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Le fils d'Ali Khamenei possède-t-il des hôtels de luxe en Allemagne ?

Téhéran, Iran : des véhicules passent devant un panneau publicitaire montrant un portrait du défunt guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué lors d'une opération militaire.
Téhéran, Iran : des véhicules passent devant un panneau publicitaire montrant un portrait du défunt guide suprême iranien, l'ayatollah Ali Khamenei, tué lors d'une opération militaire. Tous droits réservés  AP Photo
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Par Zara Riffler & Jean-Philippe LIABOT
Publié le Mis à jour
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Un homme d'affaires iranien aurait construit un empire immobilier en Europe. Parmi eux, des hôtels de luxe en Allemagne. Les traces de l'entreprise mèneraient désormais au fils du Guide spirituel Ali Khamenei, qui a été tué. Il pourrait lui succéder.

Après la mort de l'Ayatollah Ali Khamenei le 28 février dernier dans un bombardement américain, la succession à la tête de la République islamique reste ouverte, aucun nouveau guide suprême n'a encore été officiellement désigné.

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En coulisses, Mojtaba Khamenei, son fils, âgé de 56 ans, est toutefois considéré comme l'un des candidats les plus probables. Il s'est jusqu'à présent tenu largement en retrait, mais il disposerait de bases de pouvoir décisives au sein de l'appareil de la République islamique, notamment de liens étroits avec les Gardiens de la révolution (IRGC).

Mais l’influence de Mojtaba Khamenei s’étendrait bien au-delà des frontières iraniennes. Selon des informations récentes, il piloterait un vaste empire immobilier de 100 millions de dollars, dont les ramifications remonteraient jusqu’en Europe, et plus précisément en Allemagne. Ce réseau financier occulte constituerait une base de pouvoir stratégique à l'étranger, au moment même où Donald Trump conteste publiquement sa légitimité à succéder à son père.

2019 : Mojtaba Khamenei, fils du défunt guide suprême iranien Ali Khamenei.
2019 : Mojtaba Khamenei, fils du guide suprême iranien Ali Khamenei, assassiné. AP Photo

Le nouveau Guide suprême possède-t-il un empire immobilier ?

Le "Hilton Frankfurt City Centre" est l'un des hôtels les plus populaires de Francfort. Et le "Hilton Frankfurt Gravenbruch" fait également partie des meilleures adresses de la ville. Selon une enquête de Bloomberg parue en février, les deux appartiendraient au réseau immobilier de Mojtaba Khamenei.

Concrètement, le propriétaire est le magnat iranien Ali Ansari, qui ferait office d'agent de liaison entre les mollahs et le fils et successeur de Khamenei. Ansari nie tout lien avec les Gardiens de la révolution et Mojtaba Khamenei.

Beaucoup se demandent si l'argent des clients de ces hôtels pourrait finir entre les mains du régime iranien ? Selon les enquêtes et articles, Ansari agirait peut-être comme une sorte d'homme de paille pour Khamenei, mais les rapports de l'entreprise seraient si habilement conçus, que tous les actifs ne seraient pas au nom du fils du Guide défunt.

Les mollahs ont-ils des hôtels de luxe à Francfort-sur-le-Main ?
Les mollahs ont-ils des hôtels de luxe à Francfort-sur-le-Main ? AP Photo

Rapports des médias : quelle est la taille de cet empire immobilier en Europe ?

Cela ne concernerait pas seulement l'Allemagne. Le réseau immobilier s'étendrait à d'autres pays européens. Le journal britannique Financial Times a récemment révélé que l'agent de liaison présumé Ansari aurait acquis des biens immobiliers en Europe d'une valeur d'environ 400 millions d'euros.

Alors que le Royaume-Uni a déjà frappé fort en plaçant le banquier sous un régime de sanctions drastiques, notamment le gel total de ses avoirs et interdiction de territoire, l’Union européenne n'a toujours pas emboîté le pas aux Britanniques.

Ce labyrinthe d'entreprises comprendrait un ancien hôtel de luxe Kempinski, une participation dans le Steigenberger Hotel & Resort Camp de Mar à Majorque, une propriété de luxe dans la capitale britannique, plusieurs villas à Londres et un centre commercial à Oberhausen.

L'homme d'affaires est l'un des oligarques les plus influents d'Iran. Il s'est notamment enrichi grâce à de lucratives commandes de l'Etat. Mais il nie tout lien avec le régime des mollahs.

Pourquoi l'Allemagne hésite-t-elle à sanctionner Ansari ?

Plusieurs raisons expliquent la prudence de l’Allemagne face à d’éventuelles sanctions. D’abord, la question économique. Berlin reste l’un des principaux partenaires commerciaux européens de l’Iran et certaines entreprises allemandes sont encore présentes sur ce marché. Sanctionner des actifs estimés à près de 100 millions de dollars pourrait entraîner des représailles de Téhéran contre ces sociétés et mettre en péril des investissements déjà fragilisés par la guerre.

Ensuite, le cadre juridique complique toute décision. Contrairement au Royaume-Uni post-Brexit, l’Allemagne doit agir dans le cadre de l’Union européenne, où les sanctions nécessitent l’unanimité.

Enfin, l’Allemagne privilégie depuis longtemps une approche de « changement par le commerce ». Sanctionner le fils du Guide suprême risquerait de rompre les derniers canaux diplomatiques avec Téhéran quoi qu'il advienne au sommet du pouvoir lorsque les canons se seront tus.

4 mars : des chiites irakiens portent une réplique du cercueil du guide suprême, l'ayatollah, lors d'une cérémonie funéraire à Najaf, en Irak.
4 mars : des chiites irakiens portent une réplique du cercueil du guide suprême, l'ayatollah, lors d'une cérémonie funéraire à Najaf, en Irak. AP Photo

Est-ce bien l'heure de prendre le pouvoir pour Mojtaba ?

Mojtaba Khamenei est né en 1969 à Mashhad et a grandi à une époque où son père participait activement à la résistance contre le régime du Shah. Jeune adulte, il a participé à la guerre Iran-Irak et a effectué son service militaire. Il a suivi sa formation théologique dans des séminaires de Qom, le principal centre d'érudition chiite d'Iran.

Mojtaba Khamenei porte également le grade de "hodjatoleslam", ce qui représente un rang intermédiaire dans la hiérarchie des religieux chiites, un cran en dessous de l'Ayatollah.

Les critiques lui reprochent de manquer de profondeur théologique et d'autorité pour occuper la plus haute fonction de l'État. Malgré cela, il porte - tout comme son père - le turban noir, qui indique traditionnellement une lignée de descendants du prophète Mahomet.

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