Plusieurs organisations syndicales appellent à une journée de grève et de manifestation ce jeudi 5 novembre. Le gouvernement a annoncé un important dispositif de sécurité sur tout le territoire.
Cheminots, étudiants, enseignants, salariés, fonctionnaires et retraités sont appelés à se mobiliser ce jeudi 5 novembre, sur fond de mouvement social initié par les lycéens.
À l'origine de cette nouvelle journée d'action, l'intersyndicale réunit la CFDT et la CGT, les deux premières forces syndicales de France, aux côtés de la FSU et de l'UNSA, les deux principales organisations de l'Éducation nationale.
Au cœur des revendications : la défense du pouvoir d'achat, le soutien à la jeunesse ou encore l'amélioration des services publics. Deux jours avant cette mobilisation et après le déblocage de stocks stratégiques, le gouvernement a mis en avant une baisse des prix du carburant dans des milliers de stations-service.
Dans la capitale, les syndicats avaient demandé un départ de la place de la Bastille à 14 heures, avec une arrivée place de la Concorde, en passant par la rue Saint-Antoine et la rue de Rivoli. Un itinéraire stratégique près des lieux de pouvoir, notamment de l'Assemblée nationale, alors que les débats sur le budget 2027 sont en cours.
Mais la préfecture a refusé ce tracé, invoquant les risques de troubles à l'ordre public. Elle a autorisé un parcours alternatif entre la place de la République et la place de la Nation. Elle a également interdit une manifestation près du palais de l'Elysée.
Perturbations dans les transports
Plusieurs syndicats à la SNCF appellent les cheminots à la grève. Des difficultés sont annoncées sur les TER, les trains Intercités, les TGV et plusieurs lignes de RER.
À Paris, le métro devrait fonctionner normalement. Dans la métropole lyonnaise, la préfecture du Rhône a interdit les manifestations dans une large partie du centre-ville. Les perturbations seront nombreuses sur le réseau TCL avec notamment plusieurs métros à l'arrêt.
Le trafic maritime sera également perturbé dans tous les ports du pays. Un préavis de grève a également été déposé par les contrôleurs du trafic aérien. Des actions sont aussi prévues sur certaines routes et autoroutes, comme à Strasbourg, où un blocage sur l'A35 est à prévoir.
La participation sera scrutée
La CGT recense plus de 200 manifestations prévues jeudi dans toute la France. De leur côté, les forces de l'ordre redoutent la formation de "cortèges sauvages".
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a annoncé que le dispositif sécuritaire sera "exactement le même que celui du 31 octobre". Au total, 70 000 policiers et gendarmes seront mobilisés dans tout le pays. Les unités spécialisées comme le RAID, le GIGN, la BRI seront également présentes.
Le précédent samedi de manifestations, le 31 octobre, avait rassemblé 320 000 personnes, dont 70 000 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur. L'intersyndicale de la jeunesse avait, de son côté, revendiqué près de 500 000 participants dans toute la France, dont 200 000 dans la capitale.
Un chiffre en baisse par rapport aux précédents épisodes : le gouvernement avait comptabilisé 410 000 participants le samedi 24 octobre, contre 550 000 le 17 octobre. Les organisateurs avaient, quant à eux, dénombré 800 000 manifestants lors de chacune de ces deux journées.