Alibaba : l'équipe Qwen affirme que son nouveau modèle conçoit des puces et réécrit des études seul, rivalisant avec Claude d'Anthropic.
Le géant chinois de la tech Alibaba affirme que son tout dernier modèle d'IA peut travailler seul, sans supervision, pendant plusieurs jours d'affilée tout en produisant des résultats, une prouesse jusqu'ici revendiquée presque exclusivement par son rival américain Anthropic.
Ce modèle, Qwen3.8-Max, a été annoncé lundi dans une publication de l'équipe Qwen, qui assure qu'il apporte "des améliorations d'ensemble pour le code, le travail, la recherche et les tâches de longue durée".
Cette déclaration rappelle la façon dont le principal modèle d'Anthropic, Claude Fable 5, a été décrit lors de sa sortie.
D'après l'entreprise, lors d'un test, le modèle a travaillé "entièrement de manière autonome pendant environ cinq jours, soit 125 heures d'efforts ininterrompus", reconstruisant à partir de zéro l'expérience décrite dans un article de recherche en mathématiques puis l'améliorant.
Dans un autre test, Qwen indique que le modèle a été inscrit à un concours en ligne en temps réel face à 526 équipes humaines et qu'il a, avec une échéance de 24 heures, dépassé toutes les équipes sauf 68.
Des affirmations similaires chez un rival américain
Anthropic avance des arguments similaires pour sa propre IA. Son outil Claude Code peut lire des logiciels, planifier des corrections et tester son propre travail avec très peu d'interventions humaines.
Le tout dernier modèle de l'entreprise, Claude Opus 5, lancé le 24 juillet, est conçu pour fonctionner sans supervision pendant de longues périodes, et Anthropic assure qu'il gère bien mieux que les précédentes versions les problèmes auxquels il n'a encore jamais été confronté.
Anthropic commercialise aussi Claude Cowork, un outil conçu pour que les utilisateurs lui confient des tâches longues, comme de la recherche, des tableaux de données ou des premières versions de documents, que l'IA achève en grande partie seule.
Les chiffres avancés par les deux entreprises n'ont pas été vérifiés par des chercheurs indépendants, et chacune met en avant des résultats qui valorisent ses propres produits.
Ce qui est en jeu
Cette annonce est à ce jour le signe le plus clair que la Chine et les États-Unis se livrent désormais une course sur le même terrain.
Depuis deux ans, Washington restreint l'exportation de puces avancées vers les entreprises chinoises d'IA, avec l'objectif de maintenir des groupes comme Alibaba avec une génération de retard.
La riposte d'Alibaba consiste, en substance, à montrer qu'il n'est pas en retard, et même à aller plus loin que ses rivaux américains en rendant librement accessibles les poids de Qwen3.8-Max, invitant ainsi le monde entier à vérifier ses affirmations plutôt qu'à les croire sur parole.
Investisseurs et gouvernements scrutent les signes permettant de mesurer l'écart qui subsiste réellement entre les développements de l'IA en Chine et aux États-Unis.