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Les rendements des bons du Trésor américain bondissent, un rachat de 6 milliards déçoit le marché

Le secrétaire au Trésor Scott Bessent prend la parole à la convention républicaine, mercredi 9 septembre 2026, à Dallas.
Le secrétaire au Trésor Scott Bessent prend la parole à la convention républicaine, mercredi 9 septembre 2026, à Dallas. Tous droits réservés  AP Photo/Julio Cortez
Tous droits réservés AP Photo/Julio Cortez
Par Doloresz Katanich avec AFP
Publié le
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La vente massive risque de renchérir le coût du crédit pour les ménages et les entreprises américains

Les rendements des obligations du Trésor américain à long terme ont bondi mercredi après l'annonce par le gouvernement d'une opération de rachat de titres de 6 milliards de dollars (5,2 milliards d'euros), décevant des investisseurs qui espéraient une intervention plus massive.

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Le rendement du bon du Trésor de référence à dix ans est passé au-dessus de 4,85 %, son plus haut niveau depuis près de trois ans, avant de se détendre légèrement.

Le rendement de l'obligation à trente ans s'établissait à 5,29 %, contre 5,26 % la veille. Il avait atteint 5,33 % en août, son plus haut niveau depuis 2007.

Les rendements des titres du Trésor influencent les taux d'intérêt dans l'ensemble de l'économie américaine, de sorte qu'une hausse durable peut renchérir les crédits immobiliers, les prêts aux entreprises et les autres formes d'emprunt. Des coûts de financement plus élevés peuvent aussi freiner la croissance économique et peser sur les cours des actions.

La hausse est intervenue après que le département du Trésor a indiqué qu'il rachèterait jusqu'à 6 milliards de dollars de titres arrivant à échéance dans 10 à 20 ans jeudi. Il s'agit d'un montant trois fois supérieur à celui de sa précédente opération de rachat de titres de longue maturité.

Cette initiative s'inscrit dans le cadre d'un plan annoncé le mois dernier par le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, visant à soutenir la liquidité sur le marché obligataire.

Les rendements ont également été tirés vers le haut alors que le Brent repassait au-dessus de 100 dollars le baril pour la première fois depuis la fin juillet, sur fond d'escalade de la guerre entre les États-Unis et l'Iran.

Certains intervenants du marché obligataire s'attendaient, à partir des déclarations de Bessent, à un montant de rachat de 10 milliards de dollars (8,6 milliards d'euros) voire davantage, contre 2 milliards de dollars (1,7 milliard d'euros) habituellement, a écrit le commentateur financier Stephen Innes dans une chronique sur Substack.

Le montant de 6 milliards de dollars se situait "près du bas de la fourchette officieuse", a indiqué Innes.

"Le marché des bons du Trésor a passé la matinée à attendre que Scott Bessent dévoile quelle puissance de feu il était prêt à déployer derrière le programme de rachat élargi", a-t-il écrit.

"Lorsque le chiffre est enfin tombé, il était supérieur à l'engagement initial mais encore trop faible pour satisfaire un marché déjà gavé de titres de longue maturité."

L'analyste de Briefing.com Patrick O'Hare estime que la déception liée au montant du rachat pourrait contribuer à expliquer la flambée des rendements. Autre hypothèse : "le marché y voit plus ou moins un jeu de dupes", a-t-il indiqué.

Certaines grandes figures de la finance ont critiqué le plan, qu'elles voient comme un pansement à court terme sur des problèmes plus profonds des finances publiques américaines. Elles estiment que le marché des bons du Trésor est trop vaste pour que des rachats de cette ampleur aient un impact significatif.

Le plan de Bessent représente "un effort forcé, trop évident", a déclaré O'Hare.

Plan controversé

L'annonce de mercredi s'inscrit dans le prolongement d'un plan présenté le 19 août visant à "au moins doubler" les rachats de dette publique de longue maturité.

Le Trésor a indiqué que le programme visait à préserver une liquidité suffisante sur le marché après que le rendement de l'obligation à trente ans a bondi à son plus haut niveau depuis près de vingt ans.

Le 20 août, Bessent a déclaré sur CNBC que la hausse des rendements avait été accentuée par des volumes d'échanges réduits pendant la période estivale plus calme et "ne reflète pas les fondamentaux sous-jacents".

Les analystes ont attribué la hausse des rendements à plusieurs facteurs, notamment la cherté du pétrole, l'ampleur des investissements dans l'intelligence artificielle et l'envolée des besoins de financement de l'État américain liée au déficit budgétaire.

Le plan a également suscité des critiques de la part de personnalités influentes de la finance, dont l'investisseur milliardaire Stanley Druckenmiller, ancien mentor de Bessent.

"Les marchés agrègent des informations qu'aucun comité ne détient, et les prix sont le canal par lequel ces informations parviennent aux décideurs", a écrit Druckenmiller dans une tribune publiée le mois dernier dans le Wall Street Journal.

"Chaque point de base de compression artificielle des rendements est une subvention à la procrastination", a-t-il ajouté.

Les traders perçoivent également des tensions entre le plan de rachat du Trésor et les efforts du président de la Réserve fédérale, Kevin Warsh, pour combattre une inflation persistante.

Les marchés à terme ont relevé la probabilité implicite d'une hausse des taux d'intérêt de la Fed, à mesure que les prix du pétrole et les rendements obligataires montaient.

Les investisseurs vont désormais se tourner vers les chiffres de l'inflation de gros et de l'inflation des prix à la consommation aux États-Unis, attendus jeudi et vendredi.

Le rapport sur l'indice des prix à la consommation attendu vendredi "va soit exacerber, soit atténuer" les craintes d'une possible hausse des taux de la Fed, a indiqué O'Hare.

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