Les cours mondiaux du pétrole brut ont grimpé en flèche. Une augmentation liée à la fermeture du détroit d'Ormuz, mais aussi par le fait que les installations pétrolières et gazières aient été visées.
Devant la pompe, les effets de la guerre en Iran sont bien réels pour les habitants de la plus grande économie européenne. Les prix du pétrole continuent de grimper en Allemagne et partout en Europe alors que les combats durent depuis bientôt un mois au Moyen-Orient.
Les frappes aériennes dans le Golfe, l’une des plus grandes régions productrices et exportatrices d’énergie au monde, ont entraîné une forte hausse de nombreux indices de référence internationaux du brut. Pour l'Iran comme pour les États-Unis et ses alliés, viser des sites de production gaziers et pétroliers est rapidement devenu une stratégie assumée. Stratégie qui a des conséquences concrètes, la guerre avec l'Iran est rapidement devenue une crise mondiale des prix du pétrole.
Impact à la pompe
La hausse des prix a frappé les consommateurs à la pompe, forçant nombre d’entre eux à adapter leur mode de vie durant le mois dernier, depuis l'ouverture des combats dans le levant.
Kevin Plücken, un habitant de Cologne avoue limiter ses déplacements personnels. "J’ai deux enfants et d’habitude, on fait des sorties le week-end, mais maintenant on en fait un peu moins ou on reste plutôt dans les environs, plutôt que d’aller ailleurs, parce que c’est tout simplement trop cher. Non, je préfère laisser la voiture au garage si je n'en ai pas besoin. Je ne faisais pas ça avant." Le père de famille n'a selon lui pas les moyens d'utiliser sa voiture de manière frivole.
Garder la voiture au garage est aussi le choix de nombreux brittaniques. Goran Raven est propriétaire d'une station service. Il a constaté une baisse de 30 % de vente de carburant_. "Cela se remarque clairement sur les routes aujourd'hui. Les gens choisissent de moins conduire qu'auparavant. Le grand public est perdant dans cette affaire. C'est trop cher."_
Lundi, le Brent, la référence internationale, a grimpé à 113 dollars le baril, soit une hausse de près de 55 % par rapport aux chiffres d'avant-guerre.
Les prix sont redescendus à environ 103 dollars après que le président américain Donald Trump a annoncé que la Maison-Blanche était en pourparlers avec l’Iran pour mettre fin à la guerre, et qu’il avait prolongé de "cinq jours" le délai accordé à Téhéran pour rouvrir le détroit crucial d’Ormuz.
Le ministère iranien des Affaires étrangères a cependant nié lundi "toute négociation avec les États-Unis". Selon eux seule une demande de pourparlers leur a été transmis via "des pays amis".
Cette voie navigable, par laquelle transitent normalement 20 % du pétrole mondial, est pratiquement fermée depuis des semaines, provoquant des crises d’approvisionnement à l’échelle mondiale.