Le Premier ministre français a détaillé les aides proposées par l'État à destination des départements de la Gironde et des Landes, éprouvés par des incendies gigantesques de cet été.
En déplacement en Gironde, où il a été accueilli par des huées, le Premier ministre français Sébastien Lecornu a annoncé une série d'aides visant à reconstruire le territoire après les terribles incendies qui ont ravagé près de 50 000 hectares de végétation dans les départements des Landes et de Gironde.
Pour ce déplacement à fort enjeu, Sébastien Lecornu était accompagné de plusieurs ministres, dont Laurent Nuñez (Intérieur), Serge Papin, (Commerce et Tourisme), Vincent Jeanbrun (Logement), Mathieu Lefèvre (Transition écologique), Françoise Gatel (Collectivités) et Annie Genevard (Agriculture).
Lecornu demande de la "rationalité"
"L'enjeu est de tout de suite redonner des perspectives", a-t-il assuré en fin de matinée, reconnaissant qu'"une part du ballon est dans le camp de l'État" concernant la reconstruction. "Une part est aussi dans le camp des assureurs, assez attendus", a-t-il également précisé.
"Il y a de la colère, de l'émotion, c'est bien naturel. Mais je veux que l'on remette de la rationalité dans ce qu'il s'est passé", a-t-il également déclaré.
Lors d'une conférence de presse tenue en début d'après-midi, le locataire de Matignon a ensuite annoncé plusieurs mesures afin d'accompagner les sinistrés et de reconstruire au mieux les zones touchées par ces incendies d'une ampleur inédite. Des mesures qui pourraient "très vite atteindre des sommes allant au-delà de 100 millions d'euros", a-t-il souligné.
- 12 millions d'euros
Le Premier ministre a d'abord annoncé débloquer une enveloppe de 10 millions d'euros pour les collectivités ravagées en Gironde, et une seconde de 2 millions d'euros pour les Landes. Les deux départements pourront ainsi profiter de ce qu'il a comparé à "un plan de relance".
Une aide "disponible dès maintenant", ce qui permettra aux collectivités concernées de "lancer des travaux sans retard". "Il y a un enjeu de solidarité territoriale important", a-t-il également assuré, pensant notamment aux "collectivités qui ont clairement été mises à l'épreuve".
- Obtentions de permis de construire
Sébastien Lecornu a ensuite annoncé augmenter "les fonds d'accompagnement des collectivités locales pour les hébergements d'urgence", en évoquant des "solutions de temps moyen et de temps long". "On veut pouvoir aller très, très vite", a assuré Sébastien Lecornu, qui veut "une loi de type Notre-Dame de Paris".
Ainsi, pour reconstruire les habitations qui sont tombées, il sera possible d'obtenir un permis de construire sous un mois, voire en moins d'un mois pour des reconstructions qui peuvent être faites "à l'équivalent".
"Pour les reconstruction plus délicates, au regard de l'environnement notamment", il a émis l'hypothèse d'une "doctrine très rapide" qui permettrait de fluidifier les délais et d'accélérer cette reconstruction.
De son côté, Vincent Jeanbrun a annoncé un décret qui permettra la pose de constructions provisoires sur le terrain sinistré ou ailleurs et autorisera leur maintien pour trois ans. L'objectif est "d'accompagner les projets qui nécessiteront un temps un peu plus long".
- Aménagements fiscaux
Le Premier ministre s'est ensuite adressé aux entreprises dont les locaux ont été détruits. Elles bénéficieront d'un dégrèvement intégral des taxes foncières et des cotisations foncières des entreprises (CFE).
L'État mettra également en place un "plan de soutien" des entreprises sinistrées ou situées dans les zones évacuées avec des "exonérations de cotisations sociales". "Ce n’est pas un report, l’État efface les cotisations sociales sur une période de trois mois" pour les 19 000 entreprises concernées, a-t-il annoncé. Aussi, l'État "s'acquittera de la taxe foncière à la place de ces entreprises".
Si le Premier ministre reconnaît que cette mesure est "un peu coûteuse pour les finances publiques", Sébastien Lecornu assure "l'assumer".
- Tourisme et agriculture
Le chef du gouvernement a ensuite annoncé que l'État cofinancera une campagne de 2 millions d'euros pour promouvoir la Nouvelle-Aquitaine. Un fonds sera également alloué pour soutenir les acteurs du tourisme de la Métropole bordelaise.
Sur le plan de l'agriculture, le Premier ministre a également indiqué que le plan national "Canicule, sécheresse, incendie" sera adapté à la Gironde, ce qui permettra la mise à disposition d'une enveloppe de 6 millions d'euros pour relancer la production. Des prêts "sécheresse" bonifiés et garantis par l'État seront également proposés.
- Pression sur les assureurs
Enfin, le locataire de Matignon s'est engagé à dénoncer les assureurs qui "ne joueront pas le jeu" dans l'indemnisation des victimes. "Celles et ceux qui joueront le jeu, on dira lesquels, et celles et ceux qui ne joueront pas le jeu, on dira lesquels aussi", a-t-il souligné, précisant qu'il s'agissait d'un "univers concurrentiel dans lequel nous avons bien le droit de donner notre avis".