Françoise Degois publie “Vous êtes tous trop durs avec moi”, ouvrage dans lequel elle retranscrit ses échanges privés avec le chef de l’État. Emmanuel Macron s’y confie sur la dissolution, le RN, LFI, Gabriel Attal ou encore la dissolution.
L'ancienne conseillère de Ségolène Royal, ex-journaliste politique à France Inter et chroniqueuse régulière des plateaux de télévision Françoise Degois publie jeudi 5 novembre "Vous êtes tous trop durs avec moi" (édition Robert Laffont), un livre choc tiré de ses conversations privées avec Emmanuel Macron, dont les extraits ont été dévoilés par Le Figaro et Marianne.
Après “Un président ne devrait pas dire ça…” (Gérard Davet et Fabrice Lhomme) point final de la présidence de François Hollande, c’est au tour de son successeur Emmanuel Macron d’être le sujet d’un livre reprenant des confidences sans filtre.
Contrairement à l’ex-président socialiste, l’actuel chef de l’État a appris il y a quelques jours que ses états d’âme envoyés via Telegram à l’éditorialiste Françoise Degois allaient être rendus publics.
C'est le chef de l'Etat qui initie la conversation à l'été 2024 pour remercier Françoise Degois d'avoir soutenu sur X Brigitte Macron, alors visée par des messages complotistes l'accusant d'être un homme. "Je vous remercie et mon épouse aussi. Au-delà des différences politiques, ce qui compte, ce sont vos mots", lui écrit-il, signé d'un "EM". Françoise Degois saisit l'occasion et poursuit les échanges avec le premier personnage de l'Etat.
Son livre confirme notamment qu'Emmanuel Macron n’a jamais eu l’intention de confier à la coalition du Nouveau Front populaire, arrivée en tête des législatives de 2024, la mission de constituer un gouvernement.
Emmanuel Macron nie toute décision hasardeuse sur la dissolution
"Il n’y a qu’elle et vous tous pour croire qu’elle peut aller un jour à Matignon", écrit-il en évoquant Lucie Castets, candidate à Matignon. Car pour le chef de l’État, "c’est le RN (Rassemblement national, parti de Marine Le Pen, ndlr) qui a gagné" à la suite de sa dissolution ratée, qui a largement condamné sa deuxième partie de quinquennat.
Emmanuel Macron ne partage pas le constat d’une décision politique hasardeuse. "Cette dissolution, qui m’a tant coûté à tous égards, a quand même bloqué le RN là. J’en suis sûr. Il était prêt pour l’automne mais pas pour juin", écrit-il encore.
Dans leurs échanges, l’éditorialiste et le chef de l’État évoquent le paysage politique en général. Gabriel Attal ? "On lui a trop tout donné. Tout le temps. Trop". La France insoumise de Jean-Luc Mélenchon ? "La stratégie de LFI (La France Insoumise, ndlr) est dingo mais j’y crois pas". Emmanuel Macron tresse les louanges d’Olivier Faure, le Premier secrétaire du Parti socialiste.
"C’est un mec bien, très bien, Olivier", écrit-il, jugeant que celui qui a depuis essuyé une sévère défaite face à Raphaël Glucksmann devrait se porter candidat : "Qu’il y aille, Olivier. Les autres, ce sont des nazes. Si on les prend un par un !".
"Allez là, faut y aller. Faut foncer, il peut se cogner Méluche (Jean-Luc Mélenchon, ndlr). Moi je me le suis cogné, c’est pas de la tarte mais on y arrive", encourage-t-il.
Dans d’autres échanges, Emmanuel Macron se plaint du traitement de la presse à son égard, dénonçant des articles à charge et ceux qui les alimentent. "Ce ne sont pas trois papiers qui font la différence", veut-il croire, fustigeant des journalistes se permettant d’écrire sur son action sans qu’il les ait rencontrés. "Souvent, vous et les vôtres, vous êtes tous trop durs avec moi", se plaint-il.
Le président se confie sur son avenir après l'Élysée
Alors qu'il ne peut se représenter à la présidence de la République du fait de la limite des deux mandats, Emmanuel Macron dresse le bilan à quelques mois de la fin de son bail à l'Elysée. "On a bougé en huit ans. On a fait beaucoup de choses contre le séparatisme, pour le pouvoir d'achat... Souvent, vous et les vôtres, vous êtes tous trop durs avec moi", assure-t-il, en juin 2026.
Quid de son avenir après son départ de l'Élysée au printemps prochain ? S'il ne se livre pas précisément sur ce sujet, il distille quelques indices. Le 5 juillet 2026, Le JDD, journal détenu par le milliardaire Vincent Bolloré à la ligne éditoriale proche de l'extrême droite, affirme que le chef de l'Etat pourrait travailler pour le milliardaire Xavier Niel.
"Du grand n'importe quoi absolu", réagit Emmanuel Macron lorsque Françoise Degois l'interroge pour vérifier cette information et lui cite les noms de milliardaires comme d'autres milliardaires comme possibles points de chute.
"Je n'irai chez personne. Je préfère un petit chez moi qu'un grand chez les autres. En tout cas, si j'en fais du business, ce sera le mien et je pense plutôt hors de France. Mais je ne serai ni leur employé ni leur obligé. Jamais", assure-t-il.