votent sur cette recommandation, raison pour laquelle ces nominations sont d'abord discutées au sein de l'Eurogroupe.
Son président, le ministre grec des Finances Kyriakos Pierrakakis, "a appelé les États membres à envoyer leurs candidatures d'ici vendredi 6 novembre", a ajouté le porte-parole, en concluant que "l'Eurogroupe, lors de sa réunion du 9 novembre, fera le point sur les candidatures".
Un candidat devra obtenir le soutien d'au moins 16 des 21 pays de la zone euro, représentant au moins 65 % de la population du bloc.
Les dirigeants de l'UE prennent ensuite la décision finale, une fois que le Parlement européen et le Conseil des gouverneurs de la BCE ont donné leur avis.
Pourquoi Lagarde s'en va
Lagarde a annoncé la semaine dernière qu'elle quitterait ses fonctions le 7 février 2027, écourtant son mandat de huit ans de près de neuf mois.
S'adressant aux journalistes à Francfort plus tard dans la journée, elle a déclaré que partir lui donnerait la liberté de s'exprimer au-delà de la politique monétaire.
"Je ne pense pas que je puisse rester neutre", a déclaré Lagarde. "Je m'intéresse à la vérité, et je vois que la vérité est très souvent abîmée, contredite par des présentations trompeuses."
Cependant, Lagarde a refusé de dire si elle soutiendrait un candidat à l'élection présidentielle en France en avril 2027.
Comme Euronews l'a rapporté depuis février, des rumeurs tout au long de l'année ont mis en relation le calendrier de son départ avec les élections en France, un départ anticipé donnant au président français Emmanuel Macron et au chancelier allemand Friedrich Merz leur mot à dire sur la personne qui la remplacera, alors que l'extrême droite est fortement créditée dans les sondages avant le scrutin d'avril.
Lagarde a promis une "parfaite continuité des activités", décrivant la BCE comme "solide, forte comme un roc".
La banque centrale a maintenu son taux de dépôt à 2,5 % le même jour, et elle présidera encore deux réunions de fixation des taux, en décembre et en février.
Les favoris
Deux noms sont en tête de la course pour le poste de présidence de la BCE, tous deux soutenus publiquement par leurs gouvernements en septembre, plusieurs semaines avant l'annonce de Lagarde.
L'un est Pablo Hernández de Cos, directeur général de la Banque des règlements internationaux (BIS), souvent qualifiée de banque centrale des banques centrales, et ancien gouverneur de la Banque d'Espagne de 2018 à 2024.
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez l'a adoubé lors d'une interview à Bloomberg le 23 septembre, consolidant la toute première candidature de l'Espagne à la présidence de la BCE. Fait inhabituel, le chef de l'opposition Alberto Núñez Feijóo l'a également soutenu en octobre, avant les élections anticipées de ce mois-ci.
L'autre principal candidat est Klaas Knot, qui a dirigé la banque centrale néerlandaise pendant 14 ans, jusqu'en 2025. Le lendemain du soutien de Sánchez, le Premier ministre néerlandais Rob Jetten a déclaré à Bloomberg que Knot serait "parfaitement adapté" à de nombreux pays.
Les marchés de prédiction indiquent eux aussi qu'il s'agit d'une course à deux.
Mardi matin, les traders sur Kalshi attribuaient à Hernández de Cos 34 % de chances d'obtenir le poste et à Knot 31 %, tandis que sur Polymarket l'écart était plus large, à 41 % et 30 % respectivement.
Sur les deux plateformes, l'ancien gouverneur de la Banque de France François Villeroy de Galhau, qui a démissionné en février, arrivait troisième, avec 5 % et 13 %, même si seulement quelques milliers de dollars ont été misés sur chaque marché.
Le président de la Bundesbank Joachim Nagel a également déjà été mentionné dans la course, même si aucun Allemand n'a jamais dirigé la BCE.
La présidence n'est qu'une partie des négociations.
L'Allemande Isabel Schnabel, qui supervise les opérations de marché de la BCE, partira pour le FMI le 3 janvier, et le mandat de l'économiste en chef irlandais Philip Lane prendra fin à la fin du mois de mai de l'année prochaine.
Alors que la moitié des six membres du directoire sera renouvelée en l'espace de cinq mois, les capitales devraient négocier les trois postes comme un paquet.
Paris devrait viser le poste de chef économiste plutôt qu'une troisième présidence française, tandis que Madrid souhaite retrouver un siège au directoire après avoir perdu la vice-présidence cette année.