Accord Washington-Téhéran sur Hormuz: le pétrole recule, les Bourses réagissent diversement après la dernière décision de la Fed
Les cours du pétrole ont nettement reculé en début de séance après que le président américain Donald Trump et son homologue iranien, Masoud Pezeshkian, ont paraphé un accord préliminaire de cessez-le-feu, une décision qui devrait rétablir les flux de brut dans le détroit d'Ormuz, l'une des routes maritimes les plus importantes au monde.
Jeudi matin, au moment de la rédaction, le contrat WTI pour livraison le mois prochain, référence américaine, cédait 2,3 % à 75 dollars le baril, tandis que le Brent, baromètre international, reculait de 2 % autour de 78 dollars le baril.
Les deux références restent au-dessus des quelque 70 dollars observés avant le conflit, mais elles ont nettement décroché par rapport aux pics de plus de 100 dollars atteints il y a seulement quelques semaines.
L'accord ouvre une fenêtre de 60 jours pour que les deux parties négocient un règlement définitif sur le programme nucléaire iranien, Téhéran acceptant entre-temps de diluer son stock d'uranium hautement enrichi.
Point crucial pour les marchés de l'énergie, il lève les sanctions soutenues par Washington, permettant à l'Iran de reprendre librement ses exportations de pétrole, et dégage à nouveau la voie pour les tankers quittant le golfe Persique chargés de brut.
Le président américain Donald Trump a assuré que le détroit serait entièrement rouvert d'ici vendredi et qu'aucun droit de passage n'y serait appliqué, une promesse qui incite les opérateurs à miser sur un allègement des tensions sur l'offre.
Après la signature du mémorandum d'entente, Trump a résumé la situation en mimant le mouvement de ses mains : « le pétrole baisse, les actions montent ».
Marché pétrolier : des réserves toujours au plus bas
Cet accès d'optimisme intervient toutefois sur fond de fortes tensions.
Dans son rapport sur le marché pétrolier de juin, l'Agence internationale de l'énergie indique que les réserves stratégiques de pétrole dans les économies avancées sont tombées à leur plus bas niveau depuis 1990, les stocks publics des pays de l'OCDE ayant diminué de 163 millions de barils depuis le début du conflit sous l'effet de relâchements d'urgence accrus.
L'agence a également réduit ses prévisions de demande mondiale : elle s'attend désormais à ce qu'elle se contracte jusqu'en 2026, les prix élevés des carburants et les perturbations de l'offre pesant sur la consommation, avant un rebond l'année suivante.
Elle a toutefois prévenu que tout rebond de l'offre pourrait être progressif, en raison du déminage laborieux et des perturbations persistantes des routes maritimes, malgré l'accord intérimaire.
Les flux transitant par le détroit d'Ormuz avaient déjà commencé à se redresser, passant de leur point bas de mai à environ 12 millions de barils par jour début juin.
Bourses mitigées après le signal de possibles hausses de taux de la Fed
Les marchés actions affichaient en revanche un tableau plus contrasté après les pertes de mercredi à Wall Street, où le S&P 500 a reculé de 1,2 % après de nouvelles projections de la Fed montrant que près de la moitié des responsables monétaires anticipent au moins une hausse de taux cette année.
Le Dow Jones Industrial Average a perdu 1 %, et le Nasdaq Composite 1,3 %.
Lors de sa première conférence de presse en tant que président de la Fed, Kevin Warsh s'est refusé à dire à quel niveau se situeraient les taux en fin d'année et a laissé entendre qu'il allait revoir la communication de la banque centrale, en supprimant de son communiqué les habituelles indications sur l'orientation future de la politique monétaire.
Le président américain Donald Trump, qui avait longtemps pressé le prédécesseur de Warsh de baisser les taux, s'est montré étonnamment détendu quant à cette décision.
« Ça va. Peu importe », a déclaré Trump à des journalistes en France, en marge du sommet du G7.
Interrogé sur la perspective d'une hausse, il a jugé la chose « difficile à croire », mais a ajouté qu'avec Warsh désormais en poste, il se laissait « guider par ce qu'il veut ».
Les contrats à terme sur indices américains évoluaient en hausse jeudi en début de séance, ceux sur le S&P 500 gagnant 0,9 % et ceux sur le Nasdaq Composite environ 1,4 %.
En Asie, le Nikkei 225 à Tokyo et le Kospi sud-coréen ont tous deux bondi de 2,3 %, portés par l'espoir d'une fin de la guerre en Iran et par une forte demande pour les valeurs technologiques.
En Europe, la séance était plus mesurée : l'Euro Stoxx 50 progressait de 1 %, mais le Stoxx 600, plus large et paneuropéen, évoluait à l'équilibre.
Le FTSE 100 britannique, le DAX 30 allemand, le FTSE MIB italien, l'IBEX 35 espagnol, l'AEX néerlandais et le CH20 suisse gagnaient tous entre 0,4 % et 0,8 % par rapport à leur clôture de mercredi.
Le CAC 40 français faisait la course en tête, avec un gain d'environ 1,3 %.